mercredi 25 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2315369 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | KLEIN VIRGINIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 novembre 2023, Mme A B, représentée par Me Klein, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner une expertise, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, portant sur les conditions dans lesquelles elle a été prise en charge par le centre hospitalier Beaujon localisé à Clichy (92110) en décembre 2019 ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier Beaujon les frais d'expertise.
Elle soutient que :
- le rapport d'expertise amiable a relevé une imprudence dans le retrait du désilet à l'origine de la complication hémorragique de la ponction cervicale qu'elle a subie ;
- la mesure d'expertise sollicitée est utile car elle doit permettre d'établir les responsabilités et les préjudices subis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juillet 2024, l'assistance publique - hôpitaux de Paris demande à substituer à la cause le centre hospitalier Beaujon, ne s'oppose pas à la mesure d'expertise et conclut :
1°) à la mise en cause de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux ;
2°) à ce que la mesure d'expertise soit confiée à un collège d'experts ;
3°) à ce que les frais d'expertise soient mis à la charge de la requérante ;
4°) à la réserve des dépens ;
5°) au rejet du surplus des conclusions.
La requête a été transmise à la caisse primaire d'assurance maladie des Hauts de Seine, à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux qui n'ont pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné Mme Grenier, première vice-présidente du tribunal, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction (). ". Aux termes de l'article R. 532-5 de ce code : " Les dispositions des articles R. 621-1 à R. 621-14, à l'exception du troisième alinéa de l'article R. 621-9, sont applicables aux référés mentionnés à l'article R. 532-1, sous réserve des dispositions du présent chapitre (). ".
2. Il résulte de l'instruction que Mme B a été prise en charge par l'hôpital Beaujon à partir du 1er décembre 2019 pour exploration d'un ictère et d'une élévation des transaminases dans le cadre d'un suivi pour une cholangite auto-immune diagnostiquée en 2018 sur cholestase biologique anictérique. Une ponction biopsie hépatique a été programmée le 18 décembre suivant et a provoqué une ponction accidentelle de l'artère sous clavière droite. L'intéressée souffrant d'un syndrome anxiodépressif réactionnel à la suite de la dégradation de son état de santé a demandé à son assureur la prescription d'une expertise diligentée par le docteur F, spécialiste de la réparation du dommage corporel et le docteur C, sapiteur, chirurgien vasculaire et thoracique. Cette expertise non-contradictoire a conclu, sur pièces, à une maladresse technique et un défaut de précaution de l'unité de soins de l'hôpital Beaujon suite à la confusion anormale entre ponction veineuse et ponction artérielle.
3. Dans ces circonstances, l'expertise demandée par Mme B relative aux conditions de sa prise en charge par l'hôpital Beaujon présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu de faire droit à sa demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
4. En revanche, en l'état du dossier, il n'y a pas lieu de désigner un collège d'experts. Il appartiendra à l'expert désigné de demander au président du tribunal l'autorisation de s'adjoindre les services d'un sapiteur, s'il l'estime utile.
Sur la mise en cause de l'assistance publique - hôpitaux de Paris :
5. L'hôpital Beaujon relève de l'assistance publique - hôpitaux de Paris. Par suite, l'assistance publique - hôpitaux de Paris est fondée à demander à substituer l'hôpital Beaujon à la cause.
Sur la mise en cause de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux :
6. La demande de mise en cause de l'Office d'indemnisation des accidents médicaux n'est pas contestée. Il y a lieu d'y faire droit.
Sur les dépens :
7. Aux termes de l'article R. 761-4 du code de justice administrative : " La liquidation des dépens, y compris celle des frais et honoraires d'expertise () est faite par ordonnance du président de la juridiction (). ". Dès lors, il n'appartient pas au juge des référés de statuer sur les conclusions tendant à la mise à la charge des frais d'expertise ou à la réserve des dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : M. E D, exerçant à l'hôpital privé d'Antony, 1 rue Velpeau à Antony (92160), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
- se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de Mme B et, notamment, tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins et aux diagnostics pratiqués sur elle lors de sa prise en charge par le centre hospitalier Beaujon ; convoquer et entendre les parties et tous sachants ; recueillir les doléances ; procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de Mme B ainsi qu'éventuellement à son examen clinique ;
- rappeler l'état de santé antérieur de Mme B et décrire son état à la date de l'expertise ;
- décrire les conditions dans lesquelles Mme B a été prise en charge par les services du centre hospitalier Beaujon ; donner son avis sur le point de savoir si les diagnostics établis et les traitements, interventions et soins prodigués et leur suivi ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux règles de l'art et aux données acquises de la science, et s'ils étaient adaptés à l'état de Mme B et aux symptômes qu'elle présentait ;
- de manière générale, réunir tous les éléments permettant de déterminer si des fautes médicales, des fautes de soins ou des fautes dans l'organisation des services ont été commises lors de l'hospitalisation de Mme B ;
- dire si l'état de santé de Mme B est consolidé et, le cas échéant, fixer la date de consolidation ; dans l'hypothèse où l'état de santé de Mme B ne serait pas consolidé, fixer l'échéance à l'issue de laquelle l'intéressée devra à nouveau être examinée ;
- préciser si le préjudice subi par Mme B résulte de la réalisation d'un aléa thérapeutique, à savoir un accident médical non fautif, d'un risque accidentel inhérent à l'acte médical et qui ne pouvait être maîtrisé ou de toute autre cause étrangère à la prise en charge de Mme B par le centre hospitalier Beaujon et, en un tel cas, la part des séquelles imputables à l'une de ces causes ;
- décrire la nature et l'étendue des préjudices résultant de la prise en charge hospitalière de Mme B, non imputables à son état antérieur ni aux conséquences prévisibles de sa prise en charge médicale par le centre hospitalier Beaujon si celle-ci s'était déroulée normalement, en distinguant les préjudices patrimoniaux (en particulier, dépenses de santé déjà engagées et futures, frais liés au handicap, pertes de revenus, incidences professionnelle et scolaire du dommage, autres dépenses liées au dommage corporel) et les préjudices personnels (en particulier, déficit fonctionnel, souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d'agrément, préjudice sexuel, préjudice d'établissement) en distinguant, pour chaque poste de préjudice, les préjudices temporaires avant consolidation et les préjudices permanents après consolidation ;
- de façon générale, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis.
Article 2 : L'expertise aura lieu contradictoirement en présence de Mme B, de l'assistance publique - hôpitaux de Paris, de la caisse primaire d'assurance maladie des Hauts de Seine, de la caisse primaire d'assurance maladie de Paris et de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux.
Article 3 : Après avoir prêté serment, l'expert accomplira la mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 4 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des partie(s) désignée(s) dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à l'assistance publique - hôpitaux de Paris, à la caisse primaire d'assurance maladie des Hauts de Seine, à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux et à M. E D, expert.
Fait à Cergy-Pontoise, le 25 septembre 2024.
La juge des référés,
Signé
C. Grenier
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026