jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2314457 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DIALLO-MISSOFFE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 26 octobre 2023, la première vice-présidente du tribunal administratif de Versailles a transmise au tribunal la requête enregistrée le 20 octobre 2023 présentée par M. A B.
Par cette requête, enregistrée le 26 octobre 2023 au greffe du tribunal, et un mémoire, enregistré le 4 décembre 2023, M. A B, représenté par Me Diallo-Missoffe, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner une expertise, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, qui aura pour mission de se prononcer sur son état de santé à la suite de son accident de service survenu le 15 juillet 2019 ;
2°) d'enjoindre à l'Etat, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de lui verser une provision de 10 000 euros ;
3°) de mettre à la charge de la direction interrégionale de la protection judiciaire de la jeunesse d'Ile-de-France le versement de toute allocation provisionnelle à valoir sur les frais et honoraires de l'expert ;
4°) de réserver les dépens ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- au cours d'une activité sportive sur son lieu de travail, l'établissement pénitentiaire pour mineurs de C, il s'est fait une entorse grave de la cheville le 15 juillet 2019 ;
- l'accident a été reconnu imputable au service et il a été placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service ;
- il a été placé en congé de maladie ordinaire par un arrêté du 26 avril 2023 malgré une rechute le 3 janvier 2023, non prise en compte par l'administration ;
- aucune nouvelle expertise médicale n'a été diligentée, malgré l'avis de la commission départementale des Yvelines du 14 avril 2022 ;
- il n'est pas établi qu'une nouvelle expertise, prenant en compte sa rechute, a eu lieu le 7 novembre 2023 ;
- une mesure d'expertise est utile pour éclairer la formation de jugement saisie au fond, préciser s'il peut reprendre ses fonctions et évaluer l'ensemble des préjudices résultant de cet accident de service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 novembre 2023, le garde des Sceaux, ministre de la Justice, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- une expertise est en cours ;
- M. B a été convoqué le 7 novembre 2023 pour une expertise par le médecin expert ;
- l'évaluation des conséquences financières de son accident de service n'entre pas dans les missions de l'expert.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné Mme Grenier, première vice-présidente du tribunal, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction (). ".
2. Il résulte de l'instruction M. B, agent public de la protection judiciaire de la jeunesse, affecté en qualité d'éducateur à l'Université éducative auprès des tribunaux (UEAT) de Pontoise au sein de l'établissement pénitentiaire pour mineurs de C, a été victime, le 15 juillet 2019, d'une entorse de la cheville droite au cours d'une activité sportive sur son lieu de travail. L'accident a été reconnu imputable au service. Par un arrêté du 26 avril 2023 du directeur de la protection judiciaire de la jeunesse, M. B a été placé en congé de maladie ordinaire à compter du 10 janvier 2023. Le 18 juin 2023, il a formé un recours gracieux contre cet arrêté. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés de désigner un expert afin d'examiner son état de santé à la suite de son accident de service survenu le 15 juillet 2019.
3. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective, d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
4. S'il résulte de l'article R. 626-1 du code de justice administrative qu'il peut, le cas échéant, être fait application des dispositions de l'article R. 532-1 de ce code, alors même qu'une requête à fin d'annulation est en cours d'instruction, il appartient au juge des référés d'apprécier l'utilité de la mesure demandée sur ce fondement. En l'espèce, aucune circonstance particulière ne confèrerait à la mesure qu'il est ainsi demandé au juge des référés d'ordonner un caractère d'utilité différent de celui de la mesure que le juge de l'excès de pouvoir, saisi de la requête à fin d'annulation de l'arrêté du 26 avril 2023 et de la décision implicite de rejet du recours gracieux formé par M. B contre cet arrêté, pourra décider, le cas échéant, dans l'exercice de ses pouvoirs de direction de l'instruction. En particulier, M. B ne fournit au juge des référés aucun élément de nature à justifier qu'il fasse usage du pouvoir qu'il tient de ces dispositions sans attendre que la formation chargée de l'instruction de cette requête ait pu elle-même en apprécier l'utilité.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la mesure demandée par M. B, qui est dépourvue d'utilité, doit être rejetée. Il en va de même de ses conclusions tendant à ce que le versement de toute allocation provisionnelle à valoir sur les frais et honoraires de l'expert soit mise à la charge de la direction interrégionale de la protection judiciaire de la jeunesse d'Ile-de-France et à la réserve des dépens.
Sur les conclusions à fin de provision :
6. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable (). ". Aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle (). ".
7. Il résulte des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, qui sont applicables aux demandes de provision présentées sur le fondement de l'article R. 541-1 du même, qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au paiement d'une somme d'argent est irrecevable.
8. Il ne résulte pas de l'instruction que M. B aurait formé une demande préalable tendant au paiement d'une indemnité en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis à la suite de l'accident dont il a été victime le 15 juillet 2019. Par suite, en l'absence de toute décision de l'administration rejetant une telle demande, les conclusions de M. B tendant au versement d'une provision doivent être rejetées pour irrecevabilité.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. B une somme au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au garde des Sceaux, ministre de la Justice.
Fait à Cergy-Pontoise, le 24 octobre 2024.
La juge des référés,
Signé
C. Grenier
La République mande et ordonne au garde des Sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026