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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2316444

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2316444

lundi 15 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2316444
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantROSIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 décembre 2023, M. B A, représenté par Me Rosin, demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un rendez-vous afin qu'il puisse déposer son dossier de demande de titre de séjour et que lui soit délivré un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail après remise de son dossier complet, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son conseil et dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée au requérant, cette somme lui sera directement versée par l'Etat.

Il soutient que :

- l'urgence est caractérisée dès lors qu'il remplit tous les critères pour obtenir un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'il aura très prochainement dix-neuf ans, que son éducateur référent a entrepris de nombreuses démarches pour obtenir une convocation en préfecture et qu'il ne dispose pas de document l'autorisant à séjourner en France ;

- la mesure sollicitée est utile, dès lors qu'il n'est pas parvenu à obtenir un

rendez-vous auprès de la préfecture malgré plusieurs relances effectuées sur plusieurs semaines alors qu'il remplit tous les critères pour obtenir un titre de séjour ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Ouillon, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant pakistanais né le 10 décembre 2004, a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance à compter du 12 mai 2021. Le 16 février 2023, il a adressé par courriel une demande de rendez-vous afin de demander son admission exceptionnelle au séjour, sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à l'adresse de messagerie dédiée de la préfecture des Hauts-de-Seine. Il demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous afin qu'il puisse déposer sa demande d'admission exceptionnelle au séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

4. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.

5. M. A soutient, qu'après avoir demandé par courriel du 16 février 2023 un rendez-vous en préfecture puis avoir fait parvenir aux services de la préfecture des Hauts-de-Seine, le 16 mai 2023, toujours par courriel, sa demande de dépôt d'admission exceptionnelle au séjour, accompagnée de l'ensemble des pièces demandées, il n'est pas parvenu à obtenir un rendez-vous pour le dépôt de cette demande et la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour malgré plusieurs relances réalisées les 18 juillet 2023 et 23 novembre 2023. Toutefois, il résulte de l'instruction et notamment d'un courrier du 9 septembre 2022, que le préfet des Hauts-de-Seine avait fixé à M. A un rendez-vous le 13 octobre 2022 à 9h40 pour déposer sa demande de titre de séjour en sa qualité de jeune pris en charge à l'aide sociale à l'enfance. Il résulte de l'instruction que M. A, qui soutient ne pas avoir alors sollicité un tel rendez-vous malgré les termes du courrier de sa convocation, a demandé le report de ce rendez-vous du 13 octobre 2022 se prévalant de la circonstance qu'il ne remplissait pas encore une des conditions d'octroi du titre de séjour souhaité tenant au suivi depuis au moins six mois d'une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle. Aussi, en ne se rendant pas à la convocation adressée par les services préfectoraux, M. A doit être regardé comme ayant contribué à la situation d'urgence dont il se prévaut. Par ailleurs, en se bornant à faire valoir qu'il a été admis à l'aide sociale à l'enfance en 2018 et qu'il s'est inscrit en certificat d'aptitude professionnelle (CAP) mention " Production, service et restauration " depuis septembre 2022 qu'il suit dans le cadre d'un contrat d'apprentissage, M. A ne justifie d'aucune circonstance particulière, au regard de la durée et des conditions de son séjour en France, de la date et du fondement de sa demande de titre de séjour et de sa situation personnelle et familiale, impliquant que sa demande de titre de séjour soit examinée prioritairement par rapport à celle d'autres ressortissants étrangers se trouvant dans la même situation ou permettant de caractériser une situation d'urgence nécessitant la délivrance d'un rendez-vous à très bref délai. Pour ces motifs, la condition d'urgence à laquelle les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative subordonnent le prononcé de la mesure sollicitée par M. A ne peut être regardée comme remplie. Par suite, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sans qu'il ait lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Rosin et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera délivrée au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 15 janvier 2024.

Le juge des référés,

Signé

S. Ouillon

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 23164442

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