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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2315383

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2315383

mercredi 20 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2315383
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantESSONO NGUEMA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 novembre 2023, M. B A, représenté par Me Essono, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision en date du 24 mars 2021 par laquelle il a été exclu, par le directeur général, de ses fonctions d'administrateur élu au conseil d'administration de Hauts-de-Bièvre Habitat ;

2°) d'enjoindre au directeur de Hauts-de-Bièvre Habitat de le réintégrer dans ses fonctions de représentant des locataires ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée émane d'une autorité incompétente ;

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- la décision attaquée méconnait les dispositions de l'article R. 421-7 du code de la construction et de l'habitation ;

- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Vu :

- la décision en date du 13 mars 2023 par laquelle le président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise a accordé le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale à M. A ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance () / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; () ".

2. D'autre part, la juridiction administrative a compétence pour apprécier la légalité d'une décision touchant à l'organisation du service public lui-même et non à la seule organisation interne de la société chargée de le gérer.

3. M. A demande l'annulation de la décision en date du 24 mars 2021 par laquelle le directeur de Hauts-de-Bièvre Habitat lui a indiqué qu'il ne siégeait plus au conseil d'administration de ce dernier.

4. Un tel litige met en cause une décision prise par le directeur de Hauts-de-Bièvre Habitat, société anonyme coopérative d'intérêt collectif d'habitations à loyer modéré, organisme de droit privé chargé d'une mission de service public. Or ladite décision, qui n'est pas relative à l'organisation du service public lui-même, et qui, d'ailleurs, ne manifeste l'exercice d'aucune prérogative de puissance publique, doit être regardée comme relative à la seule organisation interne de la société. Le litige relève donc de la compétence du juge judicaire.

5. La requête de M. A doit donc être rejetée comme portée devant un ordre de juridiction manifestement incompétent pour en connaître en application des dispositions du 2° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Essono.

Fait à Cergy, le 20 mars 2024.

La vice-présidente,

signé

H. Lepetit-Collin

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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