Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2405203

mardi 24 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2405203
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de Mme B, ressortissante marocaine, qui contestait l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 19 mars 2024 lui refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et lui interdisant le retour pour un an. La juridiction a écarté les moyens d'insuffisance de motivation et de méconnaissance des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, en se fondant notamment sur l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987. La solution retenue confirme la légalité de l'arrêté préfectoral, considérant que la décision était suffisamment motivée et proportionnée à la situation personnelle et familiale de la requérante.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 10 avril et 26 août 2024, Mme A B demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 mars 2024, par lequel le préfet des Hauts-de-Seine lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter sans délai le territoire français en fixant le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou, à défaut, la mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de la munir, durant cet examen, d'une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- son comportement ne représente pas une menace pour l'ordre public ;

- cette décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle est susceptible d'avoir sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- cette décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour sur laquelle elle est fondée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle est susceptible d'avoir sur sa situation personnelle et familiale.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle est susceptible d'avoir sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 juillet 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 12 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 août 2024 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 modifié ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Fabas, conseillère ;

- et les observations de Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante marocaine née le 9 mars 1996, est entrée en France le 2 avril 2016 sous couvert d'un visa de court séjour délivré par les autorités espagnoles. Le 15 mars 2023, elle a sollicité, auprès du préfet des Hauts-de-Seine, son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 19 mars 2024, le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter sans délai le territoire français en fixant le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Mme B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

3. La décision attaquée vise l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ainsi que le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment l'article L. 435-1 ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le préfet a rappelé les conditions d'entrée et de séjour en France de la requérante ainsi que sa situation administrative, personnelle et familiale, entre autres sa nationalité et précise les motifs pour lesquels il a refusé de l'admettre exceptionnellement au séjour. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée manque en fait et doit, en conséquence, être écarté.

4. En deuxième lieu, il ne ressort pas de la fiche de salle produite par le préfet en défense que la requérante aurait sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le préfet n'a pas examiné d'office si Mme B pouvait prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur ce fondement. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 est inopérant et doit, par suite, être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'Etat. ".

6. Portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaire prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'institue pas une catégorie de titres de séjour distincte mais est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée.

7. Mme B se prévaut de sa résidence habituelle sur le territoire français depuis plus de sept ans et de la naissance en France de sa fille le 22 janvier 2021. Toutefois, il ressort également des pièces du dossier que la requérante est en concubinage avec un ressortissant algérien en situation irrégulière et qu'elle a vécu jusqu'à ses 20 ans dans son pays d'origine où elle n'établit pas y être dépourvue d'attaches. Par ailleurs, Mme B ne se prévaut d'aucun lien intense et stable autre que familial qu'elle aurait tissé sur le territoire français. Dans ces conditions, en refusant de l'admettre exceptionnellement au séjour au titre de sa vie privée et familiale, le préfet n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

8. En quatrième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 110-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le présent code régit, sous réserve du droit de l'Union européenne et des conventions internationales, l'entrée, le séjour et l'éloignement des étrangers en France ainsi que l'exercice du droit d'asile. ". Aux termes du 1er alinéa de l'article 3 de l'accord franco-marocain : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum () reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an et portant la mention salarié. ". Le premier alinéa de l'article 9 du même accord stipule que : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux États sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord. ". Enfin, aux termes des dispositions de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. ".

9. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-marocain prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, traitant ainsi de ce point au sens de l'article 9 de cet accord, il fait obstacle à l'application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers lors de l'examen d'une demande d'admission au séjour présentée par un ressortissant marocain au titre d'une telle activité. Cet examen ne peut être conduit qu'au regard des stipulations de l'accord, sans préjudice de la mise en œuvre par le préfet du pouvoir discrétionnaire dont il dispose pour apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité de délivrer à titre de régularisation un titre de séjour à un étranger ne remplissant pas les conditions auxquelles cette délivrance est normalement subordonnée, pouvoir dont les stipulations de l'accord ne lui interdisent pas de faire usage à l'égard d'un ressortissant marocain.

10. En faisant valoir qu'elle travaille à temps plein, depuis le mois de mars 2020, en qualité de distributrice de prospectus, la requérante ne conteste pas utilement le motif qui lui a été opposé par le préfet pour refuser de l'admettre exceptionnellement au séjour en qualité de salariée, tiré de la menace pour l'ordre public que son comportement représente. Par suite, le moyen doit être écarté.

11. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme B est défavorablement connue des services de police pour des faits de vol aggravé avec violence commis le 23 août 2021 et pour des faits de vol simple commis le 15 décembre 2022. La requérante ne conteste pas la matérialité des faits qui lui sont reprochés dès lors qu'elle reconnaît dans sa requête qu'il s'agit " d'erreurs de parcours " et fait également valoir qu'elle s'est acquittée du paiement des amendes qui lui incombaient. Ces faits, qui présentent un caractère récent et réitéré, suffisent à considérer, contrairement à ce que Mme B soutient, que son comportement représente une menace pour l'ordre public.

12. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance / 2° - Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Et, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".

13. Pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point 7 du présent jugement, la décision attaquée ne méconnaît ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, alors, au demeurant, que la décision portant refus de séjour n'a ni pour objet ni pour effet de séparer Mme B de sa fille mineure. Par ailleurs, cette décision n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle est susceptible d'avoir sur la situation personnelle et familiale de Mme B. Par suite, ces moyens doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

14. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français vise l'article L. 611-1 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et dès lors qu'elle est consécutive à une décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour, elle n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte de cette décision, laquelle ainsi qu'il a été dit ci-dessus est suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision ne peut qu'être écarté.

15. En deuxième lieu, Mme B n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour, elle n'est pas fondée à exciper de son illégalité à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, ce moyen doit être écarté.

16. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux évoqués aux points 7 et 11 du présent jugement, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle est susceptible d'avoir sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

17. Aux termes des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français.

Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

18. Si la décision portant interdiction de retour sur le territoire français vise les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que la requérante ne fait pas état de fortes attaches sur le territoire dès lors, notamment, que son concubin se trouve également en situation irrégulière sur le territoire français, celle-ci ne mentionne ni la durée de présence en France de Mme B ni la circonstance qu'elle a ou non déjà fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement à laquelle elle se serait soustraite. Dans ces conditions, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen soulevé à l'encontre de cette décision, Mme B est fondée à soutenir que celle-ci est insuffisamment motivée et à en demander, pour ce motif, l'annulation.

19. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B est seulement fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 19 mars 2024 en tant qu'il porte interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

20. Le présent jugement, qui annule seulement la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite les conclusions à fin d'injonction sous astreinte présentées par la requérante ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais du litige :

21. L'Etat n'étant pas, pour l'essentiel, la partie perdante dans le cadre du présent litige, il n'y a pas lieu de mettre à sa charge la somme que demande Mme B au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté attaqué du 19 mars 2024 du préfet des Hauts-de-Seine est annulé en tant seulement qu'il interdit à Mme B le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet des Hauts-de-Seine.

Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Le Griel, présidente,

M. Jacquelin, premier conseiller,

Mme Fabas, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.

La rapporteure,

signé

L. Fabas

La présidente,

signé

H. Le GrielLa greffière,

signé

H. Mofid

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour ampliation, la greffière.

N°2405203