mercredi 3 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2313733 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 10ème Chambre |
| Avocat requérant | YOMO |
Vu la procédure suivante :
I - Par une requête n°2313733, enregistrée le 13 octobre 2023, Mme D, représentée par Me Yomo, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite, née le 28 août 2023, par laquelle le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de réexaminer sa situation dans le délai de trois mois courant à compter du jugement à intervenir et de la mettre en possession, dans l'attente, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme D soutient que la décision attaquée :
- est insuffisamment motivée ;
- est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière faute de saisine préalable de la commission du titre des séjour ;
- a méconnu l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juin 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au non-lieu à statuer.
Il soutient qu'une décision explicite a été prise à l'encontre de la requérante, laquelle fait l'objet d'un recours.
II - Par une requête n°2314514, enregistrée le 28 octobre 2023, Mme D, représentée par Me Yomo, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 9 octobre 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligée à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer le titre de séjour sollicité ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme D soutient que l'arrêté attaqué :
- est entaché d'erreur de fait ;
- est insuffisamment motivé ;
- est intervenu à l'issue d'une procédure irrégulière faute de saisine préalable de la commission du titre de séjour ;
- procède d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- a méconnu le champ d'application de la loi pour avoir fait référence à l'arrêté du 18 janvier 2008 qui n'est plus applicable ;
- méconnait l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui n'exige pas de documents probants pour justifier la durée de séjour, ni la production d'une autorisation de travail et d'un contrat de travail visé pour la délivrance d'une admission exceptionnelle au séjour portant la mention " salarié " ;
- contrevient aux stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 février 2024, le préfet du Val-d'Oise confirme sa décision et se borne à communiquer les pièces constitutives du dossier.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Charlery, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D veuve B, ressortissante congolaise (République Démocratique du Congo) née le 28 juillet 1977, qui déclare être entrée en France le 28 juin 2010, a été mise en possession d'un titre de séjour valable du 3 septembre 2015 au 2 septembre 2016. Le 25 avril 2023, elle a sollicité un titre de séjour en qualité de salariée, sur le fondement de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Faute de réponse du préfet du Val-d'Oise pendant un délai de quatre mois suivant la demande, une décision de refus de délivrance de titre de séjour est née le 28 août 2023, dont la requérante demande l'annulation à travers la requête enregistrée sous le n°2313733. Par un arrêté du 9 octobre 2023, le préfet du Val-d'Oise a explicitement refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays d'éloignement. Par la requête enregistrée sous le n°2314514, Mme D sollicite l'annulation de cet arrêté.
Sur la jonction :
2. Les requêtes nos 2313733 et 2314514 concernent la même requérante, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision implicite de refus d'admission au séjour :
3. Si, en vertu des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le silence gardé par l'administration sur une demande de titre de séjour fait naître, au terme d'un délai de quatre mois, une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite présentée en application des dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, se substitue à la première décision. Il en résulte que des conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde et que, dès lors, celle-ci ne peut être utilement contestée au motif que l'administration aurait méconnu ces dispositions en ne communiquant pas au requérant les motifs de sa décision implicite dans le délai d'un mois qu'elles lui impartissent.
4. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 9 octobre 2023, le préfet du Val-d'Oise a explicitement rejeté la demande de Mme D tendant à la délivrance d'une carte temporaire de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, ses conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration pendant les quatre mois suivant la réception de cette demande doivent être regardées comme dirigées contre la décision explicite du 9 octobre 2023, au demeurant également contestée par l'intéressée.
En ce qui concerne l'arrêté du 9 octobre 2023 :
5. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé par Mme C E, adjointe au directeur des migrations et de l'intégration de la préfecture du Val-d'Oise, qui bénéficiait d'une délégation de signature du préfet de ce département à l'effet de signer tout arrêté de refus de délivrance de titre de séjour, toute obligation de quitter le territoire français avec fixation ou non d'un délai de départ volontaire et toute décision fixant le pays d'éloignement en cas d'empêchement du directeur des migrations et de l'intégration, consentie par l'arrêté n°23-042 du 11 juillet 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de l'État dans le département n°88. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte manque en fait et doit ainsi être écarté.
6. En deuxième lieu, l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". L'article L. 211-5 du même code prévoit que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". Et aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. (). ".
7. En l'espèce, l'arrêté en litige vise les textes dont il fait application, notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et celui des relations entre le public et l'administration. Le préfet du Val-d'Oise souligne que Mme D a sollicité un titre de séjour en qualité de salariée sur le fondement de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile lequel ne peut lui être délivré faute qu'elle soit en possession d'un visa de long séjour et d'un contrat de travail visé. L'arrêté relève également que Mme D ne peut prétendre à une admission exceptionnelle au séjour dès lors que sa présence habituelle alléguée depuis 2010 n'est pas justifiée de façon probante, notamment pour les années 2013 et 2017, raison pour laquelle la commission du titre de séjour n'a pas à être saisie. L'arrêté mentionne enfin que l'intéressée n'a produit aucun document à caractère professionnel, qu'elle est veuve, sans charge de famille et n'est pas dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de 33 ans, circonstances dont il découle qu'elle ne peut prétendre à une admission exceptionnelle au séjour et que la décision ne porte pas atteinte à son droit de mener une vie familiale normale conformément à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par ailleurs, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'avait pas à faire l'objet d'une motivation spécifique, ni davantage la décision fixant à trente jours le délai de départ volontaire, qui constitue le délai de principe susceptible d'être accordé. Dès lors, l'arrêté litigieux comporte, dans chacune des décisions qui le composent, l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, tant en ce qui concerne le volet " salarié " que le volet " vie privée et familiale " de l'admission exceptionnelle au séjour, contrairement aux allégations de la requérante, et ce, alors que le préfet n'est pas tenu de faire état de l'ensemble des éléments portés à sa connaissance tels que la production d'un contrat de travail ou de bulletins de salaire. Si la requérante fait valoir également que le préfet du Val-d'Oise a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, cette allégation, qui met en cause le bien-fondé de l'appréciation à laquelle cette autorité a procédé, est sans incidence sur la suffisance de la motivation. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.
8. En troisième lieu, la requérante soutient que, contrairement aux mentions de l'arrêté en litige, elle a produit de nombreux bulletins de paie pour les années allant de 2021 à 2023 ainsi que des documents de son employeur et qu'en s'abstenant d'indiquer le fondement de sa demande, qui tendait à l'obtention d'une admission exceptionnelle au séjour, le préfet du Val-d'Oise a entaché sa décision d'erreur de fait. Toutefois, d'une part, Mme D ne justifie par aucune pièce avoir effectivement communiqué au préfet du Val-d'Oise les documents qu'elle soutient avoir transmis. D'autre part, il ressort des mentions de la décision en litige que le préfet du Val-d'Oise a examiné la possibilité d'accorder à l'intéressée une admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de sorte qu'alors même qu'il n'aurait pas mentionné que la demande était présentée également sur ce fondement, cette omission est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué. Le moyen de l'erreur de fait ne peut donc qu'être écarté.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14.".
10. Mme D fait valoir que l'arrêté en litige est intervenu à l'issue d'une procédure irrégulière, faute de saisine préalable de la commission du titre de séjour, et a méconnu les dispositions précitées qui exigent seulement, pour justifier la durée de présence de dix ans, la démonstration d'une " traçabilité de présence habituelle ", laquelle ne nécessite pas la production de documents dotés d'une force probante, d'autant plus que le préfet n'énonce pas les raisons pour lesquelles les pièces produites en seraient dépourvues. Elle allègue, par ailleurs, que le préfet du Val-d'Oise ne pouvait, dans ce cadre, lui opposer l'arrêté du 11 janvier 2008 relatif à la délivrance, sans opposition de la situation de l'emploi, d'une autorisation de travail, laquelle ne compte pas au nombre des conditions de délivrance d'une admission exceptionnelle au séjour, pas plus que la possession d'un contrat de travail visé ou la détention d'une autorisation de travail. Toutefois, d'une part, il appartient au ressortissant étranger se prévalant des dispositions précitées, d'établir au moyen de documents probants, résider effectivement et sans interruption en France depuis plus de dix ans. D'autre part, en présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette dernière hypothèse, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, dans un métier et une zone géographique caractérisés par des difficultés de recrutement et recensés comme tels dans l'arrêté du 18 janvier 2008, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour. Le préfet du Val-d'Oise pouvait donc, à bon droit, faire référence à l'arrêté du 18 janvier 2008, à supposer qu'il en ait fait application. En outre, il ne ressort d'aucune mention de l'arrêté en litige que le préfet du Val-d'Oise ait subordonné la délivrance d'une admission exceptionnelle au séjour à la détention d'une autorisation de travail ou d'un contrat de travail visé, cette autorité ayant seulement relevé que la requérante ne produisait aucun document professionnel à l'appui de sa demande et que la durée de son séjour n'était pas établie, notamment pour les années 2013 et 2017. A ce titre, il ressort des pièces du dossier que la requérante ne justifie pas s'être maintenue de manière continue en France, notamment au cours de l'année 2013 pour laquelle elle ne produit qu'un avis d'impôt sur le revenu de l'année 2012 ne faisant apparaître aucune revenu, une ordonnance médicale du 21 juin 2013 et un courrier du centre d'accueil pour demandeurs d'asile de Paris du 5 décembre 2013. De même pour ce qui relève de l'année 2015 au cours de laquelle la présence de la requérante est illustrée par des relevés de compte qui décrivent des mouvements de fonds du 15 décembre 2014 au 13 janvier 2015, puis à partir du 13 juillet 2015, des bulletins de paie et certificat de travail qui attestent de l'exercice d'une activité seulement les 6, 9, 10 et 11 décembre 2015, et un courrier d'un fournisseur de prestations de télécommunication qui laisse apparaître la souscription à un forfait de télécommunication seulement au 21 décembre 2015. En outre, sur le plan professionnel, si des pièces produites il ressort que Mme D a exercé ponctuellement l'emploi d'agent de service ou de femme de ménage de 2014 à 2019, puis de 2021 à 2023, elle n'est titulaire d'un emploi pérenne et stable de femme de chambre que depuis la signature le 7 novembre 2022 avec la société Hôtel Faubourg Champs Elysées d'un contrat à durée indéterminée à temps complet. Ces circonstances, ni davantage celle tirée de ce que la requérante s'est vue délivrer le titre professionnel d'assistant de vie aux familles le 28 octobre 2021, ne caractérisent pas des motifs exceptionnels d'admission au séjour. Enfin, sur le plan personnel, familial et social, Mme D se prévaut seulement de son intégration résultant de son expérience professionnelle et de la déclaration de ses revenus à l'administration fiscale, éléments qui ne sauraient davantage être retenus au titre de motifs exceptionnels de régularisation. Dans ces conditions, c'est à bon droit que le préfet du Val-d'Oise n'a pas procédé à la saisine de la commission du titre de séjour et c'est sans méconnaître les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni le champ d'application de la loi que cette autorité a refusé à la requérante une régularisation à titre exceptionnel. Par suite, l'ensemble des moyens invoqués doivent être écartés.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
12. Mme D, qui est veuve et sans charge de famille, ne justifie pas de la durée de séjour qu'elle allègue et qui a déclaré à travers la fiche de salle renseignée à l'occasion du dépôt de sa demande de titre de séjour que son conjoint réside hors de France, ne peut prétendre avoir fixé dans ce pays le centre de ses intérêts personnels et familiaux de manière intense, stable et durable. Dans ces conditions, l'intéressée n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté en litige aurait porté au droit dont elle dispose à mener une vie personnelle et familiale normale, une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris, et ainsi, méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
13. En sixième lieu, pour l'ensemble des motifs énoncés aux points précédents, la requérante n'est pas davantage fondée à faire valoir que l'arrêté qu'elle conteste procèderait d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
14. Il résulte de tout ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation des requêtes de Mme D doivent être rejetées. Il en est de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin d'injonction et de celles relatives aux frais de procédure.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes n°2313733 et 2314514 de Mme D sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 19 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Ouillon, président,
Mme Charlery, première conseillère,
Mme Fabas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2024.
La rapporteure,
signé
C. Charlery
Le président,
signé
S. OuillonLa greffière,
signé
M-J. Ambroise
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2313733 et 2314514
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026