lundi 20 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2314452 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GRANDSIRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 octobre 2023, M. C A, représenté par Me Grandsire, avocat commis d'office, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 11 octobre 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a ordonné son transfert aux autorités italiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 novembre 2023, le préfet des Hauts-de-Seine produit les pièces constitutives du dossier de M. A et conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Amazouz pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 15 novembre 2023 :
- le rapport de M. Amazouz, magistrat désigné ;
- les observations de Me Grandsire, avocate de M. A, qui soutient que : l'arrêté attaqué méconnait les articles 4 et 5 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 dès lors, d'une part, que le compte-rendu de l'entretien individuel accordé au requérant ne mentionne pas le nom de l'agent l'ayant conduit, de sorte qu'il est impossible de l'identifier et de s'assurer qu'il a été mené par une personne qualifiée et, d'autre part, que les brochures A et B lui ont été remises en langue française, alors qu'il ne parle pas le français ; il est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle dès lors qu'il n'est pas démontré que les autorités italiennes auraient été informées que M. A a un enfant mineur ;
- les observations de M. A, en présence de M. B, interprète en langue turque, qui a confirmé la présence d'un interprète lors de son entretien individuel ainsi que la compréhension des informations qui lui ont été délivrées à cette occasion ; il fait valoir qu'il ne souhaite pas retourner en Italie, où il ne dispose d'aucune attache alors que plusieurs de ses amis résident en France ;
- le préfet des Hauts-de-Seine n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né le 18 février 1997, a présenté une demande d'asile qui a été enregistrée à la préfecture des Hauts-de-Seine le 3 août 2023. A la suite du relevé de ses empreintes digitales, il a été constaté qu'il a transité par l'Italie avant d'entrer sur le territoire français, ses empreintes digitales ayant été enregistrées dans le fichier Eurodac par les autorités italiennes le 26 juin 2023. Consécutivement à leur saisine le 7 août 2023, les autorités italiennes ont implicitement accepté de reprendre en charge l'intéressé le 7 octobre 2023. Par un arrêté du 11 octobre 2023, dont M. A demande l'annulation, le préfet des Hauts-de-Seine a décidé de le transférer vers l'Italie, État désigné comme responsable de l'examen de sa demande d'asile.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604-2013 du 26 juin 2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement () / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les Etats membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe / 3. /Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5 () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que les brochures A et B intitulées respectivement " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - quel pays sera responsable de l'analyse de ma demande ' " et " Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' ", ont été remises au requérant le 3 août 2023, dans leur version en langue française, à l'issue de l'entretien individuel, durant lequel il était assisté d'un interprète en langue soussou. Il ressort du compte-rendu de cet entretien signé par l'intéressé que l'information sur les règlements communautaires lui a été remise et qu'il a compris la procédure engagée à son encontre, ce qu'il a d'ailleurs confirmé pendant l'audience publique. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 4 du règlement (UE) n° 604-2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / () 3. L'entretien individuel a lieu en temps utile et, en tout cas, avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. / 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a bénéficié d'un entretien individuel réalisé à la préfecture des Hauts-de-Seine, le 3 août 2023, avec l'assistance d'un interprète en langue soussou. La seule circonstance que le compte-rendu de cet entretien ne mentionne pas le nom de l'agent l'ayant conduit ne permet de démontrer que cet entretien individuel n'aurait pas été mené par un agent qualifié en vertu du droit national, le résumé de cet entretien mentionnant au contraire que celui-ci a été " conduit par un agent qualifié de la préfecture des Hauts-de-Seine ". Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.
6. En troisième lieu, M. A soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen de sa situation dès lors qu'il n'est pas démontré que les autorités italiennes auraient été informées qu'il a un enfant mineur. Toutefois, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des autres pièces du dossier, que le préfet des Hauts-de-Seine n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle du requérant avant de décider son transfert aux autorités italiennes. En outre, alors que M. A a confirmé lors de l'audience publique que son enfant se trouvait dans son pays d'origine, la circonstance que les autorités italiennes n'auraient pas été informées d'une telle circonstance n'est pas de nature à révéler le défaut d'examen allégué. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.
7. En dernier lieu, si M. A soutient qu'il ne souhaite pas retourner en Italie, où il ne dispose d'aucune attache, il ne justifie pas des attaches personnelles dont il se prévaut sur le territoire français. En outre, le requérant ne fait état d'aucune circonstance particulière l'empêchant de retourner en Italie, ni d'aucun élément de nature à démontrer que sa demande d'asile serait exposée à un risque sérieux de ne pas être traitée par les autorités italiennes dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile. Ainsi, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 11 octobre 2023 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2023.
Le magistrat désigné,
signé
S. AmazouzLe greffier,
signé
M. D
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui les concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°23144520
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026