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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2405121

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2405121

mardi 4 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2405121
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantFERNANDEZ

Texte intégral

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné M. Ouillon, en qualité de juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Ouillon, magistrat désigné ;

- et les observations de Me Fernandez, avocat commis d'office, représentant M. D, qui conclut aux mêmes fins que la requête et soutient, en outre, que l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente, qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public et que le procès-verbal de son audition n'est pas signé.

Le préfet de la Seine-Saint-Denis n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, de nationalité moldave, né le 16 mars 1998, serait entré en France le 4 février 2023, selon ses déclarations. Par un arrêté du 1er avril 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. M. D demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 1er avril 2024.

2. En premier lieu, en vertu des arrêtés n° 2022-0840 du 1er avril 2022 et n° 2024-0859 du 22 mars 2024 régulièrement publiés au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Seine-Saint-Denis et librement accessible tant au juge qu'aux parties, le préfet de ce département a donné délégation à Mme E B, adjointe à la cheffe du bureau du séjour, signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer les décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français, en cas d'absence ou d'empêchement de la directrice des migrations et de l'intégration et de la cheffe du bureau du séjour dont il n'est pas démontré qu'elles n'auraient pas été absentes ou empêchées, à la date des décision attaquées. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées manque ainsi en fait et doit, par suite, être écarté.

3. En deuxième lieu, si le requérant soutient que le procès-verbal de son audition par les services de police le 1er avril 2024, n'est pas signé, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué.

4. En troisième lieu, il ressort des mentions de l'arrêté attaqué que le requérant a été interpellé le 1er avril 2024 pour des faits de conduite d'un véhicule sous l'empire d'un état alcoolique et que la consultation du fichier automatisé des empreintes digitales a révélé des signalements pour des faits de même nature commis les 1er et 7 août 2022. Contrairement à ce que soutient M. D, qui ne conteste pas la matérialité des faits qui lui sont reprochés, ceux-ci, eu égard à leur nature et leur répétition, sont bien constitutifs d'une menace pour l'ordre public. Par ailleurs, pour obliger M. D à quitter le territoire français, le préfet a également retenu la circonstance qu'il ne pouvait pas justifier être entré régulièrement sur le territoire français et s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité, lequel entrait aussi dans le champ d'application des dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 1er avril 2024 du préfet de la Seine-Saint-Denis. Par suite, les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juin 2024.

Le magistrat désigné,

signé

S. Ouillon

La greffière,

signé

M. C

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2405121

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