mardi 5 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2314459 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET PLANCHE MAMOUDY RAMALHO |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Par un jugement n° 2106915 du 15 février 2022, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, d'une part, a annulé l'arrêté du 6 avril 2021 par lequel le préfet de l'Essonne a rejeté la demande de renouvellement de carte de séjour temporaire de M. B et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination, d'autre part, a enjoint au préfet de l'Essonne, ou au préfet territorialement compétent, de délivrer à l'intéressé un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement.
Procédure d'exécution :
Par une lettre, enregistrée le 22 mars 2022, M. A B, représenté Me Lebon-Mamoudy, a saisi le tribunal d'une demande tendant à l'exécution de ce jugement.
Par ordonnance du 23 octobre 2023, le président du tribunal a, en application de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, ouvert une procédure juridictionnelle.
Par des mémoires, enregistrés les 29 novembre 2023, 2 janvier 2024 et 10 septembre 2024, M. B demande au tribunal de prononcer à l'encontre de l'Etat une astreinte de 100 euros par jour en vue de l'exécution du jugement du 15 février 2022.
Il soutient qu'en dépit de nombreuses relances, le préfet des Hauts-de-Seine, territorialement compétent, ne lui a toujours pas délivré de titre de séjour mais seulement un récépissé, ce qui compromet sa situation familiale et professionnelle.
Des pièces ont été produites par le préfet de l'Essonne les 30 octobre et 6 novembre 2023.
Vu le jugement n° 2106915 du 15 février 2022 du tribunal de céans.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Huon, président-rapporteur,
- et les explications de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement n° 2106915 du 15 février 2022, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, d'une part, a annulé l'arrêté du 6 avril 2021 par lequel le préfet de l'Essonne a rejeté la demande de renouvellement de carte de séjour temporaire de M. B, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination (article 1er), d'autre part, a enjoint au préfet de l'Essonne, ou au préfet territorialement compétent, de délivrer à l'intéressé un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement (article 2). M. B demande au tribunal de prononcer à l'encontre de l'Etat une astreinte de 100 euros par jour en vue de la mise en œuvre des mesures propres à assurer l'entière exécution de ce jugement.
2. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution () ". Aux termes de l'article L. 911-4 du même code : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. ". Aux termes de l'article R. 921-6 de ce code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, ou lorsque le demandeur le sollicite dans le mois qui suit la notification du classement décidé en vertu du dernier alinéa de l'article précédent et, en tout état de cause, à l'expiration d'un délai de six mois à compter de sa saisine, le président de la cour ou du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. () ". Il résulte de ces dispositions que, lorsque la décision faisant l'objet de la demande d'exécution prescrit déjà les mesures qu'elle implique nécessairement en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, il appartient le cas échéant au tribunal administratif, saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 du même code, d'en édicter de nouvelles en se plaçant à la date de sa décision, sans toutefois pouvoir remettre en cause celles qui ont précédemment été prescrites ni méconnaître l'autorité qui s'attache aux motifs qui sont le soutien nécessaire du dispositif de la décision juridictionnelle dont l'exécution lui est demandée.
3. Il ressort des pièces du dossier et il n'est d'ailleurs pas contesté qu'en méconnaissance de l'injonction prononcée par l'article 2 du jugement du 15 février 2022, aucun titre de séjour n'a été délivré à M. B à la date du présent jugement. Par ailleurs, l'administration ne fait valoir aucun changement dans les circonstances de droit ou de fait qui s'opposerait à une telle délivrance. Par suite, il y a lieu, en l'espèce, de prononcer à l'encontre de l'Etat, à défaut pour le préfet des Hauts-de-Seine, qui est désormais territorialement compétent, de justifier de la remise d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale " au requérant dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision, une astreinte de 100 euros par jour de retard jusqu'à la date de la remise de ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : Une astreinte est prononcée à l'encontre de l'Etat s'il n'est pas justifié par le préfet des Hauts-de-Seine, dans les deux mois suivant la notification de la présente décision, de l'exécution du jugement du tribunal de céans du 15 février 2022 en ce qu'il a enjoint de délivrer à M. B un titre de séjour mention " vie privée et familiale ". Le taux de cette astreinte est fixé à 100 euros par jour de retard, à compter de l'expiration du délai de deux mois suivant la notification de la présente décision.
Article 2 : Le préfet des Hauts-de-Seine communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter la mesure visée à l'article 1er.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet des Hauts-de-Seine et au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Huon, président,
M. Viain, premier conseiller,
Mme Froc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 novembre 2024
L'assesseur le plus ancien,
signé
T. VIAIN
Le président,
signé
C. HUON
La greffière,
signé
A. TAINSA
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2314459
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026