Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2403686

lundi 8 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2403686
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A, ressortissant nigérian, qui demandait une injonction au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un récépissé de renouvellement de titre de séjour avec autorisation de travail. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, faute pour le requérant de justifier d'une activité professionnelle et donc d'un risque de perte d'emploi. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris celles relatives aux frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 mars 2024, M. B A représenté par Me Dodier demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un récépissé de renouvellement de titre de séjour avec autorisation de travail, dans le délai de 8 jours courant à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et ce dans l'attente qu'il puisse être mis en possession d'un titre de séjour " vie privée et familiale " en application de l'article L.423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa demande est urgente dès lors qu'il risque de perdre son travail ;

- la mesure demandée est utile dès lors qu'il démontre avoir tenté tous les moyens amiables à sa disposition afin de régler sa situation ;

- la mesure ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision.

La requête a été communiquée au préfet du Val-d'Oise qui n'a pas présenté d'observations en défense.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Chabrol, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, de nationalité nigériane, né le 12 mars 1979, a été mis en possession d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 5 mars 2022 puis a été mis en possession de plusieurs récépissés dont le dernier valable jusqu'au 24 décembre 2023. Par la présente requête, il demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler.

2. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ". Aux termes de l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à enjoindre au préfet du Val-d'Oise d'exécuter la mesure qu'il sollicite, M. A fait valoir qu'il est maintenu en situation irrégulière depuis l'expiration de son dernier récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler et qu'il risque de perdre son emploi. Toutefois le requérant ne justifie d'aucune activité professionnelle et ainsi ne démontre pas l'existence d'une situation d'urgence au sens de l'article L.521-3 du code de justice administrative.

4. Il résulte de ce qui précède qu'à défaut d'urgence, l'ensemble des conclusions présentées par M. A doivent être rejetées.

O R D O N N E

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise

Fait à Cergy, le 8 juillet 2024

La juge des référés,

Signé

C. Chabrol

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2403686