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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2315975

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2315975

mardi 31 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2315975
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème Chambre
Avocat requérantGAIA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête en annulation de la délibération du 28 septembre 2023 révisant le plan local d'urbanisme (PLU) de Domont. Le tribunal a jugé que la commune, membre de la communauté d'agglomération Plaine Vallée, était compétente pour réviser son PLU, conformément aux articles L. 153-8 du code de l'urbanisme et L. 5216-5 du code général des collectivités territoriales. Il a également estimé que les autres moyens soulevés, notamment ceux relatifs à la procédure, n'étaient pas fondés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés le 28 novembre 2023, le 11 février 2025 et le 16 avril 2025, M. C... D..., Mme E... D... et la société civile immobilière (SCI) Soc Immobilière Longpré-Domont, représentés par l’AARPI Chatain & associés, demandent au tribunal :

1°) d’annuler pour excès de pouvoir la délibération du 28 septembre 2023 par laquelle le conseil municipal de la commune de Domont a révisé le plan local d’urbanisme de la commune ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Domont la somme de 6 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :
- la délibération attaquée est entachée d’incompétence ;
- elle est illégale en raison du non-respect des modalités de concertation définies par le conseil municipal ;
- l’évaluation environnementale du 10 février 2021 présente un caractère insuffisant ; le rapport de présentation l’est donc ainsi également et cette insuffisance a nui à la bonne information du public ; une nouvelle enquête publique était ainsi nécessaire ;
- les personnes concernées n’ont pas été associées ;
- l’enquête publique présente un caractère insuffisant ;
- les conclusions du commissaire enquêteur sont insuffisamment motivées ;
- la délibération méconnait les articles L. 151-19 et L. 151-23 du code de l’urbanisme ;
- le règlement écrit du plan local d'urbanisme comporte des contradictions avec le projet d’aménagement et de développement durable (PADD) et le cahier des recommandations architecturales ;
- le mémoire en défense produit par la commune de Domont est irrecevable.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 5 décembre 2024, 17 mars 2025 et 27 mai 2025, la commune de Domont, représentée par la SELARL Gaia, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- l’information du public a été suffisante ; l’absence de respect de l’ensemble des modalités de concertation de la population définies par le conseil municipal n’a pas exercé une influence sur le sens de la décision prise ou privé les requérants d'une garantie ;
- le moyen tiré de ce que l'avis d'une personne publique associée consultée sur le projet de plan local d'urbanisme arrêté aurait été émis par l'exécutif et non l'organe délibérant est inopérant ;
- les autres moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

La clôture de l’instruction a été fixée au 28 mai 2025.

Par un courrier du 28 janvier 2026, la production d’une pièce a été demandée auprès de la commune de Domont en application de l’article R. 613-1-1 du code de justice administrative.

La pièce demandée a été produite par la commune de Domont le 9 février 2026, et communiquée le lendemain.

Les requérants ont produit des observations sur cette pièce complémentaire le 16 février 2026.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Jacquinot, rapporteur,
- les conclusions de Mme Chaufaux, rapporteure publique,
- les observations de Me Phan, représentant les requérants,
- les observations de Me Pasquio, représentant la commune de Domont.

Une note en délibéré, produite par l’AARPI Chatain & associés dans l’intérêt des requérants, a été enregistrée le 12 mars 2026 et n’a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

Par une délibération en date du 28 septembre 2023, le conseil municipal de la commune de Domont a approuvé la révision du plan local d’urbanisme de la commune. M. et Mme D... et F... demandent au tribunal l’annulation de cette délibération.

Sur la recevabilité des écritures en défense de la commune de Domont :

Aux termes de l’article L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales : « Le maire peut, en outre, par délégation du conseil municipal, être chargé, en tout ou partie, et pour la durée de son mandat : (…) 16° D’intenter au nom de la commune les actions en justice ou de défendre la commune dans les actions intentées contre elle, dans les cas définis par le conseil municipal (…) ». Selon l’article L. 2132-2 du même code : « Le maire, en vertu de la délibération du conseil municipal, représente la commune en justice. ».

Par une délibération n°2020-041 du 26 mai 2020, le conseil municipal de Domont a habilité le maire à défendre la commune dans les actions intentées contre elle. Il n’y a donc pas lieu d’écarter des débats les écritures en défense présentées par la commune de Domont et signées par son maire dûment habilité à cet effet.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

En premier lieu, aux termes de l’article L. 153-8 du code de l’urbanisme : « Le plan local d'urbanisme est élaboré à l'initiative et sous la responsabilité de : / 1° L'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière de plan local d'urbanisme, de document d'urbanisme en tenant lieu et de carte communale, en collaboration avec les communes membres.(...) ; / 2° La commune lorsqu'elle n'est pas membre d'un tel établissement public, le cas échéant en collaboration avec l'établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre dont elle est membre ». L’article L. 153-8 du même code dispose que : « La révision est prescrite par délibération de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale ou du conseil municipal. ». Aux termes de l’article L. 5216-5 du code général des collectivités territoriales : « I.- La communauté d'agglomération exerce de plein droit au lieu et place des communes membres les compétences suivantes : / (…) / 2° En matière d'aménagement de l'espace communautaire : schéma de cohérence territoriale et schéma de secteur ; plan local d'urbanisme (…) ». Aux termes de l’article 136 de la loi du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové : « II. - La communauté de communes ou la communauté d'agglomération existant à la date de publication de la présente loi, ou celle créée ou issue d'une fusion après la date de publication de cette même loi, et qui n'est pas compétente en matière de plan local d'urbanisme, de documents d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale le devient le lendemain de l'expiration d'un délai de trois ans à compter de la publication de ladite loi. Si, dans les trois mois précédant le terme du délai de trois ans mentionné précédemment, au moins 25 % des communes représentant au moins 20 % de la population s'y opposent, ce transfert de compétences n'a pas lieu. / Si, à l'expiration d'un délai de trois ans à compter de la publication de la présente loi, la communauté de communes ou la communauté d'agglomération n'est pas devenue compétente en matière de plan local d'urbanisme, de documents d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, elle le devient de plein droit le premier jour de l'année suivant l'élection du président de la communauté consécutive au renouvellement général des conseils municipaux et communautaires, sauf si les communes s'y opposent dans les conditions prévues au premier alinéa du présent II. (…) ». Enfin l’article 5 de la loi n° 2021-160 du 15 février 2021 prorogeant l’état d’urgence sanitaire dispose que : « Pour l'année 2021, par dérogation aux deux premiers alinéas du II de l'article 136 de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové, le délai dans lequel au moins 25 % des communes représentant au moins 20 % de la population peuvent s'opposer au transfert à la communauté de communes ou à la communauté d'agglomération de la compétence en matière de plan local d'urbanisme, de documents d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale court du 1er octobre 2020 au 30 juin 2021. ».

Il ressort des pièces du dossier que les conseils municipaux d’Andilly, d’Attainville, de Bouffemont, de Montmorency et de Domont se sont opposés, antérieurement au 30 juin 2021, au transfert de la compétence « plan local d'urbanisme » à la communauté d’agglomération Plaine Vallée. Ces oppositions concernent au moins 25 % des communes représentant au moins 20 % de la population de cette communauté d’agglomération, de telle sorte que la compétence « plan local d'urbanisme » ne lui a été transférée. Par ailleurs, la commune de Domont produit également, outre sa propre délibération, les délibérations des communes de Montmorency, Deuil-la-Barre et Groslay refusant ce transfert de compétence au cours de la période antérieure, à savoir 2017. Dans ces conditions, la commune de Domont était bien compétente afin d’adopter la révision de son plan local d'urbanisme.

En deuxième lieu, aux termes de l’article L. 103-2 du code de l'urbanisme applicable au présent litige : « Font l'objet d'une concertation associant, pendant toute la durée de l'élaboration du projet, les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées : / 1° Les procédures suivantes : / a) L'élaboration et la révision du schéma de cohérence territoriale et du plan local d'urbanisme ; (…) ». L’article L. 103-3 du même code dispose que : « Les objectifs poursuivis et les modalités de la concertation sont précisés par : (…) / 3° L'organe délibérant de la collectivité ou de l'établissement public dans les autres cas. ».

Le vice affectant la procédure de concertation n’est de nature à entacher d’irrégularité la procédure d’élaboration du projet de plan local d’urbanisme que s’il a été susceptible d’exercer une influence sur le sens de la délibération approuvant le projet ou s’il a privé le public d’une garantie.

En l’espèce, il ressort des pièces du dossier que les modalités de la concertation de la révision du plan local d'urbanisme de la commune de Domont ont été prescrites par une délibération du 28 juin 2018. Cette délibération prévoit notamment que « Une page internet dédiée à la révision du plan local d'urbanisme sera intégrée sur le site web de la Ville. Cette page internet fera état des dates et lieux des autres modalités de concertation ». S’il est constant que la page dédiée du site web de la ville à la révision du plan local d'urbanisme n’a répertorié qu’a posteriori les dates et lieux de concertation, il ressort des pièces du dossier que ces informations ont été publiées sur le site internet de la commune, dans la rubrique « Evènements » de ce site, s’agissant en particulier de deux réunions publiques qui se sont tenues à la salle des fêtes et au gymnase Charles de Gaulle. En outre, eu égard à l’affluence constatée par la commune de Domont s’agissant de ces réunions publiques, notamment une centaine d’habitants concernant la deuxième réunion, qui n’est pas contestée par les requérants, le choix finalement retenu par la commune d’effectuer des publications spécifiques à chaque réunion n’apparait pas, dans les circonstances de l’espèce, comme ayant impacté négativement la fréquentation desdites réunions. Dans ces conditions, le vice affectant la procédure de concertation tiré du non-respect des modalités de concertation définies dans la délibération du 28 juin 2018 n’a pas été susceptible d’exercer une influence sur le sens de la délibération approuvant le projet et n’a pas privé le public d’une garantie. Ce moyen doit donc être écarté.

En troisième lieu, aux termes de L. 104-4 du code de l'urbanisme : « Le rapport de présentation des documents d'urbanisme mentionnés aux articles L. 104-1 et L. 104-2 : / 1° Décrit et évalue les incidences notables que peut avoir le document sur l'environnement ; / 2° Présente les mesures envisagées pour éviter, réduire et, dans la mesure du possible, compenser ces incidences négatives ; / 3° Expose les raisons pour lesquelles, notamment du point de vue de la protection de l'environnement, parmi les partis d'aménagement envisagés, le projet a été retenu. ». Aux termes de l’article R. 151-3 du code de l’urbanisme : « Au titre de l’évaluation environnementale, le rapport de présentation : (…) 2° Analyse l’état initial de l’environnement et les perspectives de son évolution en exposant, notamment, les caractéristiques des zones susceptibles d’être touchées de manière notable par la mise en œuvre du plan ; (…) 3° Analyse les incidences notables probables de la mise en œuvre du plan sur l’environnement, notamment, s’il y a lieu, sur la santé humaine, la population, la diversité biologique, la faune, la flore, les sols, les eaux, l’air, le bruit, le climat, le patrimoine culturel architectural et archéologique et les paysages et les interactions entre ces facteurs, et expose les problèmes posés par l’adoption du plan sur la protection des zones revêtant une importance particulière pour l’environnement, en particulier l’évaluation des incidences Natura 2000 mentionnée à l’article L. 414-4 du code de l’environnement ; / 4° Explique les choix retenus mentionnés au premier alinéa de l’article L. 151-4 au regard notamment des objectifs de protection de l’environnement établis au niveau international, communautaire ou national, ainsi que les raisons qui justifient le choix opéré au regard des solutions de substitution raisonnables tenant compte des objectifs et du champ d’application géographique du plan ; / 5° Présente les mesures envisagées pour éviter, réduire et, si possible, compenser, s’il y a lieu, les conséquences dommageables de la mise en œuvre du plan sur l’environnement ; / 6° Définit les critères, indicateurs et modalités retenus pour l’analyse des résultats de l’application du plan mentionnée à l’article L. 153-27 et, le cas échéant, pour le bilan de l’application des dispositions relatives à l’habitat prévu à l’article L. 153-29. Ils doivent permettre notamment de suivre les effets du plan sur l’environnement afin d’identifier, le cas échéant, à un stade précoce, les impacts négatifs imprévus et envisager, si nécessaire, les mesures appropriées ; / 7° Comprend un résumé non technique des éléments précédents et une description de la manière dont l’évaluation a été effectuée. / Le rapport de présentation au titre de l’évaluation environnementale est proportionné à l’importance du plan local d’urbanisme, aux effets de sa mise en œuvre ainsi qu’aux enjeux environnementaux de la zone considérée. (…) ».

Les inexactitudes, omissions ou insuffisances d’un rapport environnemental ne sont susceptibles de vicier la procédure, et donc d’entraîner l’illégalité de la décision prise au vu de ce rapport, que si elles ont pu avoir pour effet de nuire à l’information complète de la population ou si elles ont été de nature à exercer une influence sur la décision de l’autorité administrative.

Il ressort des pièces du dossier qu’une évaluation environnementale d’une centaine de pages hors annexes a été réalisée dans le cadre de la révision du plan local d'urbanisme de la commune de Domont, a été annexée au rapport de présentation du plan local d'urbanisme du 8 décembre 2022, qui en restitue la teneur, notamment au travers du diagnostic territorial. L’avis de la mission régionale d’autorité environnementale Ile-de-France, émis le 16 mars 2023, souligne, s’agissant de qualité du dossier et de la démarche d’évaluation environnementale, que celle-ci « répond globalement, en termes de contenu, aux obligations prescrites par le code de l’urbanisme (article R.151-3), à l’exception de l’existence d’un résumé non technique permettant de rendre accessible l’évaluation environnementale par le public, ainsi que d’une étude des « solutions de substitution raisonnables tenant compte des objectifs et du champ d'application géographique du plan ». Toutefois, si un résumé non-technique n’a pas été produit lors de l’évaluation environnementale, et n’était donc pas présent dans le rapport de présentation présenté au public, le diagnostic territorial présenté au public est rédigé de manière claire et compréhensible, le rapport établi au titre de l’évaluation environnementale présentant un faible niveau de technicité, se trouvant largement illustré et comportant de nombreux tableaux de synthèse. Par ailleurs, il ressort du dossier d’enquête publique qu’aucune observation du public n’a critiqué cette évaluation, le public n’ayant ni relevé l’absence d’une étude non-technique, ni indiqué que l’évaluation environnementale était incompréhensible, ni présenté des remarques sur les autres insuffisances soulevées dans l’avis du 16 mars 2023. A cet égard, les observations présentées par la mission régionale d’autorité environnementale Ile-de-France, sur des points précis et techniques, si elles relèvent des points d’amélioration et formule des recommandations, ne sont pas de nature à permettre de considérer que l’évaluation environnementale réalisée comporterait un caractère insuffisant afin de permettre une bonne information du public. Enfin, il est constant que la commune de Domont a fait réaliser un résumé non-technique de son étude environnementale qui a été ajouté en août 2023 au rapport de présentation, cet ajout ne révélant pas la réalisation d’une nouvelle étude environnementale, de telle sorte que les conseillers municipaux en ont disposé lors de l’approbation du plan local d’urbanisme querellé. Dans ces conditions, ni ces insuffisances, ni l’absence d’étude non-technique, n’ont été de nature à nuire à la bonne information du public ou à exercer une influence sur le sens de la décision prise. Il s’ensuit que le moyen tiré de l’insuffisance du rapport de présentation au titre de l’évaluation environnementale doit être écarté.

En quatrième lieu, aux termes de l’article L. 153-40 du code de l’urbanisme « avant l'ouverture de l'enquête publique ou avant la mise à disposition du public du projet, le président de l'établissement public de coopération intercommunale ou le maire notifie le projet de modification aux personnes publiques associées mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-9. Le projet est également notifié aux maires des communes concernées par la modification » et aux termes de l’article L. 153-16 du même code : « Le projet de plan arrêté est soumis pour avis : / Aux personnes publiques associées à son élaboration mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-9 ». Par ailleurs, l’article R.153-4 du code de l’urbanisme dispose que « Les personnes consultées en application des articles L. 153-16 et L. 153-17 donnent un avis dans les limites de leurs compétences propres, au plus tard trois mois après transmission du projet de plan. / A défaut de réponse dans ce délai, ces avis sont réputés favorables ». En outre, aux termes de l’article L. 132-11 de code de l’urbanisme, les personnes publiques associées « émettent un avis, qui est joint au dossier d’enquête publique ». Enfin, aux termes de l’article R. 153-8 du même code : « Le dossier soumis à l'enquête publique est composé des pièces mentionnées à l'article R. 123-8 du code de l'environnement et comprend, en annexe, les différents avis recueillis dans le cadre de la procédure ».

D’une part, il ressort des pièces du dossier que la Chambre des métiers du Val d’Oise, la Chambre de commerce et d’industrie du Val d’Oise, et la Société nationale des chemins de fer (SNCF) ont bien été consultés sur le projet de plan arrêté en application de l’article L. 153-16 du code de l'urbanisme précité, la circonstance que le pli adressé à la SNCF ait été refusé étant sans incidence sur la validité de cette consultation .

D’autre part, il est constant que l’avis d’Ile-de-France Mobilités (IDFM), autorité organisatrice des transports, n’a pas été sollicitée dans le cadre de la révision du plan local d'urbanisme de la commune de Domont contrairement aux prescriptions de l’article L. 153-16 du code de l'urbanisme, les dispositions de l’article L. 153-13 de ce code n’étant pas applicable en l’espèce. Toutefois, s’il ressort du rapport de présentation que la commune de Domont est effectivement desservie par une gare caractérisée comme « pôle de desserte des secteurs denses », en raison de sa fréquentation et du mode de transport utilisé pour y accéder, le projet d’aménagement et de développement durable (PADD) du plan local d’urbanisme ne fixe pour autant aucun objectif spécifique relatif au développement de cette gare ou des lignes de bus desservant la commune. A cet égard, ce PADD vise uniquement le développement des mobilités douces en contribuant au déploiement d’un réseau de liaisons douces afin de favoriser le développement du vélo ou de la marche sur le territoire, enjeu su lequel les personnes publiques associées, dont la région Ile-de-France, ont été consultées. Ce faisant, dans les circonstances particulières de l’espèce, compte tenu des objectifs très limités de la commune de Domont en matière de mobilités, l’absence de consultation de l’autorité organisatrice des transports n’a pas eu d’influence sur le sens de la délibération attaquée et n’a privé le public ou les collectivités concernées d’aucune garantie.

Enfin la circonstance que le maire de la commune d’Ezanville ait transmis des observations sur le projet de révision du plan local d'urbanisme le 9 février 2023 alors que le conseil municipal n’a pas délibéré en ce sens est sans incidence, l’avis de cette commune étant, sans délibération de la part de son conseil municipal, réputé favorable.

En cinquième lieu, aux termes de l’article L. 153-19 du code de l’urbanisme : « Le projet de plan local d'urbanisme arrêté est soumis à enquête publique réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement par le président de l'établissement public de coopération intercommunale ou le maire. ». Selon l’article L. 123-10 du code de l’environnement : « I.- Quinze jours au moins avant l'ouverture de l'enquête et durant celle-ci, l'autorité compétente pour ouvrir et organiser l'enquête informe le public. L'information du public est assurée par voie dématérialisée et par voie d'affichage sur le ou les lieux concernés par l'enquête, ainsi que, selon l'importance et la nature du projet, plan ou programme, par voie de publication locale. / Cet avis précise : / -l'objet de l'enquête ; / -la ou les décisions pouvant être adoptées au terme de l'enquête et des autorités compétentes pour statuer ; / -le nom et les qualités du commissaire enquêteur ou des membres de la commission d'enquête ; / -la date d'ouverture de l'enquête, sa durée et ses modalités ; / -l'adresse du ou des sites internet sur lequel le dossier d'enquête peut être consulté ; / -le (ou les) lieu (x) ainsi que les horaires où le dossier de l'enquête peut être consulté sur support papier et le registre d'enquête accessible au public ; / -le ou les points et les horaires d'accès où le dossier de l'enquête publique peut être consulté sur un poste informatique ; / -la ou les adresses auxquelles le public peut transmettre ses observations et propositions pendant le délai de l'enquête. S'il existe un registre dématérialisé, cet avis précise l'adresse du site internet à laquelle il est accessible. / L'avis indique en outre l'existence d'un rapport sur les incidences environnementales, d'une étude d'impact ou, à défaut, d'un dossier comprenant les informations environnementales se rapportant à l'objet de l'enquête, et l'adresse du site internet ainsi que du ou des lieux où ces documents peuvent être consultés s'ils diffèrent de l'adresse et des lieux où le dossier peut être consulté. Il fait état, lorsqu'ils ont été émis, de l'existence de l'avis de l'autorité environnementale mentionné au V de l'article L. 122-1 et à l'article L. 122-7 du présent code ou à l'article L. 104-6 du code de l'urbanisme, et des avis des collectivités territoriales et de leurs groupements mentionnés au V de l'article L. 122-1 du présent code, ainsi que du lieu ou des lieux où ils peuvent être consultés et de l'adresse des sites internet où ils peuvent être consultés si elle diffère de celle mentionnée ci-dessus. (…) ». L’article R. 153-8 du code de l’urbanisme précise que : « Le dossier soumis à l'enquête publique est composé des pièces mentionnées à l'article R. 123-8 du code de l'environnement (…) ». L’article R. 123-8 du code de l’environnement dispose que : « 1° Lorsqu’ils sont requis : / a) L’étude d’impact et son résumé non technique (…) / c) L’avis de l’autorité environnementale (…) ainsi que la réponse écrite du maître d’ouvrage à l’avis de l’autorité environnementale (…) ». Enfin, l’article R. 123-13 du code l’environnement dispose que « I.- Pendant la durée de l'enquête, le public peut consigner ses observations et propositions sur le registre d'enquête, établi sur feuillets non mobiles, coté et paraphé par le commissaire enquêteur ou un membre de la commission d'enquête, tenu à sa disposition dans chaque lieu d'enquête ou sur le registre dématérialisé si celui-ci est mis en place. (…) Les observations et propositions du public transmises par voie électronique sont consultables sur le registre dématérialisé ou, s'il n'est pas mis en place, sur le site internet mentionné au II de l'article R. 123-11 dans les meilleurs délais. ».

S’il appartient à l’autorité administrative de procéder à l’enquête publique dans les conditions fixées par les dispositions du code de l’environnement précédemment citées, la méconnaissance de ces dispositions n’est toutefois de nature à vicier la procédure et donc à entraîner l’illégalité de la décision prise à l’issue de l’enquête publique que si elle n’a pas permis une bonne information de l’ensemble des personnes intéressées par l’opération ou si elle a été de nature à exercer une influence sur les résultats de l’enquête et, par suite, sur la décision de l’autorité administrative.

D’une part, en ce qui concerne l’avis d’enquête publique, il ressort des pièces du dossier que l’avis d’enquête publique précise que le dossier était accessible, soit sur format papier, en mairie aux heures et jours habituels d’ouverture, soit sur le site internet de la commune. Si aucun poste informatique n’a été mis à disposition du public, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette circonstance ait nui à la bonne information du public, la consultation du dossier sous format papier ayant été possible, dès lors qu’il n’est pas contesté qu’aucun habitant n’a sollicité la consultation du dossier en format dématérialisé à la mairie. En outre, si cet avis ne mentionne pas que la révision du plan local d’urbanisme était soumise à évaluation environnementale, et ne précise pas les modalités de sa consultation, l’arrêté d’ouverture d’enquête publique le mentionne en son article 7, cette étude figurant effectivement dans le dossier d’enquête publique ainsi qu’il a été dit précédemment. Dans ces conditions, et dans les circonstances particulières de l’espèce, si aucun poste informatique n’a été mis à la disposition du public et si l’avis d’enquête publique ne précisait pas l’existence d’une étude environnementale, ces circonstances n’ont pas empêché une bonne information de l’ensemble des personnes intéressées par l’opération ou n’ont pas été de nature à exercer une influence sur les résultats de l’enquête et, par suite, sur la décision de l’autorité administrative.

D’autre part, en ce qui concerne le dossier soumis à enquête publique, les inexactitudes, omissions ou insuffisances affectant le dossier soumis à enquête publique ne sont susceptibles de vicier la procédure et ainsi d’entacher d’irrégularité la décision prise à l'issue de l'enquête publique que si elles ont eu pour effet de nuire à l’information complète de la population ou si elles ont été de nature à exercer une influence sur la décision de l’autorité administrative.

Il est vrai, ainsi qu’il a été dit précédemment, qu’un résumé non-technique de l’évaluation environnementale n’était pas disponible au dossier d’enquête publique et que la réponse écrite du maître d'ouvrage à l'avis de l'autorité environnementale n’a été jointe au dossier d’enquête publique que le 22 mai 2023, soit la veille de la date à laquelle l’enquête publique prenait fin. Il ressort des pièces du dossier que 29 personnes ont été reçues en permanence, qui ont été tenues pendant quatre jours par le commissaire-enquêteur, que 18 observations, courriels, lettres et autres documents ont été déposés par le public, et qu’une quinzaine de personne se sont déplacées en réunion publique. Sur l’ensemble des observations produites par le public et posées au cours de la réunion publique, cinq ont évoqué la question de la qualité ou de la complétude du dossier d’enquête publique. A cet égard, les requérants, qui ont participé au cours de cette enquête publique, ont-ils regrettés l’absence de précisions suffisantes, notamment, sur les qualificatifs de parc urbain ou sur les justifications apportées par le projet de classement sur leurs biens. Une autre participante a relevé l’utilisation excessive de jargon par le projet d’aménagement et de développement durable. Une société, assistée par un avocat, a relevé le caractère peu lisible de certains plans du rapport de représentation et l’insuffisance de la légende du règlement graphique. Au cours de la réunion publique, un participant a demandé l’emplacement des avis des personnes publiques consultées. Enfin, un autre participant a au contraire souligné la qualité des documents du dossier et a suggéré de les verser à la médiathèque. Par ailleurs, il ressort de la teneur de ces observations, comme des treize autres, que le public a été, le cas échéant grâce à l’assistance du commissaire-enquêteur lors des permanences, en mesure de comprendre avec précision les enjeux du plan local d’urbanisme pour les terrains les intéressant, la majorité des participations du public ayant eu pour objet de s’enquérir de la situation de leur terrain, sur l’impact des possibilités de construire de l’évolution du plan local d'urbanisme, et des demandes d’ajustement. Aucune de ces participations n’a évoqué la question de l’étude environnementale, dont la teneur, tel que dit précédemment, a été retranscrite au travers du diagnostic territorial.
Il en résulte que, s’agissant de l’absence de résumé non-technique du rapport environnemental, et pour les motifs rappelés au point 11 ci-dessus, celle-ci n’a pas été de nature à nuire à l’information complète de la population ni à exercer une influence sur les résultats de l'enquête et, par suite, sur la décision de l’autorité administrative. Il en va de même de l’intégration tardive dans le dossier d’enquête publique de la réponse de la commune à l’avis de l’autorité environnementale, cette réponse étant de surcroît succincte, la commune se bornant à apporter brièvement les précisions demandées et s’engageant à compléter certains points. Dès lors, dans les circonstances particulières de l’espèce, les manquements affectant le dossier d’enquête publique n’ont pas eu pour effet de nuire à l’information de l’ensemble des personnes intéressées par l’opération, et n’ont pas été de nature à exercer une influence sur les résultats de l’enquête et, par suite, sur la décision de l’autorité administrative.

Enfin, s’agissant des observations transmises par voie électronique, celles-ci n’étaient pas accessibles sur internet mais uniquement annexées au registre papier consultable en mairie contrairement à ce que prévoit l’article R. 123-13 du code de l’environnement. Toutefois, l’ensemble des observations du public, qu’elles aient été formulées sur le registre papier ou par voie électronique, ont été annexées au registre papier. Par ailleurs, il ressort du rapport du commissaire enquêteur que les observations et propositions transmises par voie électronique se limitent à quatre courriels qui pour trois d’entre eux, dont celui des requérants, concernent exclusivement la constructibilité des parcelles dont ils sont propriétaires ou envisagent d’acquérir et revêtent donc un caractère purement personnel. Quant au dernier courriel émanant de M. A..., il demande à ce que l’isolation thermique par l’extérieur soit autorisée pour les bâtiments de typologie « grands ensembles de l’après-guerre jusqu’aux années 1970 ». Or, elle a donné lieu à une modification du plan local d’urbanisme sur ce point afin de ne pas proscrire l’isolation par l’extérieur pour les bâtiments relevant de cette typologie. Dans ces conditions, la seule circonstance que ces observations n’aient pas été accessibles sur internet n’a pas eu pour effet de nuire à l’information de l’ensemble des personnes intéressées par l’opération, et n’a pas été de nature à exercer une influence sur les résultats de l’enquête et, par suite, sur la décision de l’autorité administrative.

En sixième lieu, aux termes de l’article L. 123-15 du code de l’environnement : « Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête rend son rapport et ses conclusions motivées dans un délai de trente jours à compter de la fin de l'enquête. (…) Le rapport doit faire état des observations et propositions qui ont été produites pendant la durée de l'enquête (…) ». L’article R. 123-19 du même code dispose que : « Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête établit un rapport qui relate le déroulement de l'enquête et examine les observations recueillies. (…) Le rapport comporte le rappel de l'objet du projet, plan ou programme, la liste de l'ensemble des pièces figurant dans le dossier d'enquête, une synthèse des observations du public, une analyse des propositions produites durant l'enquête et, le cas échéant, les observations du responsable du projet, plan ou programme en réponse aux observations du public. (…) Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête consigne, dans une présentation séparée, ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet. ».

Si ces dispositions n’impliquent pas que le commissaire enquêteur soit tenu de répondre à chacune des observations présentées lors de l’enquête, elles l’obligent néanmoins à indiquer, au moins sommairement et en donnant son avis personnel, les raisons qui déterminent le sens de celui-ci.

Il ressort des pièces du dossier que le rapport du commissaire-enquêteur du 22 juin 2023, de 77 pages hors annexes, examine de manière approfondie de nombreuses observations du public, l’avis du préfet du Val-d'Oise, de la mission régionale de l’autorité environnementale, et de huit personnes publiques associées, notamment le conseil départemental du Val d’Oise ou celles portées par le centre national de la propriété forestière. Si le rapport du commissaire-enquêteur n’analyse pas les observations formulées par la région Ile-de-France du 28 avril 2023, outre des observations techniques, il a uniquement observé que « le PLU gagnerait à être complété par une OAP thématique relative aux mobilités douces pour procéder à une identification de ces linéaires et préciser leur programmation et priorisation à court et moyen termes » et que le diagnostic foncier pourrait utilement préciser les objectifs en matière de développement de population et mentionner le nombre de logements à construire. Toutefois, ces deux observations rejoignent celles faites par la mission régionale de l’autorité environnementale et d’autres personnes publiques associées sur les mobilités alternatives, auxquelles le rapport du commissaire enquêteur répond. Concernant l’avis du syndicat mixte pour la gestion et l’incinération des déchets urbains de la région de Sarcelles (Sigidurs), l’avis produit, d’une page seulement, se borne à préconiser une annexe sur la gestion des déchets. Partant il n’appelait aucune observation spécifique dès lors que cet avis était joint au dossier d’enquête et n’a fait l’objet d’aucune remarque. Enfin, les conclusions du rapport, si elles sont favorables, sont assorties de deux réserves et cinq recommandations sur les éléments structurants du projet, notamment la question de la densification des logements au niveau de la gare. Ainsi, le contenu et les conclusions du rapport traduisent un avis personnalisé et motivé, de telle sorte que le moyen tiré de ses insuffisances doit être écarté.

En septième lieu, aux termes de l’article L. 151-19 du code de l'urbanisme : « Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et identifier, localiser et délimiter les quartiers, îlots, immeubles bâtis ou non bâtis, espaces publics, monuments, sites et secteurs à protéger, à conserver, à mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs d'ordre culturel, historique ou architectural et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation leur conservation ou leur restauration. Lorsqu'il s'agit d'espaces boisés, il est fait application du régime d'exception prévu à l'article L. 421-4 pour les coupes et abattages d'arbres. ». L’article L. 151-23 du même code : « Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et délimiter les sites et secteurs à protéger pour des motifs d'ordre écologique, notamment pour la préservation, le maintien ou la remise en état des continuités écologiques et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation. Lorsqu'il s'agit d'espaces boisés, il est fait application du régime d'exception prévu à l'article L. 421-4 pour les coupes et abattages d'arbres. / Il peut localiser, dans les zones urbaines, les terrains cultivés et les espaces non bâtis nécessaires au maintien des continuités écologiques à protéger et inconstructibles quels que soient les équipements qui, le cas échéant, les desservent. ».

L’un et l’autre de ces articles, permettent au règlement d’un plan local d’urbanisme d’édicter des dispositions visant à protéger, mettre en valeur ou requalifier un élément du paysage dont l’intérêt le justifie. Le règlement peut notamment, à cette fin, instituer un cône de vue ou identifier un secteur en raison de ses caractéristiques particulières. La localisation de ce cône de vue ou de ce secteur, sa délimitation et les prescriptions le cas échéant définies, qui ne sauraient avoir de portée au-delà du territoire couvert par le plan, doivent être proportionnées et ne peuvent excéder ce qui est nécessaire à l’objectif recherché. Une interdiction de toute construction ne peut être imposée que s’il s’agit du seul moyen permettant d’atteindre l’objectif poursuivi.

Il ressort des pièces du dossier que le règlement écrit identifie, notamment, des prescriptions relatives au patrimoine bâti et aux arbres remarquables à protéger au titre de l’article L. 151-19 du code de l’urbanisme ainsi que des prescriptions relatives aux cœur d’îlot à protéger au titre de l’article L. 151-23 du code de l'urbanisme. Si le règlement graphique comporte une mention, s’agissant des cœurs d’ilot protégés, à l’article L. 151-19 du code de l'urbanisme, cette mention doit ainsi être regardée comme étant une erreur matérielle, d’ailleurs non relevée par les requérants.

Au titre de ces prescriptions particulières, les bâtiments appartenant aux requérants ont été identifiés comme patrimoine bâti à protéger, trois arbres ont été considérés comme remarquables, tandis que les espaces non bâtis leur appartenant ont dans leur majorité été qualifiés de cœur d’îlot à protéger.

D’une part, s’agissant des prescriptions architecturales prévues au titre de l’article L. 151-19 du code de l'urbanisme, l’article 5.6 du règlement écrit du plan local d'urbanisme prescrit, notamment, l’interdiction de la démolition des bâtiments, à l’exception des stratifications historiques parasitaires ou en cas d’ impératifs de sécurité et de salubrité dûment justifiés, autorise la modification partielle sur certains éléments secondaires et mineurs, sous réserve d’un projet d'ensemble visant la mise en valeur de l'immeuble, ou encore autorise sous conditions les constructions nouvelles contiguës ou ajoutées au bâtiment patrimonial. Ces prescriptions, qui n’ont pas pour objet l’interdiction totale de construction ou de modification des bâtiments, mais en délimitent les possibilités, sont proportionnées aux objectifs de protection du patrimoine de la commune, l’axe 1 du projet d’aménagement et de développement durable soulignant notamment que la commune entend porter une valorisation globale de son patrimoine bâti et urbain. Dans ces conditions, la teneur même des prescriptions architecturales du règlement du plan local d'urbanisme ne sont entachées d’aucune illégalité et présentent un caractère proportionné.

Toutefois, les requérants contestent le classement comme patrimoine bâti à protéger au titre de l’article L. 151-19 du code de l'urbanisme de la maison sise 1 rue du chemin vert. Seule une photographie aérienne de ce bâtiment est produite par la commune de Domont afin d’identifier cet immeuble au plan local d'urbanisme, et la révision du plan local d'urbanisme n’apporte aucun élément précis de nature à justifier sa protection, se bornant à faire référence à une « maison de ville ». En outre, à l’appui de ses écritures, la commune de Domont n’apporte pas d’explications précises quant à ce classement, se limitant à faire état de l’année de construction de cette maison, laquelle ne présente pourtant aucune caractéristique particulière au regard des photographies produites par les requérants. Dans ces conditions, en protégeant la maison appartenant aux requérants située 1 rue du chemin vert au titre de l’article L. 151-19 du code de l'urbanisme, la commune de Domont a commis une erreur manifeste d’appréciation.

D’autre part, s’agissant des arbres remarquables à protéger au titre de l’article L. 151-19 du code de l'urbanisme, le projet d’aménagement et de développement durable souligne dans son axe 1 souhaiter mettre en valeur l’ensemble des espaces végétalisés, de telle sorte que la protection d’arbres remarquables par le plan local d'urbanisme y est conforme, les prescriptions entourant les conditions de leur protection et de leur abattage étant également proportionnées. Si les requérants contestent que les arbres identifiés sur leurs parcelles présenteraient un caractère remarquable, soulignant la généralité des descriptions et notamment l’emploi de l’adjectif « variés », des erreurs dans l’identification de ces arbres et des difficultés dans leur identification parmi les arbres de leur parcelle, ils ne démontrent pas que ceux-ci, situés au sein du site inscrit « Massifs des trois forêts de Carnelle, l’Isle-Adam et Montmorency », ne présenteraient pas un caractère remarquable et ne participeraient pas à l’objectif de préservation du patrimoine communal paysager, alors que la commune de Domont identifie de manière suffisamment précise par son règlement graphique les arbres concernés. Cette protection au titre de l’article L. 151-19 du code de l'urbanisme n’est donc pas entachée d’erreur manifeste d’appréciation.

Enfin, s’agissant des cœurs d’ilot à protéger au titre de l’article L. 151-23 du code de l'urbanisme, l’article 5.11 du plan local d'urbanisme souligne que les espaces ainsi identifiés doivent « conserver leurs fonctionnalités écologiques et leur aspect végétal justifiant de leur intérêt ». La constructibilité au sein de ces ilots est effectivement très limitée, bien que permettant par exemple des piscines non couvertes, des petits abris de jardin démontables et des annexes dans des proportions limitées. Toutefois, ces prescriptions sont proportionnées aux objectifs poursuivis, conformément à l’article L. 151-23 du code de l'urbanisme de secteurs à protéger pour des motifs d'ordre écologique, tandis qu’elles sont compatibles avec les objectifs du projet d’aménagement et de développement durable, lequel souligne à son axe 3 l’importance de renforcer la présence de la nature en ville. Le secteur protégé au titre de l’article L. 151-23, propriété des requérants, s’il est vrai qu’il est situé en zone U du plan local d'urbanisme présente un caractère végétalisé et offre en ce point précis une concentration d’espace vert, selon la définition retenue au rapport de présentation du plan local d'urbanisme. Dans ces conditions, l’identification des parcelles litigieuses en cœur d’ilot à protéger n’est pas entachée d’erreur manifeste d’appréciation.

En huitième lieu, aux termes de l’article L. 151-18 du code de l’urbanisme, « Le règlement peut déterminer des règles concernant l’aspect extérieur des constructions neuves, rénovées ou réhabilitées, leurs dimensions, leurs conditions d’alignement sur la voirie et de distance minimale par rapport à la limite séparative et l’aménagement de leurs abords, afin de contribuer à la qualité architecturale, urbaine et paysagère, à la mise en valeur du patrimoine et à l’insertion des constructions dans le milieu environnant ». Aux termes de l’article R. 151-10 du code de l’urbanisme : « Le règlement est constitué d'une partie écrite et d'une partie graphique, laquelle comporte un ou plusieurs documents. / Seuls la partie écrite et le ou les documents composant la partie graphique du règlement peuvent être opposés au titre de l'obligation de conformité définie par l'article L. 152-1 ». Aux termes de l’article R. 151-11 du code l’urbanisme : « Les règles peuvent être écrites et graphique. / Lorsqu'une règle fait exclusivement l'objet d'une représentation dans un document graphique, la partie écrite du règlement le mentionne expressément. / Tout autre élément graphique ou figuratif compris dans la partie écrite du document est réputé constituer une illustration dépourvue de caractère contraignant, à moins qu'il en soit disposé autrement par une mention expresse ».

Ces dispositions ne font pas obstacle à ce que le règlement du plan local d’urbanisme renvoie à un « cahier de recommandations architecturales », adopté selon les mêmes modalités procédurales, le soin d’expliciter ou de préciser certaines des règles figurant dans le règlement auquel il s’incorpore. Un tel document ne peut toutefois être opposé aux demandes d’autorisation d’urbanisme que s’il y est fait expressément référence dans le règlement et que ce cahier se contente d’expliciter ou préciser, sans les contredire ni les méconnaître, des règles figurant déjà dans le règlement.

L’article U4 du règlement du plan local d'urbanisme de Domont dispose que : « Dès lors qu’une construction présente un intérêt architectural notamment de son ancienneté, des matériaux constructifs employés, de sa composition ou de son ordonnancement (se référer aux typologies présentées dans le cahier de prescriptions architecturales et paysagères), tous travaux réalisés, y compris les ravalements, doivent mettre en valeur les caractéristiques de ladite construction et ne pas réduire ou nuire les caractéristiques des éléments historiques et/ou architecturales des sites et bâtiments et/ou de son environnement. ». Ce cahier précise qu’il s’agit d’un « document à portée réglementaire » et qui « établit des prescriptions complémentaires », notamment s’agissant des bâtiments recensés au titre de l’article L. 151-19 du plan local d'urbanisme. Dans ces conditions, le règlement du plan local d'urbanisme renvoyant ainsi à ce cahier des prescriptions architecturales, ce dernier présente ainsi un caractère opposable aux demandes d’autorisations d’urbanismes. Les règles de ce cahier ne doivent, cependant, ni contredire ni méconnaître les règles figurant au règlement.

D’une part, l’interdiction d’installer des climatiseurs, paraboles, panneaux photovoltaïques et antennes « en façade », la recommandation, pour les grandes demeures bourgeoises et pour les maisons, de recommander de restituer les caractéristiques de la typologie qui auraient disparu et de restituer l’état d’origine des couvertures quand cela est possible ne méconnaissent ni ne contredisent pas les règles figurant au règlement du plan local d'urbanisme. Il en va de même de l’interdiction des isolations par l’extérieur, le règlement prévoyant à cet égard, pour les bâtiments protégés en application de l’article L. 151-19 du code de l'urbanisme, que « les matériaux et parements des constructions dont la typologie est présentée dans le cahier de prescriptions architecturales et paysagères doivent être maintenus à l’identique ».

D’autre part, en revanche, le cahier de prescriptions architecturales et paysagères de la commune de Domont prévoit que « Avant d’entreprendre toute intervention, il est obligatoire d’établir un diagnostic précis de l’état du bâti par un homme de l’art, (…) consulter un professionnel ou un organisme de conseil (Architecte, CAUE, Associations, Fondation du Patrimoine…) [et] désigner un maître d’œuvre pour tous travaux avec permission (conseil, définition des besoins, suivi...) ». Ces prescriptions n’ont pas pour objet de préciser ou d’expliciter les règles figurant au règlement du plan local d'urbanisme qui ne prévoit pas de telles dispositions qui au demeurant seraient illégales, le code de l’urbanisme n’imposant nullement de tels documents ou procédures, aucune habilitation législative ne permettant par ailleurs au règlement de les imposer. De même, les prescriptions relatives aux lucarnes et aux châssis de toit aux termes desquelles « Les lucarnes doivent être positionnées dans le tiers inférieur du toit, plus proche de l’égout que du faîtage / Elle doit avoir la même pente, (…) La largeur de la baie ne pourra pas être supérieure à la largeur du percement de la baie inférieure. Cette baie sera plus haute que large et ne dépassera pas en hauteur d’ouverture les 2/3 de celle des baies de l’étage inférieur » présentent un caractère contradictoire avec les dispositions de l’article UA 4 du règlement du plan local d'urbanisme. Ainsi, dans ces seules limites, les dispositions du cahier des prescriptions architecturales et paysagères de la commune de Domont est entaché d’illégalité.

En neuvième lieu, aux termes de l’article L. 151-8 du code de l’urbanisme : « Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d’aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d’utilisation des sols permettant d’atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3 ».

Pour apprécier la cohérence ainsi exigée au sein du plan local d’urbanisme entre le règlement et le projet d’aménagement et de développement durables, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d’une analyse globale le conduisant à se placer à l’échelle du territoire couvert par le document d’urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d’aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l’inadéquation d’une disposition du règlement du plan local d’urbanisme à une orientation ou un objectif du projet d’aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l’existence d’autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.

Il ressort des pièces du dossier que si l’axe 2 du projet d’aménagement et de développement durables souligne effectivement qu’il convient d’accompagner le développement démographique et résidentiel ou encore de redynamiser le centre historique en déployant une offre économique et commerciale, il résulte de ce qu’il a été dit aux points 30 à 32 que les autres axes du projet d’aménagement et de développement durables poursuivent des objectifs d’ordre écologique et de préservation du patrimoine architectural. Dans ces conditions, les prescriptions de l’article 5 du règlement du plan local d'urbanisme relatives au patrimoine bâti à protéger, aux arbres remarquables et aux cœurs d’ilot ne sont pas incohérentes avec le projet d’aménagement et de développement durables de la commune de Domont.

Sur les conséquences des vices entachant la délibération attaquée :

Aux termes de l’article L. 600-9 du code de l’urbanisme : « Si le juge administratif, saisi de conclusions dirigées contre (…) un plan local d'urbanisme (…), estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'une illégalité entachant (…) la révision de cet acte est susceptible d'être régularisée, il peut, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, surseoir à statuer jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation et pendant lequel le document d'urbanisme reste applicable, sous les réserves suivantes : / (…) / 2° En cas d'illégalité pour vice (…) de procédure, le sursis à statuer ne peut être prononcé que si l'illégalité a eu lieu, pour (…) les plans locaux d'urbanisme, après le débat sur les orientations du projet d'aménagement et de développement durables. / Si la régularisation intervient dans le délai fixé, elle est notifiée au juge, qui statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. / Si, après avoir écarté les autres moyens, le juge administratif estime que le vice qu'il relève affecte notamment un plan de secteur, le programme d'orientations et d'actions du plan local d'urbanisme ou les dispositions relatives à l'habitat ou aux transports et déplacements des orientations d'aménagement et de programmation, il peut limiter à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce ».

Conformément aux dispositions précitées du dernier alinéa de l’article L. 600-9 du code de l’urbanisme, les vices relevés aux points 31 et 38 sont de nature à entraîner l’annulation de la délibération du 28 septembre 2023 par laquelle le conseil municipal de la commune de Domont a révisé le plan local d’urbanisme de la commune en tant que, d’une part, elle identifie l’immeuble situé 1 rue du Chemin vert comme élément du patrimoine bâti à protéger sur le fondement de l’article L. 151-19 du code de l'urbanisme, et d’autre part, en ce que le cahier des prescriptions architecturales comporte les mentions suivantes : « Avant d’entreprendre toute intervention, il est obligatoire de : (…) / établir un diagnostic précis de l’état du bâti par un homme de l’art, (…) consulter un professionnel ou un organisme de conseil (Architecte, CAUE, Associations, Fondation du Patrimoine…) / désigner un maître d’œuvre pour tous travaux avec permission (conseil, définition des besoins, suivi...) », « Les lucarnes doivent être positionnées dans le tiers inférieur du toit, plus proche de l’égout que du faîtage / Elle doit avoir la même pente, (…) La largeur de la baie ne pourra pas être supérieure à la largeur du percement de la baie inférieure. Cette baie sera plus haute que large et ne dépassera pas en hauteur d’ouverture les 2/3 de celle des baies de l’étage inférieur ».

Sur les frais de l’instance :

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu’une somme soit mise à la charge des requérants qui ne sont pas, dans la présente instance, la partie perdante, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de mettre de la commune de Domont le versement d’une somme au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


D E C I D E :

Article 1er : La délibération du 28 septembre 2023 par laquelle le conseil municipal de la commune de Domont a révisé le plan local d’urbanisme de la commune est annulée en tant que, d’une part, elle identifie l’immeuble situé 1 rue du Chemin vert comme élément du patrimoine bâti à protéger sur le fondement de l’article L. 151-19 du code de l'urbanisme, et d’autre part, en ce que le cahier des prescriptions architecturales comporte les mentions suivantes : « Avant d’entreprendre toute intervention, il est obligatoire de : (…) / établir un diagnostic précis de l’état du bâti par un homme de l’art, (…) consulter un professionnel ou un organisme de conseil (Architecte, CAUE, Associations, Fondation du Patrimoine…) / désigner un maître d’œuvre pour tous travaux avec permission (conseil, définition des besoins, suivi...) », « Les lucarnes doivent être positionnées dans le tiers inférieur du toit, plus proche de l’égout que du faîtage / Elle doit avoir la même pente, (…) La largeur de la baie ne pourra pas être supérieure à la largeur du percement de la baie inférieure. Cette baie sera plus haute que large et ne dépassera pas en hauteur d’ouverture les 2/3 de celle des baies de l’étage inférieur ».

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Domont au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C... D..., à Mme E... D..., à la SCI Soc Immobilière Longpré-Domonet et à la commune de Domont.




Délibéré après l'audience du 10 mars 2026, à laquelle siégeaient :

M. Bertoncini, président,
Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère,
M. Jacquinot, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mars 2026.



Le rapporteur,
Signé
M. Jacquinot

Le président,
Signé
T. Bertoncini

La greffière,

Signé

M. B...

La République mande et ordonne au préfet du Val-d’Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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