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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2316884

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2316884

lundi 8 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2316884
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantFLORET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 15 et 20 décembre 2023, Mme A B, demande au juge au juge des référés statuant en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 7 décembre 2023 par laquelle le directeur de l'institut de formation en soins infirmiers " Albert Schweitzer " a pris acte de sa décision du même jour d'interrompre sa formation ;

2°) d'enjoindre au directeur de l'institut de formation en soins infirmiers " Albert Schweitzer " de la réintégrer avec effet immédiat au sein de l'établissement en qualité d'étudiante en deuxième année de formation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que cette décision lui cause un préjudice grave et immédiat sur sa situation administrative puisqu'elle ne peut poursuivre sa formation et son stage ;

- il existe plusieurs moyens propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée :

- elle est entachée d'incompétence de son auteur ;

- elle a été irrégulièrement notifiée, dès lors qu'elle lui a été remise en mains propres ;

- elle est entachée d'un vice de procédure ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle est entachée d'un détournement de pouvoir ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Vu :

- les autres pièces du dossier,

- la requête n° 2316888, enregistrée le 15 décembre 2023, par laquelle Mme B demande l'annulation de cette même décision.

Vu :

- l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux ;

- l'arrêté du 17 avril 2018 modifiant l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante camerounaise née le 3 décembre 1989, est étudiante en deuxième année au sein de l'institut de formation en soins infirmiers (IFSI) " Albert Schweitzer " de Gonesse. Elle effectuait un stage, dans le cadre de sa formation, à compter du 30 octobre 2023 devant se terminer le 19 janvier 2024 au sein du service de médecine interne en unité de gériatrie aigue du centre hospitalier de Gonesse. Par une décision du 7 décembre 2023, le directeur a pris acte de sa propre décision d'interrompre sa formation par un courrier adressé à l'IFSI le même jour. Par la présente requête, Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Il résulte des dispositions précitées que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit s'apprécier, à la date de l'ordonnance, objectivement et globalement, et tenir compte notamment du fait que le requérant ne se soit pas placé lui-même dans une situation qui ne lui permette plus d'invoquer utilement - ni sérieusement - la notion d'urgence.

4. Pour caractériser l'urgence de sa situation, Mme B fait valoir que la décision d'interruption de son stage et de sa formation lui cause un préjudice grave et immédiat. Il résulte toutefois des termes mêmes de la décision attaquée, laquelle ne peut être qualifiée en l'état de sanction ou d'exclusion, que la requérante conserve le bénéfice de ses notes et de ses épreuves de sélection respectivement durant trois à cinq ans et qu'elle peut solliciter sa réintégration ultérieurement. Qu'ainsi, et dès lors qu'elle n'apporte aucune précision complémentaire quant à l'impossibilité de solliciter cette réintégration, Mme B n'établit pas que la décision en litige porte une atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de cette décision soit suspendue. En conséquence, la condition d'urgence, au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut être regardée comme remplie.

5. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, il y a lieu de rejeter la requête de

Mme B en toutes ses conclusions, en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Copie en sera adressée au directeur de l'institut de formation des soins infirmiers " Albert Schweitzer " de Gonesse.

Fait à Cergy, le 8 janvier 2024.

Le juge des référés,

signé

M. Poyet

La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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