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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2317443

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2317443

lundi 12 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2317443
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantGOZLAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 21 décembre 2023, le Président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise, la requête présentée le 3 novembre 2023 par M. A C B.

Par cette requête et un mémoire complémentaire, enregistré le 30 janvier 2024, M. B, représenté par Me Gozlan, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 29 octobre 2023 par lequel le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une carte de séjour mention " vie privée et familiale ", dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour, ou à défaut, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé ;

- il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 janvier 2024, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens du requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné M. Beaufaÿs, premier vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 31 janvier 2024, le rapport de M. Beaufaÿs, magistrat désigné. Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C B, ressortissant égyptien né le 9 janvier 1997, est entré sur le territoire français en novembre 2019 dépourvu de visa selon ses déclarations. A la suite d'un contrôle d'identité réalisé par les services de police, il a été placé en retenue administrative le 29 octobre 2023. Par un arrêté du même jour, dont M. B demande l'annulation, le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, la décision contestée comporte l'énoncé suffisamment précis des circonstances de droit et de fait qui la fonde. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation ne peut qu'être écarté.

3. En dernier lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

4. En l'espèce, M. B soutient que la décision contestée porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale dès lors qu'il justifie être en couple avec une ressortissante française depuis près de trois ans, qu'ils se sont pacsés le 26 juillet 2023 et qu'ils ont projet sérieux de mariage. Toutefois, eu égard aux conditions d'entrée et de séjour irréguliers de l'intéressé sur le territoire français sur une longue période, les éléments produits par l'intéressé relatif à sa vie privée en France ne sont pas suffisants pour caractériser des attaches personnelles avec la France de nature à établir que, par la décision attaquée, le préfet de police de Paris aurait porté une atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale disproportionnée au but en vue duquel cette décision a été prise et ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de police de Paris du 29 octobre 2023 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fins d'injonction et d'astreinte et celles relatives aux frais du litige.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C B et au préfet de police de Paris.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 12 février 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

F. Beaufaÿs La greffière,

Signé

O. El Moctar La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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