jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2314200 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BOIZARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 octobre 2023, Mme C E et M. F A, représentés par Me Bati, demandent au juge des référés,
1°) d'ordonner une expertise, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, portant sur les conditions dans lesquelles Mme E a été prise en charge par le centre hospitalier Simone Veil d'Eaubonne Montmorency (95600) dans la nuit du 2 au 3 novembre 2022 à la suite de symptômes d'infarctus du myocarde ;
2°) d'ordonner une expertise pour évaluer les répercussions, notamment psychologiques, de l'état de santé de Mme E sur M. A ;
3°) d'enjoindre à l'expert de déposer un pré-rapport ;
4°) de fixer le montant de la consignation des frais et honoraires d'expertise ;
5°) de statuer sur les dépens ;
6°) de mettre à la charge du centre hospitalier Simone Veil la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- un retard de prise en charge de l'infarctus du myocarde de Mme E, notamment par le SMUR, a généré des séquelles importantes pour elle, dès lors qu'elle ne peut plus accomplir les gestes de la vie quotidienne ;
- cette situation a des répercussions sur son époux ;
- une expertise mandatée par leur assureur et effectué par le docteur G a conclu à des déficits fonctionnels partiels, à des souffrances endurées, un préjudice esthétique temporaire tout en précisant que l'état de l'intéressée n'est pas consolidé ;
- la mesure d'expertise effectuée par un cardiologue est utile afin de déterminer les fautes commises dans la prise en charge de Mme E et évaluer les préjudices consécutifs ;
- une expertise est utile afin de déterminer les répercussions pour M. A de l'état de santé de sa femme à la suite des fautes commises dans la prise en charge de son infarctus du myocarde.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2023, le centre hospitalier Simone Veil d'Eaubonne Montmorency, représenté Me Boizard ne s'oppose pas à la mesure d'expertise concernant Mme E et conclut :
1°) à la désignation d'un expert en cardiologie ;
2°) à ce que la mission de l'expert soit complétée ;
3°) au rejet de la demande d'expertise concernant M. A.
Il fait valoir que :
- il ne s'oppose pas à la mesure d'expertise pour Mme E ;
- la mesure sollicitée pour M. A ne présente aucune utilité.
La requête a été transmise à la caisse primaire d'assurance maladie du Val d'Oise et à la société Swiss Life Prévoyance et santé qui n'ont pas produit d'observation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné Mme Grenier, première vice-présidente du tribunal, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction (). ". Aux termes de l'article R. 532-5 de ce code : " Les dispositions des articles R. 621-1 à R. 621-14, à l'exception du troisième alinéa de l'article R. 621-9, sont applicables aux référés mentionnés à l'article R. 532-1, sous réserve des dispositions du présent chapitre (). ".
2. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective, d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher. A ce dernier titre, il ne peut faire droit à une demande d'expertise permettant d'évaluer un préjudice, en vue d'engager la responsabilité d'une personne publique, en l'absence manifeste, en l'état de l'instruction, de fait générateur, de préjudice ou de lien de causalité entre celui-ci et le fait générateur.
3. En premier lieu, l'expertise demandée par Mme E et M. A relative aux conditions de la prise en charge de Mme E pour un infarctus du myocarde par le centre hospitalier Simone Veil d'Eaubonne Montmorency présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu de faire droit à cette demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
4. En second lieu, Mme E et M. A demandent la désignation d'un expert afin d'évaluer les répercussions, notamment psychologiques, de l'état de santé de Mme E sur M. A. Toutefois, ils ne produisent au soutien de cette demande qu'un certificat médical qui n'est pas suffisamment circonstancié d'un médecin généraliste indiquant que M. A présente un état de surmenage important à la suite à la maladie de son épouse. En outre, le préjudice allégué relatif à l'accompagnement de son épouse n'est pas distinct des préjudices dont pourrait se prévaloir Mme E au titre des frais d'assistance à tierce-personne. Il résulte de ce qui précède qu'en l'état de la procédure, l'utilité d'une mesure d'expertise pour évaluer le préjudice de M. A ne peut être regardée comme établie, en l'absence manifeste, en l'état de l'instruction, d'éléments probants permettant d'établir la réalité d'un préjudice avec le fait générateur allégué susceptible d'engager la responsabilité du centre hospitalier Simone Veil d'Eaubonne Montmorency.
Sur le dépôt d'un pré-rapport :
5. Aucune disposition du code de justice administrative ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir un pré-rapport. L'établissement d'un pré-rapport adressé aux parties en vue de recueillir leurs éventuelles observations ne constitue donc qu'une modalité opérationnelle de l'expertise dont il appartient à l'expert d'apprécier la nécessité. Il suit de là que les conclusions de Mme E et M. A tendant à ce que l'expert établisse un pré-rapport communicable aux parties ne peuvent qu'être rejetées.
Sur la demande relative à la consignation :
6. L'expertise demandée par les requérants sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative n'est pas soumise à la procédure de consignation préalable d'une provision. Ainsi il n'appartient pas au juge des référés, dans le cadre de la présente instance, de se prononcer sur une consignation. La demande de Mme E et M. A présentée à ce titre ne peut, dès lors, qu'être rejetée.
Sur les dépens :
7. Aux termes de l'article R.761-4 du code de justice administrative : " La liquidation des dépens, y compris celle des frais et honoraires d'expertise () est faite par ordonnance du président de la juridiction (). ". En vertu de ces dispositions, il n'appartient pas au juge des référés de statuer sur les conclusions de Mme E et M. A tendant à la fixation des dépens.
Sur les frais d'instance :
8. Il n'y a pas lieu, dans le cadre de la présente procédure qui ne tend qu'au prononcé d'une mesure d'instruction, de se prononcer sur des conclusions relatives à l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B D, exerçant au 28 rue Cardinet à Paris (75017) est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
- se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de Mme E et, notamment, tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins et aux diagnostics pratiqués sur elle lors de sa prise en charge par le centre hospitalier Simone Veil d'Eaubonne Montmorency ; convoquer et entendre les parties et tous sachants ; recueillir les doléances ; procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de Mme E ainsi qu'éventuellement à son examen clinique ;
- rappeler l'état de santé antérieur de Mme E et décrire son état à la date de l'expertise ;
- décrire les conditions dans lesquelles Mme E a été prise en charge par les services du centre hospitalier ; donner son avis sur le point de savoir si les diagnostics établis et les traitements, interventions et soins prodigués et leur suivi ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science, et s'ils étaient adaptés son état et aux symptômes qu'elle présentait ;
- dire si l'état de santé de Mme E est consolidé et, le cas échéant, fixer la date de consolidation ; dans l'hypothèse où l'état de santé de Mme E ne serait pas consolidé, fixer l'échéance à l'issue de laquelle elle devra à nouveau être examinée ;
- décrire la nature et l'étendue des préjudices résultant de la prise en charge hospitalière de Mme E, non imputables à son état antérieur ni aux conséquences prévisibles de sa prise en charge médicale par le centre hospitalier Simone Veil d'Eaubonne Montmorency si celle-ci s'était déroulée normalement, en distinguant les préjudices patrimoniaux (en particulier, dépenses de santé déjà engagées et futures, assistance tierce personne, frais liés au handicap, pertes de revenus, incidences professionnelle, autres dépenses liées au dommage corporel) et les préjudices personnels (en particulier, déficit fonctionnel, souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d'agrément, préjudice sexuel, préjudice d'établissement) en distinguant, pour chaque poste de préjudice, les préjudices temporaires avant consolidation et les préjudices permanents après consolidation ;
- de manière générale, réunir tous les éléments permettant de déterminer si des fautes médicales, des fautes de soins ou des fautes dans l'organisation des services ont été commises lors de l'hospitalisation de Mme E.
Article 2 : L'expert accomplira la mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R 621-14 du code de justice administrative.
Article 3 : Le rapport d'expertise sera déposé au greffe par voie électronique, dans les conditions prévues à l'article R. 621-6-5 du code de justice administrative, dans les meilleurs délais. Des copies du rapport seront notifiées aux parties intéressées par l'expert et, avec leur accord, par voie électronique dans les conditions prévues à l'article R. 621-7-3 du même code.
Article 4 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C E, à M. F A, au centre hospitalier Simone Veil d'Eaubonne Montmorency, à la caisse primaire d'assurance maladie du Val d'Oise, à la société Swiss Life Prévoyance et santé et à M. B D, expert.
Fait à Cergy-Pontoise, le 12 septembre 2024.
La juge des référés,
Signé
C. Grenier
La République mande et ordonne au préfet du Val d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026