Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2315749
mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2315749 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème Chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 novembre 2023, M. A B, représenté par Me Sangue, demande au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 22 novembre 2023 par laquelle le préfet du Val-d'Oise lui a refusé implicitement la délivrance d'un récépissé assorti d'une autorisation de travail ;
3°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au préfet du Val-d'Oise de réexaminer sa situation administrative, dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros toutes taxes comprises à verser à Me Sangue sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, et s'il n'est pas admis provisoirement à l'aide juridictionnelle de mettre à la charge de l'Etat cette somme à lui verser.
Il soutient que la décision attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions des articles R. 431-14 et L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il a sollicité la délivrance d'une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de parent d'une enfant française.
Les parties ont été informées, par un courrier du 6 août 2024, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête à fin d'annulation de la décision du 22 novembre 2023 délivrant à M. B une autorisation provisoire de séjour en tant qu'elle n'est pas assortie d'une autorisation de travail ainsi que sur les conclusions accessoires à fin d'injonction sous astreinte, lesquelles sont devenues sans objet, dès lors qu'il est constant que, par un arrêté du 28 décembre 2023, le préfet du Val-d'Oise a expressément refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 août 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au non-lieu à statuer, dès lors que le requérant a fait l'objet le 28 décembre 2023 d'un arrêté portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement, sur proposition du rapporteur public, a dispensé ce dernier de présenter des conclusions sur cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1 du code de justice administrative.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Saïh, rapporteure.
- les observations de Me Sangue, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain né le 2 août 1989, est entré sur le territoire français le 4 juillet 2014, selon ses déclarations. Par un arrêté du 19 avril 2021, le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Cet arrêté a été annulé par un jugement n°2105325 du 8 juin 2021, le magistrat désigné du tribunal administratif de céans ayant enjoint au préfet du Val-d'Oise de réexaminer la situation de M. B. Dans le cadre de ce réexamen, M. B s'est vue délivrer le 7 juillet 2022 un récépissé demande de délivrance d'un premier titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de parent d'enfant français. Le requérant a bénéficié du renouvellement de son récépissé de demande de titre de séjour valant autorisation provisoire de séjour mais sans autorisation de travail dont le dernier, délivré le 22 novembre 2023, a expiré le 21 février 2024. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler la décision du préfet du Val-d'Oise du 22 novembre 2023 lui délivrant une autorisation provisoire de séjour en tant qu'elle n'est pas assortie d'une autorisation de travail.
Sur l'aide juridictionnelle :
2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 28 décembre 2023, le préfet du Val-d'Oise a expressément refusé de délivrer une carte de séjour à M. B. Dans ces conditions, les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision du préfet du Val-d'Oise du 22 novembre 2023 lui délivrant une autorisation provisoire de séjour en tant qu'elle n'est pas assortie d'une autorisation de travail sont devenues sans objet, tout comme ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte. Par suite, il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur les frais liés au litige :
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction présentées par M. B à l'encontre de la décision du préfet du Val-d'Oise du 22 novembre 2023 lui délivrant une autorisation provisoire de séjour en tant qu'elle n'est pas assortie d'une autorisation de travail.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
T. Bertoncini, président,
Mme Saïh, première conseillère,
M. Jacquinot, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
La rapporteure,
Signé
Z. Saïh
Le président,
Signé
T. Bertoncini La greffière,
Signé
N. Magen
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.