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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2402619

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2402619

lundi 26 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2402619
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantTRORIAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 février 2024, Mme A B, représentée par Me Trorial, demande à la juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) de suspendre l'exécution de la décision du 26 janvier 2024 et de l'arrêté du 21 décembre 2023, par lesquels le préfet des Hauts-de-Seine lui a refusé le renouvellement de son certificat de résidence algérien " étudiant ", l'a obligée à quitter le territoire français à destination du pays dont elle a la nationalité ;

3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de 24 heures, à compter de la notification de la décision et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à défaut de réexaminer sa demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros à verser à son conseil MeTrorial en application des articles 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, et dans l'hypothèse où l'aide juridictionnelle définitive lui est refusée, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle bénéficie de la présomption d'urgence et que les décisions du préfet sont de nature à remettre en cause son projet professionnel et l'empêchent de terminer ses études après sa réorientation réussie ;

- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées :

Sur les décisions portant refus de titre de séjour :

* la décision portant refus de titre de séjour en date du 26 janvier 2024 est insuffisamment motivée ;

* elle est entachée d'incompétence de son auteur ;

* elle est dépourvue de base légale ;

*elle est illégale par exception d'illégalité de l'arrêté du 21 décembre 2023 laquelle est dépourvue de motivation, méconnait le Titre III du protocole de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

*elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

* elle méconnait l'article 25 de la déclaration universelle des droits de l'homme ;

* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

* elle est illégale par exception d'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;

* elle méconnait le Titre III du protocole de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

* elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2402642 enregistrée le 25 février 2023, par laquelle Mme B demande l'annulation de l'arrêté attaqué.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Edert, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante algérienne est entrée en France selon ses déclarations le 16 septembre 2021 muni d'un visa long séjour étudiant et s'est vue délivrer un certificat de résidence " étudiant " valable du 19 novembre 2021 au 18 novembre 2022 renouvelé une fois et valable jusqu'au 18 novembre 2023. Le 30 septembre 2023, elle en a sollicité le renouvellement sur le site ANEF. Le 26 janvier 2024, elle a été informée que par un arrêté du 21 décembre 2023, le préfet des Hauts-de-Seine avait rejeté sa demande et lui avait fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours à destination du pays dont elle a la nationalité. Par la présente requête, Mme B demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté et de la décision du 26 janvier 2024 révélant cet arrêté.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " () lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci () est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, en vertu des dispositions du premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

Sur les conclusions aux fins de suspension de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. Aux termes de l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir avant l'expiration du délai ouvert pour contester, devant le tribunal administratif, cette décision et la décision fixant le pays de renvoi qui l'accompagne, ni avant que ce même tribunal n'ait statué sur ces décisions s'il a été saisi () ".

4. Il résulte de ces dispositions que la requête en annulation de l'arrêté attaqué, formée par Mme B et enregistrée sous le n°2402642 a pour effet de suspendre l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Dès lors, les conclusions de l'intéressée tendant à la suspension de l'exécution de ces décisions sont sans objet et, par suite, irrecevables.

Sur les conclusions aux fins de suspension de la décision portant refus de séjour :

5. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour ou d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier, à très bref délai, d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision en litige.

6. Pour justifier de l'urgence à statuer sur sa demande, Mme B fait valoir que la décision l'empêche de poursuivre ses études et la prive de la possibilité de poursuivre ses stages en lien avec sa formation et de mener à bien son projet professionnel. Toutefois, ses affirmations ne sont assorties d'aucun élément, en particulier sur la réalité de ses études, de ses stages et de l'impossibilité de les poursuivre. Dès lors, Mme B n'établit pas l'existence d'une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Pour ce seul motif, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision de refus de séjour attaquée, la requérante n'est pas fondée à demander la suspension de l'exécution de cette décision.

7. Il résulte de ce tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celle tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme B n'est pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Cergy- Pontoise, le 26 février 2024.

La juge des référés,

signé

S. Edert

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.0

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