lundi 25 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2401895 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | LEJARD ZAÏRE SELTENE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 8 février 2024, le président du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise la requête présentée par M. D B.
Par cette requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 11 janvier 2024, le 8 février et le 8 mars 2024, M. B demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 9 janvier 2024 par lequel le préfet des Yvelines lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français ;
3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de mettre fin à son signalement dans le fichier européen de non-admission.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté a été pris par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il méconnait le principe du respect des droits de la défense ;
- il méconnait son droit à mener une vie privée et familiale normale.
Le préfet des Yvelines a communiqué les pièces du dossier le 12 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné M. Beaufaÿs, premier vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 20 mars 2024 :
- le rapport de M. Beaufaÿs, magistrat désigné ;
- et les observations de Me Seltene, avocate commise d'office, représentant M. B, qui soutient que la décision d'interdiction de retour d'un an n'est pas motivée au regard des conditions fixées par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'elle est disproportionnée alors que sa mère française réside en France, elle conclut à ce qu'il soit au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation administrative et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros, à verser à son conseil, sur le fondement des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à la part contributive de l'Etat ; Me Seltene soulève également le moyen de l'erreur manifeste d'appréciation à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi ;
- le préfet des Yvelines n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D B, ressortissant malien né le 4 septembre 1995, déclare être entré sur le territoire français en 2019 de manière irrégulière. Le 9 janvier 2024, l'intéressé a été placé en garde-à-vue pour notamment des faits de conduite sans permis. Par un arrêté du même jour, dont M. B demande l'annulation, le préfet des Yvelines lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire sans délai :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 78-2023-10-12-00001 du 12 octobre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du même jour, le préfet des Yvelines a donné délégation à M. A C, directeur des migrations, délégation de signature aux fins de signer l'arrêté litigieux. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions en litige doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté contesté comporte l'énoncé suffisamment précis des circonstances de droit et de fait qui le fonde. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation ne peut qu'être écarté.
4. En troisième lieu, si M. B soutient que la décision contestée serait entachée d'une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation, il n'apporte aucune précision pour permettre d'en apprécier le bienfondé. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
5. En quatrième lieu, si M. B soutient que la décision contestée méconnaitrait le principe du respect des droits de la défense, il ressort des pièces du dossier et notamment du procès-verbal d'audition en date du 9 janvier 2024 que l'intéressé a eu l'occasion de s'exprimer sur les éléments de sa situation personnelle et administrative. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
6. En cinquième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
7. En l'espèce, M. B soutient qu'il poursuit actuellement des études en deuxième année de master en informatique ainsi qu'un stage pour valider sa formation et qu'il réside actuellement chez sa mère de nationalité française. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé, âgé de 28 ans, est célibataire sans enfant et ne démontre pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où réside d'autres membres de sa famille selon ses propres déclarations. Dans ces conditions, la décision par laquelle le préfet des Yvelines lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
8. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation soulevé à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
9. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
10. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir de rechercher si les motifs qu'invoque l'autorité compétente sont de nature à justifier légalement, dans son principe et sa durée, la décision d'interdiction de retour et si la décision ne porte pas au droit de l'étranger au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise.
11. Pour fixer à une année la durée de l'interdiction de retour opposée à M. B, le préfet des Yvelines s'est borné à estimer que " compte tenu des circonstances propres au cas d'espèce " la durée d'interdiction de retour d'un an ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé à une vie privée et familiale. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que la mère de M. B est de nationalité française et réside sur le territoire français. M. B est, par suite, fondé à soutenir que le préfet des Yvelines ne justifie pas avoir pris en compte les conditions fixées à l'article L. 612-10 précitées pour fixer la durée de l'interdiction de retour et que cette durée est disproportionnée au regard de sa situation personnelle et familiale.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est seulement fondé à demander l'annulation que de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
13. Le présent jugement n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par le requérant ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
14. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de M. B relatives aux frais de l'instance ni de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
D É C I D E :
Article 1er : M. B n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'arrêté du 9 janvier 2024 est annulé en ce qu'il porte interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Article 3 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à Me Seltene et au préfet des Yvelines.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 25 mars 2024.
Le magistrat désigné,
signé
F. Beaufaÿs Le greffier,
signé
M. E La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026