Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2315850

jeudi 3 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2315850
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation11ème Chambre
Avocat requérantBERTRAND

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de Mme A épouse B, ressortissante algérienne, qui contestait un arrêté préfectoral du 10 novembre 2023 lui refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire et fixant le pays de renvoi. La requérante invoquait notamment l'incompétence de l'auteur de l'acte, un défaut de motivation et une erreur manifeste d'appréciation de sa situation privée et familiale. Le tribunal a écarté ces moyens, jugeant la délégation de signature régulière, la motivation suffisante, et l'absence d'insertion sociale ou professionnelle notable ne permettant pas de caractériser une erreur d'appréciation au regard de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. La demande d'annulation et les conclusions accessoires ont donc été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 25 novembre 2023

et 13 janvier 2024, Mme C A épouse B, représentée par Me Bertrand, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 novembre 2023, par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise, à titre principal de lui délivrer un certificat de résidence algérien d'un an ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application de l'article

L.761-1 du code de justice administrative.

Mme A épouse B soutient que :

Sur l'arrêté dans son ensemble :

- il a été pris par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa vie privée et familiale.

Le 17 avril 2024, le préfet du Val-d'Oise a produit des pièces non-communiquées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bocquet, conseillère ;

- et les observations de Me Bertand, représentant Mme A épouse B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C A épouse B, ressortissante algérienne née le 16 août 1984, est entrée en France le 1er août 2018 sous couvert d'un visa valable du 20 juillet 2018 au

25 janvier 2019. Le 13 juillet 2022, l'intéressée a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 10 novembre 2023, le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par la présente requête, Mme A épouse B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :

2. Par un arrêté n°23-014 du 22 février 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Val-d'Oise le même jour et librement accessible tant aux parties qu'au juge, le préfet du Val-d'Oise a donné délégation à Mme D, adjointe au directeur des migrations et de l'intégration de la préfecture, à l'effet de signer toutes décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français avec fixation d'un pays de destination. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée manque ainsi en fait et doit, par suite, être écarté.

3. L'arrêté litigieux comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

4. Mme A épouse B soutient qu'elle réside en France depuis août 2018 et qu'elle est mère de trois enfants scolarisés en France. Toutefois, d'une part, la requérante ne se prévaut d'aucune insertion sociale ou professionnelle particulière. D'autre part, le seul fait d'être parent d'enfants scolarisés en France ne suffit pas à justifier d'un droit au séjour, la requérante ne faisant état d'aucun obstacle à la reconstitution de son foyer familial en Algérie, l'intéressée ayant en outre indiqué dans la fiche de salle que son conjoint est présent en France en situation irrégulière. Enfin, la requérante ne démontre pas être dépourvue d'attaches dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de trente-quatre ans au moins. Dans ces conditions, Mme A épouse B n'est pas fondée à soutenir que le préfet du Val-d'Oise aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa vie privée et familiale en refusant de l'admettre au séjour.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A épouse B doivent être rejetées. Par suite, doivent également être rejetées les conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles relatives aux frais de l'instance.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A épouse B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A épouse B et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. d'Argenson, président,

M. Robert, premier conseiller,

Mme Bocquet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.

La rapporteure,

signé

P. Bocquet

Le président,

signé

P.-H. d'ArgensonLe greffier,

signé

V. Guillaume

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2315850