Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2402045

vendredi 8 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2402045
TypeDécision
Formation2ème Chambre (JU)

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a été saisi par M. A d'une demande de décharge de la taxe foncière sur les propriétés bâties pour l'année 2023 concernant un appartement à Asnières-sur-Seine. Le requérant soutenait que le bien n'était pas achevé au 1er janvier 2023, notamment en raison de l'absence de raccordement électrique effectif avant le 5 janvier 2023. Le tribunal a fait droit à sa demande, jugeant que l'absence d'alimentation électrique rendait le logement inhabitable au 1er janvier 2023, et a appliqué les articles 1380 et 1415 du code général des impôts. En conséquence, M. A a été déchargé des cotisations de taxe foncière contestées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 février et 13 septembre 2024, M. B A demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2023 à raison d'un bien sis 64, rue du Ménil - Bâtiment C - à Asnières-sur-Seine (92).

Il soutient que la taxe foncière, qui doit être établie d'après les faits existants au 1er janvier, n'est pas due au titre de l'année 2023. En effet, les travaux de construction n'ont pas été achevés en 2022, comme retenu à tort par l'administration, mais le 31 janvier 2023 ; en particulier l'alimentation électrique du bâtiment n'a été réalisée que début janvier 2023.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 août 2024, le directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le moyen invoqué par le requérant n'est pas fondé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Huon en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, le rapport de M. Huon, président, et les observations de M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a été assujetti à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2023 à raison d'un appartement et d'un parking, acquis dans le cadre d'une vente en l'état futur d'achèvement, sis 64 rue du Ménil - Bâtiment C à Asnières-sur-Seine (92). Par une réclamation du 1er septembre 2023, le contribuable a contesté cette imposition au motif que l'appartement n'avait été achevé que postérieurement au 1er janvier 2023 et n'était donc pas soumis à cette taxe au titre de ladite année. A la suite du rejet de cette réclamation, M. A réitère ses prétentions devant le juge de l'impôt.

2. Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code. ". En vertu de l'article 1415 du même code, la taxe foncière sur les propriétés bâties est établie pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. Il résulte de ces dispositions que la taxe foncière sur les propriétés bâties n'est applicable qu'aux constructions achevées et, sous réserve des exemptions temporaires prévues par la loi, à compter du 1er janvier du l'année qui suit celle de leur achèvement. Par ailleurs, pour l'application de ces mêmes dispositions, un immeuble d'habitation doit être regardé comme achevé lorsque l'état d'avancement des travaux permet au propriétaire de l'habiter.

3. Il résulte de l'instruction que l'appartement en litige est compris dans une opération de construction d'un ensemble immobilier, dénommé Artchipel, formé de plusieurs bâtiments numérotés de A à P, et est situé au sein du bâtiment C, lequel fait partie de la tranche 1 comprenant les bâtiments A à J. Il résulte également de l'instruction que l'achèvement des travaux de la tranche 1 a fait l'objet de deux attestations de l'architecte, la première en date du 30 novembre 2022 et la seconde établie le 30 janvier 2023. L'administration fait valoir que ce second document ne permet pas de remettre en cause les énonciations du premier et que le logement en cause doit être regardé comme achevé au 30 novembre 2022, date à laquelle les travaux de gros-œuvre, de maçonnerie, de couverture, de pose des ouvrants, de revêtement de sols, de fluides et d'électricité avaient été effectués. Certes, il n'est pas sérieusement contesté que les installations électriques de la tranche 1 et, en particulier du bâtiment C, avaient été réalisées en 2022 dès lors que l'attestation de conformité correspondante a été établie le 24 octobre 2022 et visée par le Consuel le 7 décembre 2022. Toutefois, alors que ce visa n'atteste que de la conformité de l'installation aux prescriptions de sécurité en vigueur et non de la mise sous tension, nécessairement ultérieure, par un distributeur d'électricité, il ressort clairement de l'attestation établie par la société Enedis que le raccordement du bâtiment C au réseau de distribution d'électricité n'est intervenu que le 5 janvier 2023. Dans ces conditions, le logement de M. A ne pouvait être regardé comme alimenté en électricité avant cette date. Ainsi, pour ce seul motif et quel qu'ait été l'état d'avancement des autres travaux et sans qu'ait d'incidence la date de l'appel de fonds afférent à l'achèvement du bien, le logement en litige n'était, en tout état de cause, pas habitable au 1er janvier 2023. M. A est donc fondé à soutenir que c'est par une inexacte appréciation des circonstances de l'espèce et en méconnaissance des dispositions citées au point 2. qu'il a été assujetti à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de ladite année et, par conséquent, à demander la décharge de l'imposition contestée.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est déchargé des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2023 à raison du bien dont il est propriétaire au 64, rue du Ménil - Bâtiment C - à Asnières-sur-Seine (92).

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 août 2025.

Le magistrat désigné,

signé

C. HUON La greffière,

signé

S. RIQUIN

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA95Plein contentieux

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2401992

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a examiné la requête de la SASU Châtenay-Leclerc contestant son imposition à la taxe foncière sur les propriétés bâties pour 2023 concernant un établissement de soins. Le tribunal a constaté un non-lieu à statuer à hauteur d’un dégrèvement partiel de 16.802 euros accordé en cours d’instance. Sur le surplus, la société contestait la méthode d’évaluation de la valeur locative, notamment le choix des locaux-types de comparaison (Fontenay-aux-Roses et Clamart) et demandait une mesure d’instruction ou une réduction. La solution retenue n’est pas explicitement énoncée dans l’extrait, mais le tribunal a appliqué les articles 1498 du code général des impôts et les règles de procédure fiscale pour statuer sur le litige.

08/08/2025

TA95Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2315407

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a statué sur la requête de la société Finamur, qui contestait ses cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties pour les années 2017 à 2022. Le tribunal a d'abord constaté un non-lieu à statuer partiel pour l'année 2022, suite à un dégrèvement accordé par l'administration. Il a ensuite rejeté comme irrecevable la contestation pour les années 2017 à 2021, la réclamation préalable ayant été présentée tardivement, après le 31 décembre de l'année suivant la mise en recouvrement, en application de l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales.

08/08/2025

TA95Plein contentieux

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2402510

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la demande de Mme B, qui contestait son assujettissement à la taxe foncière sur les propriétés bâties pour 2023 et sollicitait une exonération pour 2024 et 2025. Saisi en plein contentieux, le tribunal a jugé que l'appartement était achevé au 30 novembre 2022, date de la première attestation de l'architecte, et donc imposable au 1er janvier 2023 en application des articles 1380 et 1415 du code général des impôts. Les conclusions relatives à l'exonération pour 2024 ont été jugées sans objet, et celles pour 2025 irrecevables en l'absence de mise en recouvrement.

08/08/2025

TA95Plein contentieux

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2402513

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a été saisi par Mme C et M. D d’une demande de décharge de la taxe foncière sur les propriétés bâties pour 2023, concernant un appartement à Asnières-sur-Seine. Les requérants contestaient l’imposition au motif que leur bien n’était pas achevé au 1er janvier 2023, l’alimentation électrique n’ayant été réalisée que le 5 janvier 2023. Le tribunal a fait droit à leur demande, jugeant que, faute de raccordement électrique avant cette date, le logement n’était pas habitable au 1er janvier 2023, en application des articles 1380 et 1415 du code général des impôts. Il a donc prononcé la décharge des cotisations litigieuses.

08/08/2025