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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2400802

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2400802

mardi 13 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2400802
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantLEJARD ZAÏRE SELTENE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 19 janvier et le

7 février 2024, Mme C, représentée par Me Seltene, avocate désignée d'office, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 9 janvier 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise a décidé de son transfert aux autorités croates responsables de sa demande d'asile ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui remettre un récépissé de demandeur d'asile en procédure normale ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours courant à compter de la notification du jugement à intervenir, et de lui délivrer, dans l'intervalle, une autorisation provisoire de séjour.

Elle soutient que :

- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;

- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- il procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- il méconnait les articles 9 et 10 du règlement Dublin III ;

- les conditions d'accueil des demandeurs d'asile par les autorités croates sont incompatibles avec les besoins de ses enfants.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête et communique les pièces constitutives du dossier de la requérante.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (UE) n°604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le règlement (UE) n°603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné Mme Charlery conformément à l'article L. 572-5 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge du contentieux des décisions de transfert.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 février 2024 :

- le rapport de Mme Charlery, magistrate désignée ;

- les observations de Me Seltene, avocate désignée d'office, représentant

Mme C, présente et assistée de M. A, interprète, qui conclut aux mêmes fins, en développant de nouveaux moyens tirés de l'incomplétude des brochures d'information transmises, du défaut d'examen de sa situation, notamment de l'absence de prise en compte de son appartenance à la minorité kurde de Turquie, de la méconnaissance de l'article 17 du règlement 604/2013 du 26 juin 2013 à raison de l'existence de défaillances systémiques en Croatie, de l'atteinte portée à sa situation personnelle et familiale, dès lors que son époux ne fait l'objet d'aucune mesure d'obligation de quitter le territoire malgré le rejet de sa demande de réexamen de protection internationale et que sa sœur vit en France, ainsi que de l'article

29 paragraphe 1 du règlement 603/2013, faute d'information sur l'accès aux données personnelles ;

- le préfet du Val-d'Oise n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, ressortissante turque née le 15 août 1989, a introduit une demande d'asile en France le 24 novembre 2023. Lors de l'instruction de cette demande, la consultation du fichier " Eurodac " a révélé que l'intéressée avait sollicité l'asile auprès des autorités croates. Ces autorités, saisies le 24 novembre 2023, ont accepté explicitement le 8 décembre 2023 la reprise en charge de Mme C. Par un arrêté en date du 9 janvier 2024, le préfet du Val-d'Oise a décidé de transférer Mme C aux autorités croates. La requérante demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme D E, cheffe de la section asile de la préfecture du Val-d'Oise, qui bénéficiait, en vertu d'un arrêté n°23-071 du 22 décembre 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture du Val-d'Oise, d'une délégation du préfet de ce département à l'effet de signer les décisions de transfert. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 16 novembre 2023 doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un Etat membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement () / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les Etats membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. () ". Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et, en tous hypothèse, avant la décision par laquelle l'autorité administrative décide de refuser l'admission provisoire au séjour de l'intéressé au motif que la France n'est pas responsable de sa demande d'asile, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement. Eu égard à la nature desdites informations, la remise par l'autorité administrative de la brochure prévue par les dispositions précitées constitue pour le demandeur d'asile une garantie.

4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que les brochures dites " A " et " B ", intitulées " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - Quel pays sera responsable de ma demande ' " et " Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' ", qui comprennent l'ensemble des informations devant être communiquées en vertu des dispositions précitées, ont été remises à Mme C le 24 novembre 2023, en turc, langue comprise par l'intéressée, comme en atteste sa signature apposée sur la première page de chacune des brochures. Il ressort, en outre, des pièces du dossier que ces brochures lui ont été communiquées dès l'enregistrement de sa demande de protection internationale en France, soit en temps utile avant l'intervention de la décision de transfert litigieuse. Par ailleurs, si la requérante fait valoir à l'audience que la production par le préfet de la seule première page de chacune des brochures ne permet pas de démontrer qu'elles lui auraient été remises dans leur intégralité, elle n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause les mentions portées sur ces documents, revêtus de l'indication de la date de remise et de sa signature, qui attestent de leur communication intégrale. Enfin, Mme C a certifié sur l'honneur avoir reçu l'information sur les règlements communautaires au cours de l'entretien qui lui a été accordé le même jour en préfecture. Le moyen ne peut donc qu'être écarté.

5. En troisième lieu, l'arrêté en litige mentionne les éléments de droit et les circonstances de fait sur lesquels il se fonde. Il ressort, par ailleurs, du résumé de l'entretien individuel réalisé le 24 novembre 2023, versé à la procédure par le préfet du Val-d'Oise, que Mme C a pu indiquer qu'elle est mariée, que son époux réside depuis 5 ans en France, où il a demandé l'asile, et que le couple est parent de deux enfants mineurs. Il ne ressort pas des déclarations de Mme C, telles que retranscrites à travers ce compte-rendu, qu'elle aurait fait valoir son appartenance à la minorité kurde de Turquie, ni qu'elle aurait mentionné des risques qu'elle pourrait encourir dans son pays d'origine à raison de cette appartenance. Au demeurant, il ressort tant des déclarations de l'intéressée retranscrites à travers le résumé de l'entretien individuel, que des termes de la requête, que Mme C est venue en France pour rejoindre son époux et sa sœur et non pour fuir des persécutions. De sorte qu'il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le préfet du Val-d'Oise aurait procédé à un examen insuffisant de la situation personnelle de la requérante au regard notamment de son appartenance à la minorité kurde de Turquie. Dans ces conditions, le moyen ne peut qu'être écarté.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " " 1 - Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () "

7. Pour justifier avoir installé en France le centre de ses intérêts personnels et familiaux, Mme C fait valoir que son époux est présent en France depuis 5 ans et qu'une de ses sœurs réside sur le territoire. Toutefois, il ressort du relevé d'informations de la base de données " TelemOfpra " produit par le préfet du Val-d'Oise, que M. C se trouve en situation irrégulière en France compte tenu du rejet définitif de sa demande de réexamen de sa demande d'asile par la Cour nationale du droit d'asile, par décision du 17 janvier 2023, notifiée le 14 février 2023. S'il est indiqué à l'audience que, malgré le rejet de sa demande d'asile, l'époux de Mme C n'a fait l'objet d'aucune obligation de quitter le territoire français, cette circonstance est sans incidence sur l'irrégularité du séjour du couple. Enfin, si Mme C évoque également la présence d'une sœur en France, elle n'en justifie par aucune pièce. Dans ces conditions, en prenant l'arrêté attaqué, le préfet du Val-d'Oise n'a ni porté au droit dont Mme C dispose à mener une vie personnelle et familiale normale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris, ni, en conséquence, méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen doit être écarté.

8. En cinquième lieu, d'une part, aux termes du paragraphe 2. de l'article 3 du règlement n°604/2013 du 26 juin 2013 susvisé : " () Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable. () " Et, aux termes du paragraphe 1 de l'article 17 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () ". La faculté laissée par ces dispositions à chaque Etat membre de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans ce règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile. Cette possibilité, qui s'exerce sous le contrôle du juge, lui est ouverte même en l'absence de raisons sérieuses de croire à l'existence de défaillances systémiques dans l'État membre responsable de l'examen de la demande d'asile, ainsi que cela résulte de l'arrêt C-578/16 PPU de la Cour de justice de l'Union européenne du 16 février 2017.

9. D'autre part, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Et aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

10. Si Mme C fait valoir que la France doit être regardée comme l'Etat responsable de sa demande d'asile, dès lors que la Croatie organise de mauvaises conditions d'accueil des demandeurs d'asile caractérisant des défaillances systémiques, incompatibles avec l'intérêt supérieur de ses enfants, elle verse seulement à la procédure un article de presse, intitulé " la police croate est l'une des pires du monde ()", qui fait état de témoignages de réfugiés afghans décrivant les méthodes brutales de refoulement de la police croate. Ce document, de caractère général et dépourvu de tout élément circonstancié se rapportant à la situation particulière de la requérante, ne saurait, à lui seul, justifier de la réalité et du

bien-fondé du moyen qu'elle invoque, lequel ne peut, par suite, qu'être écarté.

11. En sixième lieu, pour les motifs énoncés aux points 7 et 10 du présent jugement, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la décision en litige ne peut être accueilli.

12. En septième lieu, aux termes de l'article 9 du règlement n°604/2013 du 26 juin 2013 : " Si un membre de la famille du demandeur, que la famille ait été ou non préalablement formée dans le pays d'origine, a été admis à résider en tant que bénéficiaire d'une protection internationale dans un État membre, cet État membre est responsable de l'examen de la demande de protection internationale, à condition que les intéressés en aient exprimé le souhait par écrit". Et, aux termes de l'article 10 du même règlement : " Si le demandeur a, dans un État membre, un membre de sa famille dont la demande de protection internationale présentée dans cet État membre n'a pas encore fait l'objet d'une première décision sur le fond, cet État membre est responsable de l'examen de la demande de protection internationale, à condition que les intéressés en aient exprimé le souhait par écrit. "

13. Le bénéfice de la clause attribuant à un État membre la responsabilité de l'examen de la demande d'asile d'un demandeur qui se prévaut de l'existence de liens familiaux sur son territoire, prévue par l'article 9 du règlement n°604/2013 cité au point précédent, est réservé aux demandeurs qui justifient, d'une part, que les membres de familles dont il est fait état séjournent régulièrement dans l'État membre concerné en tant que bénéficiaires d'une protection internationale, et d'autre part, sauf dans le cas où le demandeur est mineur, qu'il s'agit de leur conjoint ou de leurs enfants mineurs, ainsi que le prévoit le paragraphe g) "membres de la famille" de l'article 2 du règlement (UE) n°604/2013.

14. Mme C allègue que l'examen de sa demande d'asile relève de la France où résident son époux et sa sœur. Toutefois, d'une part, la circonstance que sa sœur réside en France, à la supposer établie, ne saurait lui ouvrir droit au bénéfice des dispositions précitées qui ne concernent que le conjoint ou l'enfant de l'intéressé, à la condition, de surcroît, qu'ils aient obtenu le statut de réfugiés ou qu'une demande de protection soit en cours d'instruction. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que l'époux de Mme C s'est vu refuser le bénéfice de la protection internationale. En tout état de cause, elle n'allègue pas qu'elle aurait exprimé par écrit le souhait que la France soit regardée comme l'Etat membre responsable de l'examen de sa demande d'asile pour ce motif. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées ne peut qu'être écarté.

15. En huitième lieu, aux termes de l'article 29 du règlement n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " 1. Toute personne relevant de l'article 9, paragraphe 1, de l'article 14, paragraphe 1, ou de l'article 17, paragraphe 1, est informée par l'Etat membre d'origine par écrit et, si nécessaire, oralement, dans une langue qu'elle comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'elle la comprend : / a) de l'identité du responsable du traitement au sens de l'article 2, point d), de la directive 95/46/CE, et de son représentant, le cas échéant ; / b) de la raison pour laquelle ses données vont être traitées par Eurodac, y compris une description des objectifs du règlement (UE) n°604/2013, conformément à l'article 4 dudit règlement, et des explications, sous une forme intelligible, dans un langage clair et simple, quant au fait que les Etats membres et Europol peuvent avoir accès à Eurodac à des fins répressives ; / c) des destinataires des données ; d) dans le cas des personnes relevant de l'article 9, paragraphe 1, ou de l'article 14, paragraphe 1, de l'obligation d'accepter que ses empreintes digitales soient relevées ; e) de son droit d'accéder aux données la concernant et de demander que des données inexactes la concernant soient rectifiées ou que des données la concernant qui ont fait l'objet d'un traitement illicite soient effacées, ainsi que du droit d'être informée des procédures à suivre pour exercer ces droits, y compris les coordonnées du responsable du traitement et des autorités nationales de contrôle visées à l'article 30, paragraphe 1 / () ".

16. A la différence de l'obligation d'information instituée par le règlement n°604/2013 du 26 juin 2013, qui prévoit un document d'information sur les droits et obligations des demandeurs d'asile, dont la remise doit intervenir au début de la procédure d'examen des demandes d'asile pour permettre aux intéressés de présenter utilement leur demande aux autorités compétentes, l'obligation d'information prévue par les dispositions précitées de l'article 29, paragraphe 1, du règlement n°603/2013 du 26 juin 2013, a uniquement pour objet et pour effet de permettre d'assurer la protection effective des données personnelles des demandeurs d'asile concernés, laquelle est garantie par l'ensemble des Etats membres relevant du régime européen d'asile commun. Le droit d'information des demandeurs d'asile contribue, au même titre que le droit de communication, le droit de rectification et le droit d'effacement de ces données, à cette protection. Il s'ensuit que la méconnaissance de cette obligation d'information ne peut être utilement invoquée à l'encontre des décisions par lesquelles le préfet transfère un demandeur d'asile aux autorités compétentes de l'Etat qui s'est reconnu responsable de l'examen de sa demande. Par suite, le moyen invoqué par Mme C, qui est inopérant, doit être écarté.

17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme C doivent être rejetées. Il en est de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin d'injonction et de celles relatives aux frais de procédure.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à Me Seltene et au préfet du Val-d'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2024.

La magistrate désignée,

Signé

C. Charlery La greffière,

Signé

O. El Moctar

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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