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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2317092

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2317092

jeudi 4 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2317092
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation11ème Chambre
Avocat requérantSAINT-GEORGES AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 décembre 2023, M. B A, représenté par

Me Gruwez, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 novembre 2023 par lequel le préfet du Val d'Oise a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val d'Oise de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour assorti d'une autorisation de travail dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;

- il méconnait l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'aucune demande de pièces complémentaires ne lui a été adressée ;

- il est entaché d'une erreur de droit dès lors que l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que l'autorisation de travail de l'étranger involontairement privé d'emploi est prolongée d'un an.

Le préfet du Val d'Oise a transmis des pièces, enregistrées le 18 juin 2024.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Robert, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant sénégalais né le 20 avril 1980, est entré en France

le 23 août 2013 et a été muni de plusieurs cartes de séjour temporaire portant la mention " salarié " dont la dernière a expiré le 5 mai 2023. Le 11 avril 2023, l'intéressé a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour. Par un arrêté du 22 novembre 2023, le préfet du Val d'Oise a refusé de lui renouveler ce titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par conséquent, le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté comme manquant en fait.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration : " Lorsqu'une demande adressée à l'administration est incomplète, celle-ci indique au demandeur les pièces et informations manquantes exigées par les textes législatifs et réglementaires en vigueur. Elle fixe un délai pour la réception de ces pièces et informations. () ". Les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile constituent des dispositions spéciales régissant le traitement par l'administration des demandes de titres de séjour, en particulier les demandes incomplètes, que le préfet peut refuser d'enregistrer. Par suite, la procédure prévue à l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration n'est pas applicable à ces demandes.

4. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que M. A ne peut utilement soutenir que l'arrêté attaqué aurait été pris au terme d'une procédure méconnaissant les dispositions précitées de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration. Au demeurant, si, aux termes de l'arrêté attaqué, le préfet a noté que la demande d'autorisation de travail déposée par le nouvel employeur de M. A a été clôturée en raison de l'absence de retour de cet employeur, il a fondé sa décision de refus de renouvellement sur la circonstance que l'intéressé ne remplit pas les conditions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ce qui constitue un motif distinct de celui de l'incomplétude du dossier.

5. En troisième lieu, " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles

L. 5221-2 et suivants du code du travail. Par dérogation aux dispositions de l'article L. 433-1, elle est prolongée d'un an si l'étranger se trouve involontairement privé d'emploi. Lors du renouvellement suivant, s'il est toujours privé d'emploi, il est statué sur son droit au séjour pour une durée équivalente à celle des droits qu'il a acquis à l'allocation d'assurance mentionnée à l'article L. 5422-1 du code du travail ".

6. M. A, qui a été licencié de son emploi de commis de cuisine le 15 octobre 2023, soutient que son autorisation de travail aurait dû être prolongée d'un an en application des dispositions précitées. Toutefois, celles-ci ne sont applicables qu'à l'étranger involontairement privé d'emploi et, en l'espèce, il ressort de la lettre de licenciement produite par M. A que celui-ci a été licencié le 15 octobre 2023 au motif qu'il ne s'était pas présenté à son poste de travail depuis le 1er septembre 2023 et que son employeur n'avait reçu aucune nouvelle de sa part malgré une mise en demeure qui lui a été notifiée le 27 septembre 2023. Dans ces conditions, M. A, qui ne produit aucune pièce justifiant son absence à son poste de travail et son absence de réponse à son employeur, ne peut être regardé comme ayant été involontairement privé d'emploi. Par suite, le moyen tiré d'une erreur de droit doit être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. d'Argenson, président,

M. Robert, premier conseiller.

Mme Bocquet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.

Le rapporteur,

signé

D. Robert

Le président,

signé

P.-H. d'Argenson

Le greffier,

signé

V. Guillaume

La République mande et ordonne au préfet du Val d'Oise en ce qui le concerne, et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°231709

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