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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2403536

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2403536

jeudi 13 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2403536
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantBAPCERES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 mars 2024, Mme A C née B, représentée par Me Bapceres, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision, révélée par la consultation de son compte en ligne sur le site Internet de la CAF, par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) du Val-d'Oise a mis à sa charge un indu de 250 euros d'aide exceptionnelle de solidarité versée à tort en septembre 2020 ;

2°) de la décharger du paiement de cette dette ;

3°) d'enjoindre à la CAF du Val-d'Oise de lui restituer les sommes déjà prélevées sur le fondement de ces indus ;

4°) de mettre à la charge de l'État au bénéfice de son conseil la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Vu :

- la décision du 9 octobre 2023 par laquelle le président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise a admis Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n°2020-1453 du 27 novembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ".

2. En premier lieu, si Mme C soutient que la CAF ne démontre ni que les décisions ont été signées par une autorité compétente, ni que les décisions ont fait l'objet d'une motivation suffisante, elle demande l'annulation d'une décision d'indu révélée par des mentions figurant sur son compte allocataire. Dès lors, les moyens de légalité externe qu'elle soulève sont inopérants.

3. En second et dernier lieu, aux termes de l'article 1er du décret du 27 novembre 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de solidarité liée à l'urgence sanitaire aux ménages les plus précaires : " Une aide exceptionnelle de solidarité est attribuée, au titre des mois de septembre ou octobre 2020 et dans les conditions fixées à l'article 2 du présent décret, aux bénéficiaires d'au moins l'une des allocations suivantes : /1° Le revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ; / 2° Le revenu de solidarité mentionné à l'article L. 522-14 du même code ; / 3° L'une des aides personnelles au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation susvisé ; 4° L'allocation de solidarité spécifique mentionnée à l'article L. 5423-1 du code du travail ; 5° La prime forfaitaire mentionnée à l'article L. 5425-3 du même code dans sa rédaction antérieure à la loi du 29 décembre 2016 susvisée ; 6° L'allocation équivalent retraite mentionnée au II de l'article 132 de la loi du 24 décembre 2007 susvisée, ainsi qu'à l'article 1er du décret du 29 mai 2009 et à l'article 1er du décret du 6 mai 2010 susvisés ".

4. En l'espèce, pour contester avoir perçu indûment l'aide exceptionnelle de solidarité, Mme C, qui est représentée par un avocat, se borne à soutenir qu'il appartient à la CAF d'établir le motif de l'indu en litige et qu'elle remplissait les conditions d'attribution de cette aide. Toutefois, elle n'apporte aucune précision dans ses écritures, ni ne verse aucune pièce justifiant de ses allégations à caractère très général, n'ayant produit, à l'instance, que les seules captures d'écran révélant les décisions attaquées. Le moyen tiré de l'absence de fondé de l'indu en litige n'est donc manifestement pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions d'annulation de Mme C, à l'appui desquelles elle ne présente que des moyens de légalité externe manifestement non fondés, des moyens inopérants ou qui ne sont manifestement pas assortis des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé, ne peuvent qu'être rejetées sur le fondement des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Il en va de même par voie de conséquence de ses conclusions présentées à fin de décharge, à fin d'injonction et sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C née B, à Me Bapceres.

Copie sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 13 juin 2024.

La vice-présidente,

H. Lepetit-Collin

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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