mardi 10 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2404580 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | BOUJNAH |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n°2401046 du 28 mars 2024, le tribunal administratif de Melun a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise la requête de M. B A.
Par cette requête enregistrée le 28 mars 2024, M. B A, représenté par Me Boujnah, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 janvier 2024, par lequel le préfet de Seine-et-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de son renvoi et assorti son arrêté d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à Me Boujnah en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative sous réserve d'une renonciation expresse de M. A.
Il soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait dès lors qu'il est de nationalité française.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juin 2024, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juillet 2024, le préfet de Seine-et-Marne conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir que le requérant a justifié de sa nationalité française dans la présente instance alors qu'il avait tout loisir de le faire lors de son interpellation et pendant son audition.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement, sur proposition de la rapporteure publique, a dispensé cette dernière de présenter des conclusions sur cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Jacquelin, rapporteur.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est né en Mauritanie le 28 juin 1976. Par l'arrêté litigieux du 24 janvier 2024, le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de son renvoi, et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.
Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. () ". M. A a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 25 janvier 2024 auprès du tribunal administratif de Melun, laquelle est en cours d'instruction. Il y a lieu, dans ces circonstances de prononcer l'admission de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle, à titre provisoire.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
3. Si le préfet fait valoir que le litige est privé de son objet au motif que le requérant a justifié de sa nationalité française, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'administration aurait abrogé ou retiré l'arrêté litigieux ni par suite que la requête serait privée d'objet. Il s'ensuit que l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense ne peut être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes des dispositions de l'article L.110-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " sont considérées comme étrangers au sens du présent code les personnes qui n'ont pas la nationalité française, soit qu'elles aient une nationalité étrangère, soit qu'elles n'aient pas de nationalité. "
5. Il ressort des pièces du dossier que le requérant justifie posséder la nationalité française, ainsi qu'en atteste la carte nationale d'identité délivrée le 20 septembre 2017 par la préfecture du Val-d'Oise. Le préfet de Seine-et-Marne, dans le dernier état de ses écritures, reconnaît que l'intéressé justifie de sa nationalité française. Dès lors, les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne sauraient lui être appliquées. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être accueilli.
6. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 24 janvier 2024 doit être annulé en toutes ses dispositions.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'État la somme demandée sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D É C I D E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté du 24 janvier 2024 du préfet de Seine-et-Marne est annulé.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 29 août 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Griel, présidente ;
M. Jacquelin, premier conseiller ;
Mme Debourg, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 septembre 2024.
Le rapporteur,
signé
G. Jacquelin
La présidente,
signé
H. Le Griel
La greffière,
signé
H. Mofid
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, la greffière.
N°2404580
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026