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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2401195

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2401195

mardi 13 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2401195
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLUJIEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 janvier 2024, Mme B, représentée par Me Lujien, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous pour renouveler son certificat de résidence, ou, à défaut, lui délivrer un récépissé de sa demande de renouvellement de ce document, dans un délai d'une semaine à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'elle tente en vain d'obtenir un

rendez-vous depuis le mois de février 2023, justifiant à cet égard de nombreuses démarches devant les préfectures du Val-de-Marne puis des Hauts-de-Seine ; sa situation précaire l'expose à un risque d'éloignement ;

- la mesure demandée est utile et ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Le préfet des Hauts-de-Seine, à qui la requête de Mme B a été communiquée, n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Oriol, vice-présidente, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante algérienne née le 18 novembre 1999, est entrée en France en juillet 2022 pour y suivre des études. Alors qu'elle résidait dans le Val-de-Marne, elle a bénéficié d'un certificat de résidence valable jusqu'en novembre 2023, dont elle a sollicité le renouvellement. Par la présente requête, Mme B, qui a déménagé en novembre 2023 dans les Hauts-de-Seine, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous pour renouveler son certificat de résidence, ou, à défaut, lui délivrer un récépissé de sa demande de renouvellement de ce document, dans un délai d'une semaine à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de

50 euros par jour de retard.

Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. () ".

3. Par la présente requête, Mme B sollicite le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, il y a lieu de faire droit à cette demande.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

4. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

5. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

6. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. () ".

7. Il résulte de ces dispositions que l'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour a le droit, s'il a déposé un dossier complet, d'obtenir un récépissé de sa demande qui vaut autorisation provisoire de séjour.

8. D'une part, il n'est pas contesté par le préfet des Hauts-de-Seine, qui n'a pas produit de mémoire en défense, que Mme B a déposé une demande de renouvellement de son certificat de résidence, réputée complète. Sa demande, qui fait suite à de très nombreuses relances demeurées vaines, ne se heurte donc à aucune contestation sérieuse.

9. D'autre part, eu égard aux conséquences de la détention d'un récépissé sur la situation de Mme B notamment sur son droit à se maintenir en France dans le cadre de ses études, et à la prolongation pendant une durée anormalement longue de la situation précaire qui lui est imposée par la préfecture des Hauts-de-Seine, sa demande présente un caractère d'urgence et d'utilité.

10. Il y a donc lieu d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer à

Mme B un récépissé de sa demande de certificat de résidence, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance. A ce stade, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte. En revanche, il n'y a pas lieu d'enjoindre au préfet de renouveler le certificat de résidence de Mme B, expiré depuis le 18 novembre 2023 et dont il ne résulte pas de l'instruction qu'il serait renouvelable de plein droit.

Sur les frais liés au litige :

11. D'une part, Mme B n'allègue pas avoir exposé de frais autres que ceux dont elle sollicite la prise en charge par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle. D'autre part, le conseil de Mme B n'a pas demandé la condamnation de l'Etat à lui verser la somme correspondant aux frais exposés qu'il réclamerait à sa cliente si elle ne bénéficiait pas d'une aide juridictionnelle totale. Dans ces conditions, les conclusions de la requête tendant à la condamnation de l'Etat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent être accueillies.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer à Mme B un récépissé de sa demande de titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 3 : Les conclusions de la requête de Mme B sont rejetées pour le surplus.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 13 février 2024.

La juge des référés,

Signé

C. Oriol

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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