mercredi 23 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2314370 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | TAMBURINI-BONNEFOY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 octobre 2023, M. C A, représenté par Me Terriat, demande au juge des référés d'ordonner une expertise, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, portant sur les conditions dans lesquelles il a été pris en charge pour la pose de prothèses péniennes hydrauliques par le centre hospitalier Victor Dupouy localisé à Argenteuil (95100).
Il soutient que :
- après l'échec d'un traitement par injection intra-caverneuse, une prothèse pénienne a été réalisée par le médecin urologue, le 13 mai 2019, à la suite de laquelle une infection a été constatée et a conduit au retrait de cette prothèse ;
- les soins post-opératoires à cette première opération n'étaient pas adaptés à sa fragilité psychique ;
- une seconde prothèse a été posée le 28 janvier 2020, ce qui l'empêche d'avoir des rapports sexuels ;
- aucun rapport sur son état de santé psychologique n'a été établi préalablement à cette seconde intervention ;
- il a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation (CCI) des accidents médicaux d'Ile de France qui a rendu un avis sur l'expertise contradictoire du docteur B du 15 octobre 2021 et s'est déclaré incompétente ;
- certaines pièces médicales manquaient dans cette première expertise ;
- la mesure d'expertise sollicitée est utile car elle doit permettre d'évaluer l'indemnisation des préjudices subis par le demandeur dans le cadre de ses prises en charge.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 novembre 2023, le centre hospitalier Victor Dupouy, représenté Me Tamburini-Bonnefoy, conclut au rejet de la demande et de mettre à la charge de M. A la somme de 1000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- une expertise contradictoire a déjà été diligentée dans le cadre de la procédure devant la CCI ;
- M. A ne démontre pas les lacunes de cette expertise et ne fait pas davantage état d'un élément nouveau qui n'aurait pas été soumis ;
- il demande, en réalité, une contre-expertise qui ne présente aucune utilité.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle au taux de 55% par une décision du 19 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné Mme Grenier, première vice-présidente du tribunal, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. D'une part, aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction (). ".
2. D'autre part, aux termes de l'article L. 1142-12 du code de la santé publique : " La commission régionale désigne aux fins d'expertise un collège d'experts choisis sur la liste nationale des experts en accidents médicaux, en s'assurant que ces experts remplissent toutes les conditions propres à garantir leur indépendance vis-à-vis des parties en présence. / () / La commission régionale fixe la mission du collège d'experts ou de l'expert, s'assure de leur acceptation et détermine le délai dans lequel le rapport doit être déposé (). / Dans le cadre de sa mission, le collège d'experts ou l'expert peut effectuer toute investigation et demander aux parties et aux tiers la communication de tout document sans que puisse lui être opposé le secret médical ou professionnel, s'agissant de professionnels de santé ou de personnels d'établissements, de services de santé ou d'autres organismes visés à l'article L. 1142-1. Les experts qui ont à connaître ces documents sont tenus au secret professionnel, dans les conditions et sous les peines prévues aux articles 226-13 et 226-14 du code pénal. / En cas de carence des parties dans la transmission des documents demandés, la commission régionale peut autoriser le collège d'experts ou l'expert à déposer son rapport en l'état. La commission peut tirer toute conséquence du défaut de communication des documents. / Le collège d'experts ou l'expert s'assure du caractère contradictoire des opérations d'expertise, qui se déroulent en présence des parties ou celles-ci dûment appelées. Ces dernières peuvent se faire assister d'une ou des personnes de leur choix. Le collège d'experts ou l'expert prend en considération les observations des parties et joint, sur leur demande, à son rapport tous documents y afférents. Il peut prendre l'initiative de recueillir l'avis d'un autre professionnel. / L'Office national d'indemnisation prend en charge le coût des missions d'expertise, sous réserve du remboursement prévu aux articles L. 1142-14 et L. 1142-15. ".
3. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande d'expertise portant sur un litige susceptible de donner lieu à une action en responsabilité du fait des conséquences dommageables d'un acte médical, d'apprécier l'utilité de l'expertise au vu des pièces du dossier, notamment d'une expertise prescrite par la commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux et au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée.
4. M. A demande au juge des référés de prescrire une expertise médicale afin de déterminer les causes et d'évaluer les différents préjudices qu'il a subis à la suite de sa prise en charge hospitalière par le centre hospitalier Victor Dupouy entre mai 2019 et mai 2021. Il résulte de l'instruction que, dans le cadre d'une procédure devant la commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux d'Ile de France, la situation de M. A a été examinée par le Dr B, expert médecin urologue.
5. Il résulte de l'instruction que M. A se borne à réclamer la prescription d'une contre-expertise aux seules fins de contredire les conclusions de l'expertise réalisée à la demande de la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux d'Ile de France. Il ne fait état d'aucun élément nouveau pour contester les opérations de cette expertise du 26 juillet 2021 et se borne à demander, dans la présente instance, que l'expert examine les mêmes points que ceux déjà examinés par le rapport du 26 juillet 2021. Il ne résulte pas de l'instruction que le rapport du Dr B n'aurait pas pris en compte l'ensemble des pièces du dossier médical de M. A.
6. Il résulte de ce qui précède que s'il est loisible au requérant, s'il s'y croit fondé, de contester les conclusions de l'expertise ordonnée par la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux d'Ile de France à l'occasion d'une éventuelle action indemnitaire, l'expertise qu'il sollicite ne présente pas le caractère d'utilité exigé par les dispositions précitées de l'article R.532-1 du code de justice administrative et doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions que présente le centre hospitalier Victor Dupouy au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier Victor Dupouy au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au centre hospitalier Victor Dupouy.
Fait à Cergy-Pontoise, le 23 octobre 2024.
La juge des référés,
Signé
C. Grenier
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026