jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2316534 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET D AVOCATS SAIDJI ET MOREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 décembre 2023, Mme E A épouse C, représentée par Me Greco, demande au juge des référés :
1°) de désigner un expert orthopédiste, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, qui aura notamment pour mission de déterminer les préjudices qu'elle a subis à la suite de son accident de travail survenu le 9 mars 2021 ;
2°) d'enjoindre à l'expert de déposer un pré-rapport ;
3°) de s'adjoindre, en tant que de besoin, le concours d'un spécialiste de son choix et en particulier d'un sapiteur psychiatre ;
4°) de réserver les dépens.
Elle soutient que :
- elle a subi un accident reconnu imputable au service survenu le 9 mars 2021 ;
- une mesure d'expertise est utile pour évaluer l'ensemble des préjudices résultant de cet accident de service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 février 2024, le conseil départemental des Hauts-de-Seine, représenté par Me Moreau, ne s'oppose pas à la mesure d'expertise, formule les protestations et réserves d'usage et conclut à ce que la mission de l'expert soit restreinte et complétée.
Il fait valoir que :
- il ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée qui devra être confiée à un expert orthopédiste ;
- il n'appartient qu'au président du tribunal de désigner un sapiteur, les conclusions de la requérante tendant à la désignation d'un sapiteur psychiatre devant être rejetées.
La requête a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie des Hauts-de-Seine qui n'ont pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné Mme Grenier, première vice-présidente du tribunal, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction (). ".
2. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
3. Il résulte de l'instruction que Mme A épouse C, adjoint administratif territorial principal de 2ème classe du conseil départemental des Hauts-de-Seine a été victime d'une chute sur le tête et l'épaule droite sur son lieu de travail le 9 mars 2021. Par un arrêté du 9 avril 2021, le conseil départemental des Hauts-de-Seine a reconnu l'imputabilité de cet accident au service. Mme A épouse C a été placée en arrêt de travail pour fracture proximale de l'humérus droit et prothèse inversée d'épaule. Le 1er septembre 2022, elle s'est vue reconnaître la qualité de travailleur handicapé avec une orientation professionnelle vers le marché du travail. Elle a également été placée en congé pour invalidité temporaire imputable au service. Elle a bénéficié, le 20 avril 2023, d'une expertise psychologique du docteur F, le 26 avril 2023 une expertise du docteur D, rhumatologue, puis, le 4 août 2023, d'une expertise du docteur B sur les séquelles orthopédiques de son accident de service. Par la présente requête, Mme A épouse C demande au juge des référés de désigner un expert en orthopédie, qui pourra s'adjoindre le concours d'un sapiteur psychiatre, afin d'évaluer l'ensemble de ses préjudices.
4. Toutefois, par son avis du 13 novembre 2023, le conseil médical interdépartemental de la petite couronne, se prononçant en formation plénière à l'unanimité des membres et se fondant sur les expertises citées au point précédent, a conclu à la consolidation de l'état physique de la requérante au 26 avril 2023 avec un taux d'incapacité permanente partielle de 15%. Il a estimé, qu'en revanche, son état sur le plan psychique n'était pas consolidé et que l'autorité territoriale devrait faire examiner Mme A épouse C, au début de l'année 2024 par le médecin agréé psychiatre qui l'avait déjà examinée et devrait déterminer la date de consolidation et fixer, le cas échéant, son taux d'incapacité permanente partielle. Par suite, au regard des éléments dont Mme A épouse C peut disposer pour évaluer les préjudices qu'elle a subis et de l'absence d'intérêt, en l'état de l'instruction, de la mesure dans la perspective d'un litige principal, la mesure d'expertise demandée ne présente pas d'utilité.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A épouse C doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A épouse C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme E A épouse C, au conseil départemental des Hauts-de-Seine et à la caisse primaire d'assurance maladie des Hauts- de-Seine.
Fait à Cergy-Pontoise, le 17 octobre 2024.
La juge des référés,
Signé
C. Grenier
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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