Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2403901
vendredi 26 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2403901 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 mars 2024, Mme A B, représentée par
Me Morin, demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise, ou au préfet compétent, de lui fixer un rendez-vous afin qu'elle puisse procéder au dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour, portant la mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire " et de lui remettre un récépissé, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros toutes taxes comprises en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la mesure sollicitée est urgente dès lors qu'elle sollicite le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire " et qu'elle est enceinte de son deuxième enfant ;
- la mesure sollicitée est utile ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ;
- la mesure sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mai 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au non-lieu à statuer sur cette requête en raison du fait que la requérante a pu procéder au dépôt de sa demande de renouvellement le 22 mars 2024 et qu'elle s'est vu remettre une attestation de prolongation de l'instruction valable jusqu'au 21 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal, a désigné M. Bories, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante nigériane, née le 31 décembre 1993, est entrée en France en 2015 et s'est vu reconnaître la protection subsidiaire par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 14 décembre 2017. Elle a ensuite été mise en possession d'un titre de séjour temporaire valable du 29 octobre 2019 au 28 octobre 2023. Elle a essayé d'en solliciter le renouvellement via la plateforme de l'ANEF sans y parvenir. Par la présente requête,
Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui fixer un rendez-vous en préfecture afin qu'elle puisse déposer sa demande de renouvellement.
Sur le non-lieu à statuer :
2. Les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative prévoient que : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Le préfet du Val-d'Oise fait valoir, sans être contredit, que Mme B a pu déposer sa demande de renouvellement auprès des services de la préfecture, en cours d'instance, le 22 mars 2024 et s'est vu remettre une attestation de prolongation de l'instruction valable jusqu'au 21 septembre 2024. Mme B ne conteste pas que, dans ces conditions, sa requête soit devenue sans objet.
4. Il résulte de ce qui précède que le préfet est fondé à faire valoir qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte de Mme B.
Sur les frais d'instance :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat au bénéfice de Mme B la somme de 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par Mme B.
Article 2 : L'Etat versera à Mme B la somme de 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Cergy, le 26 juillet 2024.
Le juge des référés,
signé
A. Bories
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.