mercredi 14 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2400089 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | LEOUE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance de renvoi n° 2324473 du 21 décembre 2023, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise la requête de
Mme B C, enregistrée le 24 octobre 2023.
Par cette requête, enregistrée le 4 janvier 2024 au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, Mme B C doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 18 octobre 2023 par lequel le préfet de police lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de douze mois.
Elle soutient que :
- une demande d'asile pour sa fille est en cours d'instruction auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ;
- elle ne peut retourner dans son pays d'origine en raison de risques de représailles ;
- elle a engagé des démarches en vue de sa régularisation administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 février 2024, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Saïh comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et des décisions relatives à la rétention des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter, VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Saïh, magistrate désignée ;
- les observations de Me Leoue, avocate désignée d'office, représentant Mme C, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et demande, en outre, qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de l'Etat en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; elle soutient, en outre, que la décision attaquée est dépourvue de base légale en raison de l'inexistence d'une mesure d'éloignement ; en tout état de cause, une telle décision ne lui a jamais été notifiée et doit être regardée comme étant inexistante ; en outre, elle ne pouvait faire l'objet d'une mesure d'éloignement compte tenu de la demande d'asile présentée pour sa fille mineure et de l'obtention par celle-ci du statut de réfugié par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 24 octobre 2023 et de son droit ainsi de se maintenir sur le territoire français ;
- les observations de Mme C, assistée de M. A, interprète en langue bambara ;
- le préfet de police n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante ivoirienne née le 5 mai 1993, demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 18 octobre 2023 par lequel le préfet de police lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de douze mois.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. /Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. /Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
3. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article
L. 612-10, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.
4. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme C aurait fait l'objet d'une mesure d'éloignement. En effet, si le préfet de police mentionne dans son arrêté ainsi que dans ses écritures qu'une obligation de quitter le territoire français sans délai a été prise à l'encontre de la requérante le 31 janvier 2023, il ne la produit pas dans le cadre de la présente instance alors que Mme C en conteste l'existence. Par suite, le préfet de police ne pouvait sans méconnaitre le champ d'application des dispositions précitées édicter la décision contestée du 18 octobre 2023 portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois qui, en l'absence de mesure d'éloignement sans délai, est dépourvue de base légale. Par suite, Mme C est fondée à demander l'annulation de cette décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois.
5. Il résulte de ce qui précède que la décision faisant interdiction à Mme C de retourner sur le territoire français pour une durée de douze mois doit être annulée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Mme C a présenté sa requête sans avocat. Elle a bénéficié, à l'audience, de l'assistance de l'avocate de permanence. La requérante ne justifie donc pas avoir exposé, dans la présente instance, des frais autres que ceux pris en charge par l'Etat. La demande de
Mme C tendant à être indemnisée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doit, dès lors, être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de police du 18 octobre 2023 est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au préfet de police.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2024.
La magistrate désignée,
Signé
Z. SAÏHLa greffière,
Signé
O. EL-MOCTAR
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026