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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2403563

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2403563

mardi 21 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2403563
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantDIALLO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2403160 du 7 mars 2024, le premier vice-président du tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise le dossier de la requête de M. C B, enregistrée le 6 mars 2024.

Par cette requête, enregistrée le 12 mars 2024 au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, M. B, représenté par Me Diallo, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 mars 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet compétent de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il doit être regardé comme soutenant que :

- l'arrêté a été pris par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 avril 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête et produit les pièces du dossier du requérant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 avril 2024 :

- le rapport de M. Dussuet, président du tribunal ;

- les parties n'étant ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, ressortissant égyptien né le 1er mars 1992, est entré sur le territoire français en 2014, selon ses déclarations. Il a été interpelé par les services de police, le 4 mars 2024, pour des faits de conduite sans permis et sans assurance. Par un arrêté du 4 mars 2024, dont M. B demande l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, par un arrêté n° 2023-2213 du 23 août 2023, régulièrement publié au bulletin des informations administratives du département de la Seine-Saint-Denis du même jour, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation à M. E G, adjoint à la cheffe du bureau de l'éloignement, pour signer, notamment, les décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le délai de départ, fixant le pays de destination et les décision d'interdiction de retour sur le territoire français en cas d'absence ou d'empêchement de Mme A D, cheffe du bureau de l'éloignement, dont il n'est ni allégué ni établi qu'elle n'était pas absente ou empêchée à la date à laquelle l'arrêté a été pris. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté contesté comporte l'énoncé suffisamment précis des circonstances de fait et de droit et de fait qui le fondent. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté.

4. En troisième lieu, si M. B soutient qu'il est intégré en France et entend régulariser sa situation, les attestations de paiement de ses cotisations et de perception de ressources qu'il produit ne suffisent pas à établir que le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle en édictant l'arrêté contesté. Le moyen doit donc être écarté.

5. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui "

6. Si M. B peut être regardé comme se prévalant de sa présence en France depuis 2014 et de son insertion professionnelle, les attestations de paiements à l'URSSAF qu'il produit sont insuffisant pour démontrer qu'il a fixé l'ensemble de ses intérêts économiques sur le territoire français. En outre, le requérant n'établit pas, ni même n'allègue, avoir tissé de liens personnels en France. Dans ces conditions, et alors même que l'intéressé ne constituerait pas une menace à l'ordre public, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée aurait méconnu les stipulations précitées.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

7. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision, soulevé à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, de même que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 21 mai 2024

Le président du tribunal,

signé

J-P. Dussuet Le greffier,

signé

M. F

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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