lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2316735 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Pole Social (JU) |
| Avocat requérant | LHUMEAU GIORGETTI HENNEQUIN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 décembre 2023 et 24 juillet 2024, Mme B A, représentée par Me Célia Goulay, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 mars 2023 par laquelle la commission d'attribution de l'office de HLM Immobilière 3F a refusé de lui attribuer un logement sis 20 rue Serpis à Clamart (Hauts-de-Seine) ;
2°) d'enjoindre à Immobilière 3F de procéder à un nouvel examen de sa demande dans le délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jours de retard, et de lui attribuer un logement correspondant à ses besoins, dans le même délai de quinze jours, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de Paris la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'État versée au titre de l'aide juridictionnelle ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'un défaut de motivation, en méconnaissance des dispositions du 6° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article R.441-2-17 du code de la construction et de l'habitation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors le motif de ce refus d'attribution n'est pas fondé, puisqu'elle justifie d'une situation financière lui permettant de faire face au loyer de ce logement, que cette décision ne respecte pas le quota de 25% d'attribution de logements aux demandeurs les plus défavorisés hors quartiers de politique de la ville prévu par l'article L. 441-1 du code de la construction et de l'habitation et, en tout état de cause, que le règlement intérieur prévoit un dispositif d'aide à l'accès au logement pour les personnes dans sa situation qui ne lui a pas été proposé.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 10 juillet 2024 et 14 août 2024, la société Immobilière 3F, représentée par Me Hennequin, demande au tribunal :
1°) de rejeter la requête de Mme A ;
2°) à titre subsidiaire, de rejeter les conclusions à fin d'injonction de Mme A ;
3°) de mettre à la charge de Mme A la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Elle fait valoir que :
- aucun des moyens de la requête n'est fondé ;
- la société Immobilière 3F ne pourra pas exécuter la demande d'injonction de Mme A, l'astreinte n'est pas justifiée et le délai demandé est trop court.
Vu :
- la décision du 17 juillet 2023 par laquelle le président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise a admis Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle le rapporteure publique a été, sur sa proposition, dispensée de prononcer ses conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- l'arrêté du 10 mars 2011 fixant la méthode de calcul du taux d'effort mentionné à l'article R. 441-3-1 du code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus le jour de l'audience publique:
- le rapport de Mme Monteagle, magistrate désignée ;
- et les observations de Me Osorio, représentant la société Immobilière 3F.
A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est demandeur de logement social depuis le 31 mai 2021. Elle a été labellisée pour un relogement prioritaire dans le cadre du plan départemental des Hauts-de-Seine le 5 juillet 2022. Le 9 décembre 2022, elle a été autorisée à visiter un appartement situé 20 rue Serpi à Clamart, propriété de la société Immobilière 3F, logement qui avait été également proposé à la visite à deux autres foyers demandeurs de logement social. Après que Mme A a proposé sa candidature sur ce logement, la commission d'attribution a, dans sa séance du 27 mars 2023, décidé d'attribuer le logement à un autre ménage également candidat. Par un courrier du 28 mars 2023, Mme A a été informée de ce refus. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de la décision, révélée par ce dernier courrier, par laquelle la commission d'attribution lui a refusé l'attribution de ce logement.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 441-2-2 du code de la construction et de l'habitation : " Tout rejet d'une demande d'attribution doit être notifié par écrit au demandeur, dans un document exposant le ou les motifs du refus d'attribution. / () ".
3. Il ressort des termes de la décision du 28 mars 2023, adressée à la requérante, que sa candidature pour l'attribution d'un logement social a été rejetée par la commission d'attribution au motif de son incapacité à faire face aux dépenses de logement. Une telle motivation est suffisante au regard des exigences des dispositions précitées du code de la construction et de l'habitation. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit donc être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 441-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le décret en Conseil d'Etat prévu à l'article L. 441-2-9 détermine les conditions dans lesquelles les logements construits, améliorés ou acquis et améliorés avec le concours financier de l'Etat ou ouvrant droit à l'aide personnalisée au logement et appartenant aux organismes d'habitations à loyer modéré ou gérés par ceux-ci sont attribués par ces organismes. Pour l'attribution des logements, ce décret prévoit qu'il est tenu compte notamment du patrimoine, de la composition, du niveau de ressources et des conditions de logement actuelles du ménage, de l'éloignement des lieux de travail, de la mobilité géographique liée à l'emploi et de la proximité des équipements répondant aux besoins des demandeurs. Le niveau des ressources tient compte, le cas échéant, du montant de l'aide personnalisée au logement ou des allocations de logement à caractère social ou familial auxquelles le ménage peut prétendre et des dépenses engagées pour l'hébergement de l'un des conjoints ou partenaires en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes. Il est également tenu compte, pour l'attribution d'un logement, de l'activité professionnelle des membres du ménage lorsqu'il s'agit d'assistants maternels ou d'assistants familiaux agréés. ". Aux termes de l'article R. 441-3-1 du même code : " Lorsque la commission d'attribution utilise, parmi les informations dont elle dispose pour proposer un logement adapté au demandeur selon les critères fixés aux articles L. 441 et L. 441-1, le taux d'effort des personnes qui vivront au foyer, ce taux est calculé selon la méthode définie par arrêté du ministre chargé du logement. ". Aux termes de l'article 1 de l'arrêté du 10 mars 2011 susvisé : " Le taux d'effort mentionné à l'article R. 441-3-1 du code de la construction et de l'habitation est égal au rapport suivant :
' numérateur : somme du loyer principal, du loyer des annexes, des charges récupérables au sens de l'article L. 442-3 du code précité et du montant de la contribution du locataire telle que résultant de l'application des articles R. 442-28 et R. 442-29 du code précité, diminuée, le cas échéant, de l'aide personnalisée au logement ou des allocations de logement à caractère social ou familial ; ' dénominateur : somme des ressources des personnes qui vivront au foyer au sens de l'article L. 442-12 du code précité, figurant dans le formulaire mentionné à l'article R. 441-2-2 de ce même code ".
5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que prenant en compte le montant du loyer principal, du loyer des annexes augmenté des charges mais diminué de l'aide personnalisée au logement, la commission d'attribution des logements a évalué le taux d'effort de Mme A pour les dépenses du logement souhaité à 36,58 % de ses revenus, mais a constaté que si l'on pouvait évaluer forfaitairement le reste à vivre minimal nécessaire à Mme A à 532 euros par mois, la souscription de ce bail ne lui laisserait que 379 euros de reste à vivre, soit un écart important supérieur, en tout état de cause à celui maximal de 100 euros prévu par le règlement intérieur de la commission d'attribution. Si, pour contester ce motif, Mme A soutient avoir toujours honoré son loyer actuel d'un montant de 603,83 euros, supérieur de 155 euros au loyer du logement social pour lequel elle était candidate, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. De même, si elle soutient qu'elle peut prétendre à être admise à la retraite à compter du 1er juillet 2024 et recevoir en conséquence une pension de 1 300 euros par mois, la commission d'attribution ne pouvait tenir compte de revenus incertains, dès lors que Mme A n'établit pas avoir sollicité son admission à la retraite, et postérieurs à la situation qu'elle a eu à examiner, conformément aux dispositions de l'article R. 441-3-1 du code de la construction et de l'habitation précitées.
6. D'autre part, si Mme A soutient que la société immobilière 3F ne démontre pas qu'elle attribue ses logements sociaux conformément aux quotas prévus par la loi exigeant l'attribution d'un quart des logements sociaux en dehors des quartiers prioritaires aux demandeurs du premier quartile de revenu, cet argument est sans incidence sur la légalité de la décision qu'elle attaque.
7. Enfin, Mme A soutient que le bailleur avait l'obligation de mettre en place un dispositif d'aide pour l'aider à accéder, malgré sa situation de fragilité financière, à ce logement social, comme le prévoit le règlement intérieur de la commission d'attribution. Toutefois, la société immobilière 3F fait valoir sans être contredite que ce dispositif n'est pas un droit pour le demandeur et que Mme A, qui était locataire d'un logement dans le parc privé et qui n'était pas suivie par une association d'insertion, n'est pas dans le public cible de ce dispositif dit " zéro refus " pour le motif lié à l'incapacité du demandeur à faire face aux dépenses de logement. En tout état de cause, la société soutient, sans être contredite, que ce dispositif n'est plus appliqué, compte tenu de ses difficultés de mise en œuvre.
8. Il résulte de ce qui précède que le refus de la société Immobilière 3F d'attribuer à Mme A le logement en litige n'est entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions d'annulation de Mme A ne peuvent qu'être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées à fin d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais de l'instance :
10. La présente requête rejetant les conclusions d'annulation de Mme A, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.
11. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la société Immobilière 3F sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
12. Enfin, l'instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, il y a lieu de rejeter les conclusions de la société Immobilière 3F relatives aux dépens.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la société Immobilière 3F relatives aux dépens ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Goulay et à la société Immobilière 3F.
Copie en sera faite au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2024.
La magistrate désignée,
M. MonteagleLa greffière,
C. Mas
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026