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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2314597

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2314597

mardi 30 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2314597
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantCABINET CAPSTAN LMS - LUS LABORIS FRANCE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 31 octobre 2023, le comité social et économique de la société Verizon France, représenté par Me Hollande, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision en date du 1er septembre 2023 par laquelle le directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Île-de-France (ci-après DRIEETS) a validé l'accord collectif du 9 juin 2023 entre la société Verizon et les organisations syndicales représentatives CFDT et CFTC portant sur le projet de licenciement pour motif économique donnant lieu à la mise en œuvre du plan de sauvegarde de l'emploi de la société Verizon France ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la procédure d'information et de consultation du comité social et économique à laquelle est soumise l'accord-collectif est irrégulière dès lors que ledit comité, qui n'a pas été informé des deux projets "BLUEJEANS " relatif à l'arrêt de cette activité et du projet " K " relatif au transfert des activités GCO et GNO en cours dans la société, n'a pu rendre un avis éclairé sur le projet de restructuration et sur ses conséquences sociales ; sur les modalités de mises en œuvre du PSE ; sur les conséquences du projet en termes de santé, sécurité et conditions de travail et sur les mesures d'accompagnement contenues dans le plan de sauvegarde de l'emploi ;

- l'accord-collectif est entaché d'un vice du consentement des organisations syndicales signataires dès lors que la direction a dissimulé les projets K et BLUEJEANS avant la signature de l'accord alors qu'ils ont un impact sur le plan de sauvegarde de l'emploi ;

- la DRIEETS a validé l'accord-collectif sans s'être assurée du caractère loyal des négociations qui avait été contesté devant elle par les organisations syndicales signataires ;

- la décision attaquée est insuffisamment motivée dès lors qu'elle ne mentionne pas les conséquences du retrait de leur signature par les organisations syndicales.

Par un mémoire en intervention enregistré le 7 décembre 2023, la société Vérizon France, représentée par Me Lagoutte et Me Sfeir, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge du comité social et économique de la société Verizon France.

Elle fait valoir que :

- la procédure d'information et de consultation du comité social et écconomique sur le fondement de l'article L.1233-30 du code du travail est régulière ;

- il ne peut lui être reprochée de ne pas avoir donné des informations, au cours de la procédure de négociation sur les projets " K " et " BLUEJEANS " qui sont distincts, tant dans leur temporalité que dans leur objet que dans leurs potentielles conséquences, du projet IRIS, objet de l'accord collectif majoritaire validé par l'administration ; l'administration n'avait pas à prendre en compte dans son analyse des projets distincts de celui soumis à son champ de contrôle ;

- il n'appartient pas à la DRIEETS de vérifier l'absence de vice de consentement des signataires d'un accord majoritaire collectif portant plan de sauvegarde de l'emploi ;

- le retrait de signature, qui n'est pas une notion juridique, n'emporte aucune conséquence sur la validité de l'accord-collectif ;

- le vice du consentement des organisations syndicales ne peut être utilement invoqué par le comité social et économique qui n'est pas signataire de l'accord ;

- aucun vice du consentement n'est établi ;

- la décision attaquée est suffisamment motivée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 décembre 2023, le directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Île-de-France conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la procédure d'information et de consultation du comité social et économique n'est pas entachée d'irrégularité dès lors qu'il a disposé de toutes les informations lui permettant de rendre un avis éclairé sur l'opération projetée ;

- les projets " K " et " BLUEJEANS ", distincts du projet " IRIS " par leur objet et leur temporalité, n'avaient pas à être inclus dans le périmètre de l'information-consultation du projet " IRIS " ;

- l'administration s'est assurée au vu des éléments dont elle disposait et notamment de l'échange qu'elle a eu avec l'entreprise le 16 août 2023, que les projets " K " et " BLUEJEANS " étaient sans lien avec la réorganisation projetée ;

- le retrait par les organisations syndicales de leur signature de l'accord-collectif n'a produit aucun effet sur la validité de l'accord-collectif dont la nullité ne peut résulter que d'une action en nullité ;

- le moyen tiré de la nullité de l'accord-collectif en raison d'un vice du consentement est inopérant dès lors que le comité social et économique n'est pas partie à l'accord collectif ;

- la négociation de l'accord-collectif qui a fait l'objet de six réunions, s'est déroulée dans des conditions loyales ;

- la décision attaquée qui n'avait pas à se prononcer sur les conséquences du retrait est suffisamment motivée.

La requête a été communiquée aux syndicats CFDT et CFTC qui n'ont pas produit d'observation.

Par un mémoire enregistré le 29 janvier 2024, postérieurement à l'audience qui s'est tenue le 16 janvier 2024, le comité social et économique de la société Verizon France a déclaré se désister purement et simplement de son instance et de son action, lequel a été communiqué et le dossier radié du rôle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 1' Donner acte des désistements ().

2. Par un mémoire, enregistré le 29 janvier 2024, le comité social et économique de la société Verizon France déclare se désister purement et simplement de son instance et de son action. Ce désistement est pur et simple. Par suite, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

3. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la société Verizon France sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement d'instance et d'action du comité social et économique de la société Verizon France

Article 2 : Les conclusions de la société Verizon France présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au comité social et économique de la société Verizon France, au ministre du travail, de la santé et de la solidarité, à la société Verizon France, et aux organisations syndicales représentatives (CFDT) et la (CFTC).

Copie en sera adressée à la direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Île-de-France.

Fait à Cergy, le 30 janvier 2024.

La présidente de la 9e chambre,

signé

H. LE GRIEL

La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et de la solidarité en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour ampliation, la greffière.

No 2314597

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