Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2316782

mardi 24 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2316782
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, saisi par Mme A C, ressortissante tunisienne, d’un recours pour excès de pouvoir contre le refus implicite de renouvellement de sa carte de résident, a constaté un non-lieu à statuer sur cette demande, un arrêté préfectoral du 26 janvier 2024 s’étant substitué à la décision implicite. Sur la requête dirigée contre cet arrêté, le tribunal a examiné les moyens soulevés, notamment la méconnaissance des articles L. 314-1 et L. 426-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, de l’accord franco-tunisien du 17 mars 1988, et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme. La solution retenue n’est pas explicitée dans l’extrait, mais le jugement a été rendu après instruction et audience publique.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée le 14 décembre 2023 sous le numéro 2316782, Mme B A C épouse D, représentée par Me Sefen Guez Guez, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite du 4 novembre 2023 par laquelle le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de renouvellement de titre séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer le titre de séjour sollicité ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 314-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle remplit l'ensemble des conditions requises pour se voir délivrer un renouvellement de titre de séjour.

Les parties ont été informées, par un courrier du 5 juillet 2024, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête à fin d'annulation de la décision implicite refusant le renouvellement du titre de séjour de Mme A C ainsi que sur les conclusions accessoires à fin d'injonction, dès lors que, par un arrêté du 26 janvier 2024, le préfet du Val-d'Oise a expressément refusé le renouvellement de son titre de séjour, laquelle s'est ainsi substituée à la décision implicite contestée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 août 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au non-lieu à statuer, dès lors qu'au terme de l'instruction du dossier de la requérante, a été pris un arrêté en date du 26 janvier 2024 portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.

II. Par une requête, enregistrée le 4 mars 2024 sous le numéro 2403112, Mme B A C épouse D, représentée par Me Sefen Guez Guez, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 26 janvier 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée méconnaît le principe du contradictoire ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;

- elle remplit les conditions permettant le renouvellement de sa carte de résident en application de l'article L. 314-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 426-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'alinéa 3 de l'article L. 426-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 1er de la convention franco-tunisienne du 17 mars 1988 ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par une lettre du 5 juillet 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible, en cas d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de réexaminer la situation de Mme A C et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 août 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord du 17 mars 1988 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Saïh, rapporteure ;

- et les observations de Me Guez Guez, représentant Mme A C.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A C, ressortissante tunisienne née le 27 novembre 1959 à Sousse en Tunisie, est entrée sur le territoire français en octobre 1980 et a bénéficié d'une carte de résident valable du 21 septembre 2009 au 20 septembre 2019. Par courrier recommandé en date du 3 juillet 2023, reçu le lendemain, elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour auprès de la sous-préfecture de Sarcelles et a obtenu des récépissés dont le dernier était valable jusqu'au 20 octobre 2023. Eu égard aux dispositions des articles R. 431-1 et R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet du Val-d'Oise, alors même qu'il a délivré à l'intéressée un récépissé l'autorisant à travailler, doit être regardée comme ayant implicitement rejeté la demande présentée par Mme A C à l'expiration d'un délai de quatre mois suivant sa présentation. Par un arrêté du 26 janvier 2024, notifié le 2 février 2024, le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Par la requête, enregistrée sous le numéro 2316782, Mme A C demande l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Val-d'Oise a implicitement rejeté sa demande de renouvellement de sa carte de résident. Par la requête, enregistrée sous le numéro 2403112, Mme A C demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 26 janvier 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours.

2. Les requêtes n°s 2316782 et 2403112, présentées par Mme A C, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul et même jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête n°2316782 :

3. Par un arrêté, en date du 26 janvier 2024, le préfet du Val-d'Oise a expressément rejeté la demande de renouvellement du titre de séjour de Mme A C. Cette décision expresse s'est substituée, postérieurement à l'introduction de la requête n°2316782, à la décision implicite de rejet de la demande de renouvellement du titre de séjour de l'intéressée. Dans ces conditions, les conclusions de la requête aux fins d'annulation de cette décision implicite et d'injonction sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la requête n°2403112 :

4. En premier lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Droit à une bonne administration - Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ".

5. Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux États membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par la décision attaquée, prise par une autorité d'un État membre, est inopérant. Il résulte également de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français ou sur la décision d'interdiction de retour sur le territoire français pris en son encontre, dès lors qu'il a pu être entendu sur la perspective de l'éloignement.

6. En l'espèce, Mme A C ne pouvait ignorer qu'elle était susceptible, en cas de refus opposé à sa demande de titre de séjour, de faire l'objet d'une mesure d'éloignement. En outre, elle n'établit, ni même n'allègue, qu'elle aurait été empêchée de porter à la connaissance des services préfectoraux des informations utiles avant que soit prise à son encontre la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de ce que cette décision aurait été prise en méconnaissance de son droit à être entendue doit être écarté.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : () 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1 ". Aux termes de l'article L. 435-1 de ce même code : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. ". L'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié n'a pas entendu écarter l'application des dispositions de procédures qui s'appliquent à tous les étrangers en ce qui concerne la délivrance, le renouvellement ou le refus de titre de séjour, au nombre desquelles figurent notamment les dispositions de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre que des cas des seuls ressortissants tunisiens qui remplissent effectivement les conditions prévues notamment par l'article L. 435-1 ou des stipulations équivalentes de l'accord franco-tunisien et non de tous ceux qui se prévalent de ces dispositions.

8. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme A C ait demandé son admission exceptionnelle au séjour. En outre, le préfet du Val-d'Oise n'a pas examiné d'office sa situation au regard de ces dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, la requérante ne peut utilement soutenir que la commission du titre de séjour aurait dû être saisie, en raison de sa présence habituelle sur le territoire français depuis plus de dix ans, dès lors qu'une telle consultation est prévue par le seul article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

9. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas, avant de prendre la décision contestée, procédé à un examen particulier de la situation de Mme A C. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 314-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable jusqu'au 1er mai 2021 : " La carte de résident est valable dix ans. Sous réserve des dispositions des articles L. 314-5 et L. 314-7, elle est renouvelable de plein droit. ".

11. En l'espèce, la requérante ne peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 314-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elles ont été abrogées par l'ordonnance n° 2020-1733 du 16 décembre 2020 portant partie législative du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

12. En cinquième lieu, aux termes de L. 433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : " Sous réserve des dispositions des articles L. 411-5 et L. 432-3, une carte de résident est renouvelable de plein droit ". Aux termes de l'article R. 431-5 de ce même code : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : / 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire ".

13. Il résulte de ces dispositions qu'une demande de renouvellement de carte de résident doit être présentée, à peine d'irrecevabilité, au cours des deux derniers mois précédant l'expiration de cette carte. Lorsque le préfet est saisi d'une demande de renouvellement d'une carte de résident après l'expiration de ce délai, cette demande doit être regardée comme tendant à la première délivrance de cette carte.

14. Si Mme A C soutient que sa carte de résident aurait dû être renouvelée de plein droit en vertu des dispositions précitées, il ressort des pièces du dossier que la requérante a bénéficié, en dernier lieu, d'une carte de résident du 21 septembre 2009 au 20 septembre 2019. Dans ces conditions, en sollicitant en 2023 une carte de résident, sa demande doit être regardée comme une nouvelle demande de carte de résident. Par suite, à le supposer soulevé, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

15. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 426-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger titulaire d'une rente d'accident du travail ou de maladie professionnelle servie par un organisme français et dont le taux d'incapacité permanente est égal ou supérieur à 20 % se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. ".

16. En l'espèce il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme A C aurait formulé sa demande de renouvellement de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 426-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatives aux étrangers titulaires d'une rente d'accident du travail ou de maladie professionnelle servie par un organisme français et dont le taux d'incapacité permanente est égal ou supérieur à 20 %. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Val-d'Oise aurait méconnu ces dispositions est inopérant.

17. En septième lieu, aux termes du troisième alinéa de l'article L. 426-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger âgé de plus de soixante ans titulaire d'une carte de résident dont il sollicite le renouvellement, et qui remplit les conditions définies au premier alinéa, se voit délivrer la carte de résident permanent même s'il n'en fait pas la demande, sauf s'il demande la délivrance ou le renouvellement de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " prévue à l'article L. 426-17. ".

18. Il résulte de ce qui a été dit au point 14 du présent jugement que Mme A C n'était plus titulaire d'une carte de résident lors du dépôt de sa demande de renouvellement de son titre de séjour. Par suite, elle ne peut utilement se prévaloir des dispositions du troisième alinéa de l'article L. 426-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

19. En huitième lieu, aux termes de l'article 1er de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié, en matière de séjour et de travail : " Les ressortissants tunisiens résidant régulièrement en France et titulaires, à la date d'entrée en vigueur du présent Accord, d'un titre de séjour dont la durée de validité est égale ou supérieure à trois ans bénéficient de plein droit, à l'expiration du titre qu'ils détiennent, d'une carte de résident valable dix ans [] ".

20. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme A C aurait sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article 1er de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ou que le préfet du Val-d'Oise aurait, de lui-même, examiné sa situation sur le fondement de cet article. Au demeurant, les stipulations de l'article 1er de l'accord franco-tunisien précité, qui prévoient la délivrance de plein droit d'une carte de résident aux ressortissants tunisiens titulaires d'un titre de séjour dont la durée de validité est égale ou supérieure à trois ans, ne s'appliquent qu'à ceux qui étaient titulaires d'un tel titre à la date d'entrée en vigueur de cet accord, soit le 1er février 1989. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée a été prise en méconnaissance de l'article précité doit donc être écarté.

21. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ". Pour l'application de ces dispositions et stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

22. En l'espèce, si Mme A C soutient qu'elle réside en France depuis 44 ans, qu'elle est parent d'enfant et de petits-enfants français, qu'elle est propriétaire de son logement et a toujours eu une activité professionnelle en France, elle ne verse toutefois pas de pièces justificatives à l'appui de ses allégations. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et aurait ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

23. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que Mme A C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 26 janvier 2024 du préfet du Val-d'Oise.

Sur les frais de justice :

En ce qui concerne la requête n°2316782 :

24. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme réclamée par Mme A C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

En ce qui concerne la requête n°2403112 :

25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme A C demande au titre des frais liés à l'instance.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction sous astreinte de la requête n°2316782.

Article 2 : Le surplus de la requête n°2316782 est rejeté.

Article 3 : La requête n°2403112 est rejetée.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C épouse D et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Bertoncini, président,

Mme Saïh, première conseillère,

M. Jacquinot, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.

La rapporteure,

Signé

Z. Saïh

Le président,

Signé

T. Bertoncini La greffière,

Signé

N. Magen

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2-240311