jeudi 25 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2404633 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | LAPEYRERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 mars 2024, M. A B, représenté par Me Lapeyrere, demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite en date du 1er février 2024 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de renouvellement de son titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder à l'enregistrement et à l'examen de sa demande de renouvellement et de lui délivrer un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire national dans un délai de sept jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, soit, en cas d'admission définitive à l'aide juridictionnelle, la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions
de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle, soit, en cas de rejet définitif de la demande d'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser au requérant en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que sa carte de résident a expiré le 18 janvier 2021 ; il souffre de pathologies nécessitant un traitement lourd et continu alors que sa prise en charge par l'assurance maladie n'est plus effective et qu'il a été contraint d'interrompre certains traitements médicaux ; il ne peut travailler et que ses droits à la retraite sont bloqués ; qu'il se trouve donc privé de ressources ; l'urgence à suspendre une décision de refus de renouvellement de titre de séjour est en principe reconnue ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée dès lors qu'il a accompli les formalités nécessaires à l'enregistrement de sa demande et s'est heurté à plusieurs obstacles pratiques.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 avril 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête comme irrecevable.
Il fait valoir que :
- une convocation a été délivrée à M. B pour le lundi 22 avril 2024 ;
- il n'existe pas de décision implicite de rejet lui faisant grief.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n°2404640 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision en litige ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal, a désigné Mme Lepetit-Collin, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, qui s'est tenue le 8 avril 2024, en présence de Mme Soulier, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Lepetit-Collin,
- les observations de Me Lapeyrere, représentant M. B non présent. Me Lapeyrere maintient ses conclusions.
La clôture de l'instruction a été différée au 23 avril à 17h00.
Par un mémoire complémentaire enregistré le 22 avril 2024 et communiqué à la défense, M. B informe le tribunal de ce qu'il s'est vu remettre un récépissé de demande de titre de séjour valable jusqu'au 21 octobre 2024 et maintient ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant irakien né le 1er juillet 1945, entré sur le territoire français en décembre 1978, s'est vu reconnaître la qualité de réfugié par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 19 février 1991, et était titulaire d'une carte de résident valable jusqu'au 18 janvier 2021. Il a présenté une demande de renouvellement de sa carte de résident le 11 janvier 2021. Après de nombreuses démarches, M. B a adressé, par courrier reçu le 1er décembre 2023 par la préfecture des Hauts-de-Seine, une nouvelle demande tendant au renouvellement de sa carte de résident, demande restée sans réponse. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite née le 1er février 2024 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de renouvellement de son titre de séjour.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 ci-dessus visée : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte :
3. Il ressort des pièces du dossier qu'après avoir reçu, le 4 avril 2024, soit postérieurement à l'introduction de la présente requête, une convocation pour un rendez-vous à la préfecture le lundi 22 avril 2024, M. B s'est vu remettre, ce même 22 avril 2024, un récépissé de demande de renouvellement de son titre de séjour valable jusqu'au 21 octobre 2024. Ainsi, en l'état de l'instruction, les conclusions présentées par le requérant tendant à la suspension de l'exécution de la décision implicite en date du 1er février 2024 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de renouvellement de son titre de séjour et celles tendant à ce qu'il soit enjoint, sous astreinte, au préfet de procéder à l'enregistrement et à l'examen de sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire, ont perdu leur objet. Il n'y a donc pas lieu d'y statuer.
Sur les frais liés à l'instance :
4. Ainsi qu'il est énoncé au point 2 de la présente ordonnance, il y a lieu d'admettre M. B, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Son avocat peut, dès lors, se prévaloir des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État, partie perdante, le versement à Me Lapeyrere, avocat de M. B, de la somme de 1 000 euros au titre de ces dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte présentées par M. B.
Article 3 : L'Etat versera à Me Lapeyrere, avocat de M. B, la somme de 1 000 (mille) euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Lapeyrere et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 25 avril 2024.
La juge des référés,
Signé
H. Lepetit-Collin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026