mardi 25 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2315457 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | LUJIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 novembre 2023, Mme E C A, représenté par Me Lujien, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 18 octobre 2023 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation de demandeur d'asile dans un délai de huit jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle a été prise en méconnaissance de la procédure contradictoire ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est illégale dès lors que sa vulnérabilité n'a pas fait l'objet d'une évaluation en méconnaissance des articles L. 551-15 et L. 553-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 20 de la directive n°2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 novembre 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable, dès lors qu'il a été fait droit de manière implicite à son recours administratif préalable obligatoire le 15 décembre 2023 en lui proposant une nouvelle offre de prise en charge ;
- elle n'est plus éligible au bénéfice des conditions matérielles d'accueil depuis la fin du mois de juin 2024, dès lors qu'elle bénéficie depuis une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 10 mai 2024 de la protection subsidiaire.
- les autres moyens soulevés par Mme C A ne sont pas fondés.
Mme C A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 mars 2024.
Par une ordonnance en date du 13 novembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 novembre 2024 à 12:00 heures
Un mémoire, enregistré par Mme C A le 20 janvier 2025, soit postérieurement à la clôture de l'instruction, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive n°2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Jacquinot a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E C A, de nationalité colombienne, née le 10 mai 1984, a présenté une demande d'asile le 18 octobre 2023. Par une décision du 18 octobre 2023, dont elle demande l'annulation, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, ainsi qu'à son enfant mineur.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Mme C A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 25 mars 2024. Il n'y a pas lieu, par suite, de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense :
3. Il ressort des pièces du dossier que 20 décembre 2023, soit postérieurement à l'introduction de la requête, Mme C A s'est vue proposer une nouvelle offre de prise en charge, sous réserve de l'acceptation de l'orientation qui lui est proposée. Contrairement à ce que fait valoir l'OFII dans son mémoire en défense, la décision en litige du 18 octobre 2023, laquelle n'a été ni retirée ni abrogée, ne peut être regardée comme ayant été implicitement abrogée dès lors que cette décision était subordonnée à l'accord par la requérante de l'orientation proposée. Il s'ensuit que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 18 octobre 2023 conservent leur objet. L'exception de non-lieu à statuer opposée par l'OFII doit, par suite, être écartée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée a été signée par Mme B D, directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Montrouge, en vertu d'une délégation qui lui avait été consentie à cette fin par décision du 1er mai 2021 du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, mise en ligne le même jour sur le site internet de cet établissement public. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision doit donc être écarté comme manquant en fait.
5. La décision en litige, qui vise notamment les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et un arrêt du Conseil d'Etat, mentionne qu'après examen de sa situation personne et familiale, l'admission au bénéfice des conditions matérielles d'accueil lui était refusée en raison du refus de l'orientation en région qui lui était proposé. Ainsi, la décision attaquée comporte un énoncé suffisamment précis des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit être écarté.
6. Si la requérante fait valoir que la procédure contradictoire prévue à l'article D. 777-38 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais codifié à l'article D. 551-18 du même code, a été méconnue, cette procédure contradictoire est spécifique aux décisions de cessation d'octroi des conditions matérielles d'accueil, et n'est pas applicable aux décisions de refus. Le moyen tiré d'une méconnaissance de cette procédure doit donc être écarté comme inopérant.
7. La requérante n'assorti pas le moyen tiré d'une erreur de fait des précisions nécessaires afin d'en apprécier le bien-fondé.
8. Il ressort des pièces du dossier que la requérante a fait l'objet d'une évaluation de sa vulnérabilité et de celle de son enfant le 18 octobre 2023, assistée d'un interprète en langue espagnole. La requérante a également fait l'objet d'un avis du médecin de l'OFII en date du 20 novembre 2023 suite à sa demande. Enfin, il ressort des termes de l'offre de prise en charge au titre du dispositif national d'accueil du 18 octobre 2023 par laquelle la requérante a refusé de bénéficier des conditions matérielles d'accueil proposées que la requérante avait certifié avoir bénéficié d'un entretien d'évaluation de sa vulnérabilité dans une langue qu'elle comprend. Dès lors, le moyen tiré d'une absence d'évaluation de vulnérabilité doit être écarté comme manquant en fait.
9. Aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / 1° Il refuse la région d'orientation déterminée en application de l'article L. 551-3 ; () / Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. "
10. La décision de l'OFII se fonde sur un refus, par la requérante, de son orientation en région, en Pyrénées-Atlantiques. Si la requérante explique, à l'appui tant de ses écritures que de son recours administratif préalable obligatoire, avoir craint que l'offre en région ne permette pas la prise en charge de son fils souffrant d'autisme, ces seules assertions, se fondant sur des craintes hypothétiques, ne permettent pas de justifier ce refus en l'absence de tout élément de nature à établir une absence possibilité de prise en charge de l'enfant de la requérante en région ou d'une incompatibilité du logement proposé avec les besoins de la famille. Dès lors, le moyen doit être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C A doit être rejetée, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles présentées au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de Mme A d'admission, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de Mme E C A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 28 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
Mme Saïh, première conseillère,
M. Jacquinot, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 février 2025.
Le rapporteur,
Signé
M. Jacquinot
Le président,
Signé
T. Bertoncini La greffière,
Signé
K. Nabunda
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026