Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2403696

mardi 30 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2403696
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de Mme B, ressortissante turque, qui contestait le refus de renouvellement de son titre de séjour étudiant et l'obligation de quitter le territoire français prise par le préfet du Val-d'Oise. Le tribunal a jugé que la décision de refus était suffisamment motivée et que le préfet n'avait commis ni défaut d'examen ni erreur de fait, dès lors que l'intéressée était inscrite pour la troisième année consécutive dans le même diplôme universitaire sans progression démontrée. L'illégalité du refus de titre n'étant pas établie, l'obligation de quitter le territoire français n'était pas fondée sur une décision illégale. La requête a été rejetée dans son ensemble, incluant les demandes d'injonction et de frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 14 mars 2024 et 18 avril 2024, Mme A B, représentée par Me Teffo, demande au Tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 février 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour étudiant, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de lui accorder l'aide juridictionnelle à titre provisoire et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen ;

- elle est entaché d'une erreur de fait.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour.

Par ordonnance du 27 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 juin 2024 à 12h.

Le Préfet du Val-d'Oise a produit un mémoire en défense enregistré le 27 juin 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement, sur proposition de la rapporteure publique, a dispensé cette dernière de présenter des conclusions sur cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Debourg, conseillère.

Une note en délibéré a été enregistrée le 2 juillet 2024 pour Mme B et n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante turque née le 25 septembre 1995 à Bahcelievler, est entrée sur le territoire français 17 août 2021 sous couvert d'un BLS/TS étudiant. Elle a été mise en possession d'un titre de séjour étudiant valable du 14 juin 2022 au 13 octobre 2023. Le 7 juillet 2023, elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 422-1 à L. 422-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté litigieux du 19 février 2024, le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire

2. Aux termes l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

3. En premier lieu, la décision litigieuse comporte l'énoncé suffisamment précis des circonstances de droit et de fait qui la fondent. Elle est, par suite, suffisamment motivée.

4. En second lieu, pour refuser de lui délivrer le titre de séjour sollicité, le préfet du Val- d'Oise a considéré qu'elle ne justifiait d'aucun résultat probant depuis plusieurs années dès lors qu'elle est inscrite pour la troisième année consécutive dans le même cursus. S'il ressort des pièces du dossier et notamment des relevés de notes et de l'attestation de la responsable de la formation que la requérante a suivi son cursus avec sérieux et que son niveau de français a progressé, il est toutefois constant qu'à la date de la décision litigieuse, elle ne justifie que d'une inscription au titre du Diplôme universitaire de français langue étrangère au sein de l'université de Cergy, pour la troisième année consécutive, ne démontrant ainsi aucune évolution dans son cursus universitaire. Par conséquent, le préfet du Val-d'Oise n'a entaché sa décision ni d'un défaut d'examen, ni d'une erreur de fait.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

5. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à exciper de l'illégalité du refus de titre de séjour pour demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 19 février 2024 doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions aux fins d'injonction et de celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : Mme B est admise à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de Mme B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 2 juillet 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Le Griel, présidente ;

M. Jacquelin, premier conseiller ;

Mme Debourg, conseillère ;

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juillet 2024.

La rapporteure,

signé

T. Debourg

La présidente,

signé

H. Le Griel

La greffière,

signé

H. Mofid

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour ampliation, la greffière.

N°2403696