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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2313239

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2313239

jeudi 28 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2313239
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELAS LARRIEU ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 octobre 2023 sous le n° 2313239, la commune de Pontoise demande au juge des référés,

1°) d'ordonner une expertise, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative en vue de déterminer l'origine et les causes des désordres qui affectent le groupe scolaire Lavandières sis 34 rue de Rouen à Pontoise (95300) ;

2°) d'ordonner à l'expert une mission de conciliation ;

3°) d'enjoindre à l'expert le dépôt d'un pré-rapport en cas de travaux urgents.

Elle soutient que :

- le 17 juin 2020 à la suite de la levée des réserves de l'opération restructuration - construction du groupe scolaire Lavandières composé d'une école primaire de 12 classes, d'un centre de loisir, d'une salle associative et d'un logement, de nombreux désordres ont été constatés ;

- des traces d'humidité en toiture et en façade, des fuites au niveau de la descente des gouttières et des infiltrations d'eau au niveau du velux de toit ont été constatées et un rapport des services municipaux du 8 février 2022 a relevé des cloquages sur les parois, des décollements en façades, une porosité et des moisissures en pieds de murs ;

- la mesure d'expertise sollicitée est utile car elle doit permettre à la commune de déterminer avec exactitude les causes et origines des désordres, les responsabilités, l'estimation des coûts et préjudices.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 19 et 26 octobre 2023, la société Sarl A5a Architectes ne s'oppose pas à la mesure d'expertise mais formule les protestations et réserves d'usages.

Elle fait valoir que les structures et fondations des bâtiments sont préexistantes au projet de rénovation et que les causes et origines de l'humidité sont parfaitement identifiées comme liées à la localisation des bâtiments sur un site traversé par une rivière et par une absence d'entretien du velux de désenfumage.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 novembre 2023, la société Mma Iard ne s'oppose pas à la demande d'expertise et formule les protestations et réserves d'usage.

Par un mémoire en réplique enregistré le 8 novembre 2023, la commune de Pontoise maintient sa demande.

La requête a été communiquée à la Mutuelle des Architectes Francais, à la société Bâtiments Energies Assistance, à la société Socotec, à la société Mmj, à la société Avivaqui n'ont pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné M. Beaufaÿs, premier vice-président du tribunal, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'expertise :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. / Il peut notamment charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de sa mission () ".

2. L'expertise demandée par la commune de Pontoise qui vise à déterminer l'étendue et les causes des dommages affectant le groupe scolaire Lavandières, présente un caractère utile, et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu de faire droit à sa demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

Sur les réserves exprimées :

3. Il n'appartient pas au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions citées au point 1 de donner acte de protestations ou de réserves. Les conclusions présentées en ce sens ne peuvent qu'être rejetées.

Sur le dépôt d'un pré-rapport :

4. Aucune disposition du code de justice administrative ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir un pré-rapport. L'expert, dans la conduite des opérations de l'expertise qui lui est confiée et dont il définit librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne saurait se voir soumis à d'autres obligations que celles issues du principe du contradictoire. L'établissement d'un pré-rapport adressé aux parties en vue de recueillir leurs éventuelles observations ne constitue donc qu'une modalité opérationnelle de l'expertise dont il appartient à l'expert d'apprécier la nécessité d'y recourir. Il suit de là que les conclusions de la commune de Pontoise tendant à ce que l'expert établisse un pré-rapport communicable aux parties ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions aux fins de conciliation :

5. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative, " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. L'expert peut se voir confier une mission de médiation. Il peut également prendre l'initiative, avec l'accord des parties, d'une telle médiation. Si une médiation est engagée, il en informe la juridiction. Sous réserve des exceptions prévues par l'article L. 213-2, l'expert remet son rapport d'expertise sans pouvoir faire état, sauf accord des parties, des constatations et déclarations ayant eu lieu durant la médiation. "

6. Aux termes de l'article R. 532-5 du même code, " Les dispositions des articles R. 621-1 à R. 621-14, à l'exception du troisième alinéa de l'article R. 621-9, sont applicables aux référés mentionnés à l'article R. 532-1, sous réserve des dispositions du présent chapitre. (). "

7. Dans les circonstances de l'espèce il y a lieu de confier à l'expert, en application des dispositions de l'article R. 621-1 du code de justice administrative, une mission de médiation aux fins de concilier les parties, avec l'accord de ces dernières, au cours des opérations d'expertise ou au terme de celles-ci. Cette mission de médiation ne devra pas avoir pour conséquence de retarder les opérations d'expertise et le dépôt du rapport d'expertise définitif au-delà d'un délai raisonnable de quatre mois à compter du début de la médiation aux fins de conciliation. L'expert désigné informera en temps utile le tribunal d'une éventuelle conciliation dans la présente instance.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A B, exerçant BP 464, 15 rue du Maréchal Gallieni à Versailles (78004), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :

- se rendre sur les lieux, propriétés de la société la commune de Pontoise, 34 rue de Rouen à Pontoise (95300) ;

- procéder aux constatations et relevé précis et détaillé des désordres en se faisant communiquer ou en recherchant tous éléments qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission ;

- donner un avis motivé sur les causes et origines de chaque désordre et malfaçons dont s'agit, en précisant s'ils sont imputables aux travaux de construction, à la conception, à un défaut de direction ou de surveillance, à leur exécution ou encore aux conditions d'utilisation et d'entretien de l'immeuble endommagé et, dans le cas de causes multiples, d'évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;

- déterminer si les désordres apparus sont de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination ;

- déterminer l'ampleur et l'étendue des préjudices et le caractère évolutif des désordres ;

- indiquer la nature des travaux nécessaires pour remédier à la situation actuelle ; déterminer et chiffrer les travaux de reprise ;

- dire si des travaux urgents sont nécessaires pour empêcher l'aggravation des désordres ;

- d'une façon générale, recueillir tous éléments techniques et de fait et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis en cas de saisine au fond de la juridiction.

L'expert engagera, si faire se peut et sous réserve de l'accord des parties, une médiation aux fins de concilier ces dernières au cours des opérations d'expertise ou au terme de celles-ci.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Pontoise, à la société Sarl A5a Architectes, à la Mutuelle des Architectes Francais, à la société Bâtiments Energies Assistance, à la société Mma Iard, à la société Socotec, à la société Mmj, à la société Aviva et M. B, expert.

Fait à Cergy, le 28 mars 2024.

Le juge des référés,

Signé

F. BEAUFAŸS

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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