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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2403181

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2403181

mardi 7 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2403181
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantDAHHAN

Texte intégral

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné M. Ouillon,

vice-président, en qualité de juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Ouillon, magistrat désigné.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant sénégalais, né le 2 mars 1993, serait entré en France en 2019, selon ses déclarations. Sa demande d'asile a fait l'objet d'un rejet le 15 novembre 2021 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 3 janvier 2023, notifiée le 6 janvier 2023. M. B a été interpellé le 16 février 2024 pour des faits de violence conjugale. Par un arrêté du 16 février 2024, le préfet des Hauts-de-Seine, l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. M. B demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 16 février 2024.

2. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé par Mme D, adjointe à la cheffe du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement, qui disposait d'une délégation de signature à cette fin, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme C, directrice des migrations et de l'intégration, consentie par un arrêté 2023-078 du 4 décembre 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture des Hauts-de-Seine du 19 décembre 2023. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme C n'aurait pas été absente ou empêchée à la date de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée () ". Et aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les décisions relatives au refus () du délai de départ volontaire () et les décisions d'interdiction de retour () sont motivées. ".

4. Les décisions contestées visent le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment le 4° de l'article L. 611-1, les articles L. 721-3 et L. 721-4 ainsi que les stipulations conventionnelles, en particulier les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le préfet fait également état de la situation personnelle de l'intéressé. Ainsi, les décisions contestées, qui font apparaître de façon suffisamment circonstanciée les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, sont suffisamment motivées.

5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment de la motivation de l'arrêté attaqué, que le préfet des Hauts-de-Seine a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B avant de prendre à son encontre les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré du défaut d'un tel examen doit être écarté.

6. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a été interpellé le

16 février 2024 pour des faits de violence conjugale. En outre, il est sans charge de famille en France et n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où réside les membres de sa famille et où il a vécu au moins jusqu'à l'âge de 26 ans. Il ne justifie pas d'une insertion sociale ou professionnelle particulière en France. Par ailleurs, sa demande d'asile a fait l'objet d'un rejet le 15 novembre 2021 par l'OFPRA, confirmée par une décision de la CNDA du 3 janvier 2023, notifiée le 6 janvier 2023. Ainsi, l'intéressé ne démontre pas avoir fixé le centre de ses intérêts privés en France et ne justifie pas d'attaches intenses sur le territoire national. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de l'arrêté attaqué sur la situation personnelle de M. B doit être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 16 février 2024 du préfet des Hauts-de-Seine. Par suite, l'ensemble des conclusions de sa requête, doit être rejeté.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Hauts-de-Seine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

S. Ouillon

La greffière,

Signé

O. El Moctar

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2403181

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