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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2401476

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2401476

jeudi 11 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2401476
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSELARL LEHMANN & ALAIMO

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. A..., ressortissant marocain, qui demandait l’annulation de la décision du préfet des Hauts-de-Seine du 9 mai 2023 classant sans suite sa demande de titre de séjour. Le tribunal a relevé d’office l’irrecevabilité du recours pour excès de pouvoir, estimant que cette décision de classement sans suite, motivée par le caractère incomplet du dossier, ne constituait pas une décision faisant grief. Il s’est fondé sur les articles R. 431-10 et R. 431-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, rappelant que seul un refus d’enregistrement pour un motif autre que l’incomplétude du dossier ou le caractère abusif de la demande est susceptible de recours.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er février 2024, M. B... A..., représenté par Me Lehmann, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 9 mai 2023 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a classé sans suite sa demande de titre de séjour ;

2°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation en vue de son admission exceptionnelle au séjour au titre de sa vie privée et familiale dans un délai de 15 jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine, qui n’a pas produit de mémoire en défense.

M. A... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 23 octobre 2023.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d’être fondé sur un moyen, relevé d’office, tiré de l’irrecevabilité de la requête, dès lors que la décision litigieuse ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la loi no 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme Jung a été entendu au cours de l’audience publique du 20 novembre 2025, à 10h30.


Considérant ce qui suit :

1. M. A..., ressortissant marocain né le 1er juillet 1975, déclarant être entré en France en 1976, a vu ses huit demandes de titre de séjour classées sans suite les 3, 7, 9, 15 et 20 février, 6 et 13 avril et 9 mai 2023. Il demande au tribunal d’annuler la dernière décision de classement sans suite, en date du 9 mai 2023.

2. Aux termes de l’article R. 431-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d’un titre de séjour présente à l’appui de sa demande : 1° Les documents justifiants de son état civil ; 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; 3° Les documents justifiants de l’état civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu’il sollicite la délivrance ou le renouvellement d’un titre de séjour pour motif familial. La délivrance du premier récépissé et l’intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents. (…). ». Aux termes de l’article R. 431-11 de ce code, dans sa version applicable au litige : « L’étranger qui sollicite la délivrance d’un titre de séjour présente à l’appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code. ».

3. Il résulte de ces dispositions, qui constituent des dispositions spéciales régissant le traitement par l’administration des demandes de titres de séjour, qu’en dehors du cas d’une demande à caractère abusif ou dilatoire, l’autorité administrative chargée d’instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l’enregistrer, et de délivrer le récépissé y afférent, que si le dossier présenté à l’appui de cette demande est effectivement incomplet. Le refus d’enregistrer une telle demande pour un motif ne relevant pas du caractère incomplet du dossier ou du caractère abusif ou dilatoire de la demande constitue une décision faisant grief susceptible d’être déférée au juge de l’excès de pouvoir.

4. En l’espèce, il est précisé dans le message de classement sans suite du 9 mai 2023 que la carte de M. A... est expirée depuis 2014 et qu’il doit déposer une nouvelle demande complète au motif « vie privée et familiale » au regard de la liste ministérielle jointe. Dans ces conditions, dès lors que l’appréciation par laquelle le préfet a considéré que le dossier déposé par M. A... n’était pas complet n’est pas contestée, la décision de classement sans suite ne peut être regardée comme une décision faisant grief à M. A....

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... est irrecevable et doit être rejetées, en toutes ses conclusions.




D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A..., à Me Lehmann et au préfet des Hauts-de-Seine.


Délibéré après l’audience du 20 novembre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Cantié, président,
Mme Jung, première conseillère,
M. Templier, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 décembre 2025.



La rapporteure,
signé
E. JUNG
Le président,
signé
C. CANTIÉ

La greffière,


signé


S. BOUSSUGE


La République mande et ordonne au le préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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