vendredi 2 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2401219 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GUELTAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 26 janvier 2024 et 30 janvier 2024, M. C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 25 janvier 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 janvier 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. d'Argenson pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. d'Argenson, magistrat désigné ;
- les observations de Me Gueltas, avocat commis d'office, en présence du requérant assisté de M. A, interprète en langue turque, qui soutient que l'agent notificateur de l'arrêté attaqué n'est pas identifié, qu'il y a un défaut de preuve de notification des deux précédentes mesures d'éloignement, que la menace à l'ordre public n'est pas caractérisée, dès lors notamment que l'intéressé a fait appel de sa condamnation pénale pour violences conjugales, qu'il a rompu son interdiction de contact avec son épouse à la demande de cette dernière et qu'il n'a pas été sanctionné pour ce fait, enfin que l'arrêté attaqué méconnait son droit à la vie privée et familiale, l'intéressé ayant deux enfants et étant en procédure de divorce.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, ressortissant turc né le 20 novembre 1981, est entré sur le territoire français en 2005 selon ses déclarations. Il a été interpellé le 24 janvier 2024 pour des faits de non-respect d'une mesure d'éloignement envers son ex-conjointe. Par des arrêtés du 25 janvier 2023, dont M. C demande l'annulation, le préfet du Val-d'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Il a également fait l'objet d'une assignation à résidence qu'il n'a contesté ni dans ses écritures ni à l'audience.
2. Les modalités de notification d'une décision administrative sont sans incidence sur sa légalité. Le moyen tiré du défaut d'identification de l'agent notificateur de l'arrêté attaqué doit donc être écarté.
3. Si M. C soutient que les deux précédentes mesures d'éloignement ne lui ont pas été régulièrement notifiées, cette allégation, même à la supposée établie, est en tout état de cause sans incidence sur la légalité de l'arrêté contesté.
4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; ( ) ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. "
5. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet, s'est fondé, pour obliger M. C à quitter le territoire français sans délai, sur les circonstances respectives que celui-ci se maintenait irrégulièrement sur le territoire français depuis l'expiration de son récépissé et qu'il existait un risque qu'il se soustraie à son éloignement. Ces motifs, qui ne sont pas contestés, pouvaient légalement fonder, respectivement, la mesure d'éloignement et le refus de délai de départ volontaire. Dès lors, même à supposer que M. C ne représenterait pas une menace pour l'ordre public, cette circonstance, qui ne constitue la base légale ni de son éloignement ni du refus de délai de départ volontaire, est sans incidence sur leur légalité. Le moyen tiré du caractère non établi de la menace à l'ordre public que représenterait M. C doit donc être écarté.
6. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. (.) ".
7. M. C soutient qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public, qu'il a fait appel de sa condamnation pour violences conjugales et qu'il pourrait obtenir un droit de visite de ses enfants à l'issu de sa procédure de divorce. Toutefois, l'intéressé ne donne aucune précision sur ses conditions d'existence ni sur les liens qu'il entretiendrait avec ses enfants, a déjà fait l'objet de deux précédentes obligations de quitter le territoire, et a été condamné le 26 juillet 2023 par le tribunal correction de Pontoise à une peine de six mois d'emprisonnement délictuel pour des faits de menace de mort sur son ex-conjointe ainsi que pour violence suivi d'incapacité n'excédant pas huit jours en présence d'un mineur. Il n'est pas contesté non plus que l'intéressé n'a pas complété son dossier de demande de titre de séjour. Dans ces conditions, le préfet du Val-d'Oise n'a pas porté au droit au respect de la vie familiale de M. C une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels l'arrêté attaqué a été pris et n'a, ainsi, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. ". Et, aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ().
9. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7, le préfet du Val-d'Oise n'a pas méconnu les dispositions précitées ou entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en prenant la décision contestée.
10. L'intéressé n'a soulevé aucun moyen à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Gueltas et au préfet du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2024.
Le magistrat désigné,
signé
P-H. d'ArgensonLa greffière,
signé
M. D
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026