jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2402166 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | ANGLIVIEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 février 2024, M. E B, représenté par Me Angliviel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er mars 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être renvoyé et lui a interdit un retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou à défaut, de procéder au réexamen de sa situation tout en le munissant, dans l'attente, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et ce dans les mêmes conditions d'astreinte et de délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle, faute pour le préfet d'avoir saisi les autorités sénégalaises afin de vérifier la véracité de son état civil ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation à cet égard ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire enregistré le 28 mars 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Par une décision du 9 octobre 2023, M. E B a été admis à l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Goudenèche a été entendu au cours de l'audience publique du 27 juin 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. E B, ressortissant sénégalais né le 14 octobre 2003, déclare être entré en France en juillet 2019. Il a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance (ASE) jusqu'à sa majorité. Le 16 septembre 2021, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 1er mars 2023, le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci () ". Il ressort de ces dispositions que lorsque la signature ne comporte pas ces mentions en caractères lisibles, il convient de vérifier qu'aucune autre mention du document ne permet d'identifier la personne qui en est l'auteur.
3. D'une part, il ressort de la lecture de l'arrêté attaqué que l'auteur de la décision attaquée, M. I F, est identifiable grâce aux initiales de son prénom, son nom et sa qualité, mentionnés en caractères lisibles. D'autre part, par un arrêté PCI n° 2022-093 du 13 octobre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture des Hauts-de-Seine du 17 octobre 2022, M. F, attaché d'administration de l'État, adjoint au chef du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement, disposait d'une délégation de signature à cette fin, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme G C, directrice des migrations et de l'intégration et de Mme D A, chef du bureau. Par suite, le moyen, qui manque en fait, doit être écarté en toutes ses branches.
4. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / - restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
5. La décision contestée, qui n'a pas à contenir l'ensemble des éléments concernant la situation du requérant, énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Elle mentionne notamment que les documents d'état civil présentés par M. B sont irréguliers, qu'après un examen approfondi de sa situation le requérant ne peut bénéficier d'une mesure de régularisation à titre discrétionnaire, qu'il est célibataire, sans charge de famille, et qu'il ne démontre pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident ses parents et son frère. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté comme manquant en fait.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française. ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " L'étranger qui demande la délivrance () d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : 1° Les documents justifiants de son état civil ; () ". Et aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil () des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. () ".
7. Il résulte de ces dispositions qu'en cas de doute sur l'authenticité ou l'exactitude d'un acte de l'état civil étranger et pour écarter la présomption d'authenticité dont bénéficie un tel acte, l'autorité administrative procède aux vérifications utiles. Si l'article 47 du code civil pose une présomption de validité des actes d'état civil établis par une autorité étrangère dans les formes usitées dans ce pays, il incombe à l'administration de renverser cette présomption en apportant la preuve, par tout moyen, du caractère irrégulier, falsifié ou non conforme à la réalité des actes en question. En revanche, l'autorité administrative n'est pas tenue de solliciter nécessairement et systématiquement les autorités d'un autre Etat afin d'établir qu'un acte d'état civil présenté comme émanant de cet Etat est dépourvu d'authenticité, en particulier lorsque l'acte est, compte tenu de sa forme et des informations dont elle dispose sur la forme habituelle du document en question, manifestement falsifié. En outre, en cas de contestation, par l'administration, de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.
8. Pour refuser de délivrer le titre de séjour sollicité par M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet des Hauts-de-Seine, a estimé, en se fondant notamment sur un avis défavorable rendu le 27 avril 2022 par les services de direction centrale de la police aux frontières des Yvelines, que les documents d'identité produits n'étant pas probants, au regard des dispositions de l'article 47 du code civil, le requérant ne pouvait justifier de son état civil. Le préfet produit en défense les documents d'état civil présentés par le requérant, à savoir un jugement supplétif, l'extrait des minutes, un certificat de nationalité, un extrait du registre des actes de naissance, et l'analyse de la police aux frontières qui a émis plusieurs avis défavorables sur l'authenticité de ces actes en raison de multiples irrégularités. Il apparait que le jugement supplétif et l'extrait des minutes, sur lesquels se fonde le certificat de nationalité et le rapport d'analyse de l'extrait du registre des actes de naissance H, portent une surcharge évidente sur la date de naissance, passant de 2001 à 2003. Ce jugement a également été tamponné d'un tampon humide comportant des fautes dès lors qu'il est inscrit " au non du peuple sénégalais ". Pour contester cette appréciation, l'intéressé se borne à produire un passeport sénégalais délivré sur le fondement des documents litigieux et une ordonnance de prorogation de mesure éducative rendue par la cour d'appel de Versailles du 19 novembre 2019, qui ne sont pas de nature à remettre en cause l'appréciation portée par les services spécialisés. Ainsi, le préfet des Hauts-de-Seine peut être regardé comme ayant renversé la présomption d'authenticité des documents d'état civil produits et comme ayant procédé à toutes les vérifications utiles. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen peut être écarté.
9. En quatrième lieu, le requérant soutient que le préfet a, à tort, examiné sa demande au regard de l'admission exceptionnelle au séjour alors qu'il sollicitait un titre de séjour de plein droit au titre des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le préfet a examiné la situation du requérant au regard des dispositions de l'article L. 423-22 du code précité et a estimé, ainsi que cela a été énoncé au point 8, qu'en raison de la falsification de ses documents d'identité le requérant, qui n'avait pas déposé sa demande dans l'année de son dix-huitième anniversaire, n'entrait pas dans le champ d'application de ces dispositions. Par suite, et sans qu'ait d'incidence la mention d'une admission exceptionnelle au séjour qui constitue en l'espèce une simple erreur de plume, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
11. Le requérant fait valoir qu'il réside en France depuis 2019, soit depuis moins de quatre ans à la date de la décision attaquée. S'il établit avoir travaillé en tant qu'apprenti boulanger d'octobre 2021 à août 2023 dans le cadre d'un contrat de travail, cette circonstance ne permet pas de justifier d'une insertion professionnelle stable et pérenne sur le territoire français à la date de la décision attaquée. Par ailleurs la signature d'un contrat de travail à durée indéterminée en août 2023 à l'issue de son contrat d'apprentissage est un élément postérieur à la décision attaquée, dont il ne peut utilement se prévaloir. Enfin, M. B ne fait état d'aucune attache sur le territoire, et il ressort des pièces du dossier qu'il est célibataire, sans enfants, et que sa fratrie et ses parents résident dans son pays d'origine. Ainsi, le préfet n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen doit être écarté.
12. En dernier lieu, pour les mêmes raisons que celles évoquées au point précédent, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation sur les conséquences de sa situation personnelle. Par suite, ce moyen droit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
13. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant refus de délivrance de titre de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision énonçant l'obligation de quitter le territoire français est motivée. Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour ".
15. Il ressort des pièces du dossier et pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 11 que la décision contestée, qui précise que le requérant est célibataire et sans enfant et qu'il n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, est suffisamment motivée. Par suite, le moyen manque en fait et doit être écarté.
16. Pour les mêmes raisons que celles évoquées au point 11, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ou d'une méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne l'interdiction de retourner sur le territoire :
17. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Selon l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".
18. Il ressort des pièces du dossier que M. B est présent sur le territoire français depuis juillet 2019, qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public, que le préfet des Hauts-de-Seine a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français incluant un délai de départ volontaire et qu'il n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement. Dans ces conditions, la mesure en litige apparaît disproportionnée, de sorte que le préfet des Hauts-de-Seine a commis une erreur d'appréciation en l'édictant.
19. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. B est seulement fondé à solliciter l'annulation de l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 1er mars 2023 en tant qu'il lui interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
20. L'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français implique seulement qu'il soit enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de prendre, sans, délai, toute mesure propre à mettre fin au signalement de M. B dans le système d'information Schengen. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
21. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que M. B demande en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : L'arrêté du 1er mars 2023 du préfet des Hauts-de-Seine est annulé en tant qu'il interdit à M. B le retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de prendre, sans délai, toute mesure propre à mettre fin au signalement de M. B dans le système d'information Schengen procédant de l'interdiction de retour ci-dessus annulée.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E B, à Me Angliviel et au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bories, présidente,
M. Bourragué, premier conseiller,
Mme Goudenèche, conseillère,
Assistés de Mme Nimax, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024.
La rapporteure
signé
C. Goudenèche
La présidente
signé
C. BoriesLa greffière,
signé
S. Nimax
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026