vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2316005 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | BOURKIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 29 novembre 2023, 26 mars et 26 avril 2024, Mme A B, représentée par Me Bourkia, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision de Pôle emploi du 18 juillet 2023 prononçant sa radiation de la liste des demandeurs d'emploi pour une durée d'un mois ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;
3°) de condamner l'État aux dépens.
Elle soutient que :
- elle n'a pas reçu la convocation de Pôle emploi, dès lors que la production par Pôle emploi d'un listing automatisé ne peut permettre de prouver la réception de la convocation par le demandeur d'emploi.
Par des mémoires en défense enregistrés les 25 mars, 11 avril et 3 mai 2024, France travail (anciennement Pôle emploi) conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que la requérante demande l'annulation du courrier de la médiatrice du 30 octobre 2023 ;
- à titre subsidiaire, les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Jacquelin, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de M. Jacquelin, rapporteur.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B est inscrite sur la liste des demandeurs d'emploi depuis le 21 juillet 2022. Par une décision de France travail du 18 juillet 2023, elle s'est vue notifier la sanction portant radiation de la liste des demandeurs d'emploi pour une durée d'un mois. Par décision du 8 août 2023, le directeur de l'agence de France travail Ile-de-France a rejeté son recours gracieux formé contre cette décision, et a confirmé sa radiation de la liste des demandeurs d'emploi pour une durée d'un mois. La requérante a saisi la médiatrice de Pôle emploi. Par courrier du 30 octobre 2023, la médiatrice a informé la requérante de ce qu'elle mettait fin à la médiation, celle-ci n'ayant pas abouti favorablement. Mme B demande l'annulation de la décision du 18 juillet 2023.
2. Aux termes de l'article L. 5412-1 du code du travail : " Est radiée de la liste des demandeurs d'emploi, dans des conditions déterminées par un décret en Conseil d'Etat, la personne qui : () / 3° Soit, sans motif légitime : () / c) Est absente à un rendez-vous avec les services et organismes mentionnés à l'article L. 5311-2 ou mandatés par ces services et organismes ". Aux termes de l'article R 5412-1 de ce code : " Le directeur régional de Pôle emploi radie les personnes de la liste des demandeurs d'emploi dans les cas prévus aux articles L. 5412-1 et L. 5412-2. ". Aux termes de l'article R. 5412-5 du code du travail, dans sa version applicable : " La radiation de la liste des demandeurs d'emploi entraîne l'impossibilité d'obtenir une nouvelle inscription : 1° Pendant une période d'un mois lorsqu'est constaté pour la première fois le manquement mentionné au c du 3° de l'article L. 5412-1. En cas de deuxième manquement, cette période est portée à une durée de deux mois consécutifs () ".
3. La radiation d'une personne de la liste des demandeurs d'emploi prononcée sur le fondement du 3° de l'article L. 5412-1 du code du travail a le caractère d'une sanction que l'administration inflige à un administré. Par ailleurs, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative.
4. Il est constant que Mme B ne s'est pas présentée au rendez-vous fixé par Pôle emploi le 2 juin 2023. Elle fait valoir que sa radiation de la liste des demandeurs d'emploi a été prise à tort par Pôle emploi au motif qu'elle n'a jamais reçu le courrier du 10 mai 2023 de convocation à cet entretien et que ce courrier n'était pas visible depuis son espace personnel. Elle justifie ainsi d'un motif légitime au regard des dispositions de l'article L. 5412-1 du code du travail précité. Toutefois, il est également constant que la requérante a opté pour la voie dématérialisée pour la réception des courriers de France travail. Ainsi, le courrier d'inscription à France travail daté du 21 juillet 2022 précise que : " Vous avez consenti à la dématérialisation des courriers, un courriel vous informera du dépôt de nouveaux courriers sur votre espace personnel. Veillez à bien en prendre connaissance afin d'éviter d'éventuelles sanctions. ".
5. En l'espèce, d'une part, France Travail produit l'extrait du dossier dématérialisé de la requérante dont il résulte qu'un courrier mis à disposition sur son espace personnel le 10 mai 2023 l'informait d'un " RDV entretien d'accompagnement ". Il résulte également de cet extrait de son dossier dématérialisé qu'elle a pris connaissance de ce courrier à la date du 8 juin 2023, date à laquelle, elle a également ouvert le courrier d'avertissement avant sanction du 8 juin 2023. D'autre part, la requérante ne peut sérieusement contester qu'elle a par un mot manuscrit de sa part intitulé " justificatif d'absence 02/06/2023 ", signé par ses soins, alors qu'elle s'est rendue au guichet de Pôle emploi, indiqué " j'étais absente le 02/06/2023 j'ai pas bien vu votre date de rendez-vous ". " je vous demande l'excuse sur ce manque de présence ". Si elle fait valoir, avoir écrit ce mot sur les indications de la guichetière, elle n'apporte aucun début de preuve à l'appui de cette allégation. Enfin, si Mme B soutient que seul un dysfonctionnement informatique permet d'expliquer qu'elle n'a pas pu consulter le courrier de convocation, par cette seule allégation, elle ne saurait établir un quelconque dysfonctionnement de nature à l'avoir empêchée de prendre connaissance de ce courrier. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir qu'elle n'a pas reçu le courrier de convocation du 10 mai 2023 et dès lors ne démontre pas l'existence d'un motif légitime de nature à justifier son absence au rendez-vous qui lui a été fixé le 2 juin 2023 et par suite, à demander l'annulation de la sanction de radiation de la liste des demandeurs d'emploi d'une durée d'un mois prise à son encontre.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête doit être rejetée, y inclus les conclusions présentées en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative et celles présentées au titre de l'article R. 761-1 du même code, lesquelles sont sans objet en l'absence de dépens dans la présente instance.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à France travail Ile-de-France.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024
Le magistrat désigné,
signé
G. Jacquelin
La greffière,
signé
Eve Pradel
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, la greffière.
N°2316005
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026