mercredi 17 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2402926 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | AZAIEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 28 février 2024, le vice-président du tribunal administratif de Melun a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise la requête présentée par M. C.
Par cette requête et un mémoire, enregistrés les 29 février et 7 avril 2024, M. D C, représenté par Me Azaiez, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 décembre 2023 par lequel la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter le territoire français, sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer le titre de séjour sollicité ou à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans l'un ou l'autre des cas, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Il soutient que :
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est entachée d'incompétence ;
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'un vice de procédure, en l'absence de respect du principe du contradictoire ;
- est entachée d'une erreur de droit dès lors que la décision fait application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et non de l'accord franco-tunisien, qui régit les ressortissants tunisiens ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard à sa situation personnelle ;
La décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- est entachée d'incompétence ;
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'un vice de procédure, en l'absence de respect du principe du contradictoire ;
- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- est entachée d'une erreur de droit dès lors que la décision fait application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et non de l'accord franco-tunisien, qui régit les ressortissants tunisiens ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard à sa situation personnelle ;
La décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- est entachée d'incompétence ;
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'un vice de procédure, en l'absence de respect du principe du contradictoire ;
- est entachée d'une erreur de droit dès lors que la décision fait application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et non de l'accord franco-tunisien, qui régit les ressortissants tunisiens ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard à sa situation personnelle.
La préfète du Val-de-Marne n'a pas produit de mémoire en défense mais des pièces enregistrées le 6 avril 2024.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour et des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Garona comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et des décisions relatives à la rétention des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter, VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 9 avril 2024, ont été entendus :
- le rapport de Mme Garona, magistrate désignée,
- et les observations orales de Me Kao, pour la préfète du Val-de-Marne.
Considérant ce qui suit :
1. M. D C, ressortissant tunisien, né le 30 novembre 1995, déclare être entré irrégulièrement en France le 1er janvier 2023. Le 8 décembre 2023, il a fait l'objet d'un contrôle routier puis a été interpellé et placé en garde à vue par les services de police pour des faits de défaut de permis de conduire, usage de faux permis de conduire et obtention frauduleuse de document, ce qui a révélé son séjour irrégulier sur le territoire national. Par l'arrêté attaqué du 9 décembre 2023, la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter le territoire français, sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.
Sur les moyens communs aux décisions attaquées :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2023/00431 du 3 février 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Val-de-Marne du même jour, Mme B A, sous-préfète chargée de mission, secrétaire générale adjointe, disposait d'une délégation de la préfète du Val-de-Marne à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans l'arrondissement de Créteil, à l'exception de décisions au nombre desquelles ne figurent pas les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions attaquées, qui manque en fait, doit être écarté.
3. En second lieu, M. C soutient qu'il n'a pas été mis en mesure, en méconnaissance du principe du contradictoire, de faire valoir des observations avant le prononcé des décisions portant obligation de quitter le territoire français, refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire et portant interdiction de retour sur le territoire français. Toutefois, il ressort des pièces du dossier et notamment du procès-verbal d'audition versé en défense que M. C a été entendu par les services de police le 9 décembre 2023 et a pu présenter à cette occasion des observations. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire préalablement à l'édiction des décisions litigieuses, qui manque en fait, doit être écarté.
Sur les autres moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, la décision attaquée vise le 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, indique que l'intéressé ne justifie pas être entré régulièrement sur le territoire français et n'a jamais sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Elle comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est par suite suffisamment motivée.
5. En deuxième lieu, M. C soutient que la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors que la décision attaquée ne fait pas application de l'accord franco-tunisien mais du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, l'accord franco-tunisien n'a vocation à régir que le seul droit au séjour des ressortissants tunisiens. Dès lors, un tel moyen, dirigé contre la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté, comme inopérant.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
7. Si le requérant se prévaut de ces stipulations, il ressort des pièces du dossier et notamment de la décision attaquée qu'il ne conteste pas, qu'il est entré en France au mois de janvier 2023 et travaille depuis le mois de septembre 2023 en qualité de chauffeur routier, soit depuis moins de six mois à la date de la décision attaquée. Enfin, célibataire, sans enfant et sans attache sur le territoire national, il n'établit ni même n'allègue être dépourvu de tous liens dans son pays d'origine, la Tunisie, où il a vécu à tout le moins jusqu'à l'âge de 28 ans. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit également être écarté.
Sur les autres moyens dirigés contre la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
8. En premier lieu, la décision attaquée vise expressément l'article L. 612-2 et le 1° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne qu'il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet, que l'intéressé ne justifie d'aucune circonstance particulière et que sa présence constitue un risque pour l'ordre public. Elle comporte ainsi les circonstances de fait et de droit sur lesquelles elle a entendu se fonder et est ainsi suffisamment motivée.
9. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète du Val-de-Marne n'a pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle du requérant.
10. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 5 et 7, les moyens tirés de l'erreur de droit en l'absence d'application de l'accord franco-tunisien, de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation eu égard à la situation personnelle du requérant doivent être écartés.
Sur les autres moyens dirigés contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
11. En premier lieu, la décision vise les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que M. C ne justifie d'aucune circonstance humanitaire particulière, compte tenu de son entrée récente en France, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et de son comportement qui représente une menace pour l'ordre public. Elle comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est par suite suffisamment motivée.
12. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 5 et 7, les moyens tirés de l'erreur de droit en l'absence d'application de l'accord franco-tunisien, de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation eu égard à la situation personnelle du requérant doivent être écartés.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. C tendant à l'annulation de l'arrêté du 9 décembre 2023 par lequel la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter le territoire français, sans délai, a fixé le pays de destination et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, doivent être rejetées et, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles relatives aux frais liés au litige.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et à la préfète du Val-de-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 avril 2024.
La magistrate désignée,
signé
E. Garona
La greffière,
signé
Z. Bouayyadi
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026