Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2401877

vendredi 26 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2401877
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a été saisi par un ressortissant algérien d’une requête en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, visant à obtenir un rendez-vous pour déposer une demande de renouvellement de titre de séjour. En défense, le préfet a fait valoir que le requérant avait finalement déposé son dossier le 13 février 2024 et s’était vu remettre un récépissé valable jusqu’au 12 mai 2024, ce que l’intéressé n’a pas contesté. Le juge des référés a constaté que les conclusions à fin d’injonction et d’astreinte étaient devenues sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer. Toutefois, il a mis à la charge de l’État une somme de 800 euros au titre des frais d’instance, en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 février 2024, M. B A, représentée par Me Tordo, demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner au préfet du Val-d'Oise de lui octroyer un rendez-vous afin qu'il puisse déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour, dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la mesure sollicitée est urgente dès lors qu'il est maintenu en situation de précarité au regard de son droit au séjour, qu'il risque de faire l'objet d'un éloignement du territoire français et de perdre son emploi alors qu'il est présent en France depuis presque cinquante ans ;

- la mesure sollicitée est utile ;

- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au non-lieu à statuer sur cette requête en raison du dépôt par le requérant de sa demande de renouvellement de titre de séjour le 13 février 2024 et de la remise à ce dernier d'un récépissé valable jusqu'au 12 mai 2024.

Par un mémoire, enregistré le 18 février 2024, M. A C maintient ses conclusions relatives aux frais du litige.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal, a désigné M. Bories, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A C, ressortissant algérien, née le 4 mai 1968, est entré en France en 1974 et a été mis en possession de plusieurs titres de séjour successifs dont le dernier a expiré le 11 février 2024. M. A C a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour auprès de la préfecture du Val-d'Oise, le 23 octobre 2023. Par la présente requête, M. A C demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui fixer un rendez-vous en préfecture afin qu'il puisse déposer sa demande et de lui délivrer un récépissé.

Sur le non-lieu à statuer :

2. Les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative prévoient que : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Le préfet du Val-d'Oise fait valoir, sans être contredit, que M. A C a déposé son dossier de renouvellement de titre de séjour, auprès de ses services le 13 février 2024 et qu'un récépissé valable jusqu'au 12 mai 2024 lui a été remis. M. A C ne conteste pas que, dans ces conditions, sa requête soit devenue sans objet.

4. Il résulte de ce qui précède que le préfet est fondé à faire valoir qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte de M. A C.

Sur les frais d'instance :

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat au bénéfice de M. A C la somme de 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. A C.

Article 2 : L'Etat versera à M. A C la somme de 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A C et au préfet du

Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 26 juillet 2024.

Le juge des référés,

signé

A. Bories

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.