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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2405683

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2405683

mardi 26 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2405683
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème Chambre
Avocat requérantTRICAUD AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise annule la décision implicite du préfet des Hauts-de-Seine refusant de délivrer un titre de séjour à M. B, ressortissant marocain entré en France à 12 ans et y ayant suivi toute sa scolarité. La solution retenue est fondée sur la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, le préfet ayant porté une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale. Le tribunal enjoint au préfet de délivrer une carte de séjour temporaire mention "vie privée et familiale" dans un délai de deux mois, sans astreinte, et condamne l'État à verser 1 000 euros au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 avril 2024, M. C B, représenté par Me Harabi, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision implicite par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la date de notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice.

Il soutient que :

- la décision a été signée par une autorité incompétente ;

- la décision est entachée d'un défaut de motivation, le préfet des Hauts-de-Seine n'ayant pas répondu à sa demande de communication des motifs ;

- elle méconnait l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Jacquinot,

- et les observations de Me Saint Fort Ichon, se substituant à Me Harabi, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, de nationalité marocaine, né le 3 avril 2003, fait valoir être entré sur le territoire français le 24 mai 2015 de manière régulière. Il a été mis en possession d'un document de circulation pour étranger mineur à partir du 9 mai 2016 par le préfet des Hauts-de-Seine. Le 30 mars 2021, il a déposé une demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et a été mis en possession de récépissés de demande de titre de séjour successifs. M. B demande au tribunal l'annulation de la décision implicite de refus de titre de séjour du préfet des Hauts-de-Seine née du silence gardé plus de quatre mois sur sa demande.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

3. M. B, ressortissant marocain né le 3 avril 2003, est entré régulièrement en France le 24 mai 2015 de manière régulière. Il a suivi l'entièreté de sa scolarité en France, tel qu'il ressort des certificats de scolarité versés au dossier, résidant auprès de ses tantes paternelles. Compte tenu de sa durée de présence sur le territoire français depuis ses 12 ans, auprès de deux membres de sa famille, et de la scolarité qu'il y a suivi, il doit être regardé comme y ayant établi le centre de ses intérêts privés et familiaux, quand bien même l'intéressé ne démontrerait pas être dépourvu de famille au sein de son pays d'origine. Ainsi, dans les conditions particulières de l'espèce, l'autorité préfectorale a porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels la décision lui refusant un titre de séjour a été prise, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour doit être annulée.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

5. Eu égard au motif d'annulation énoncé ci-dessus, le présent jugement implique nécessairement la délivrance à M. B d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ". Par suite, il y a uniquement lieu d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, ou au préfet territorialement compétent, de procéder à cette délivrance dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu, dans l'immédiat, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais du litige :

6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La décision implicite du préfet des Hauts-de-Seine refusant de faire droit à la demande de titre de séjour de M. B est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine, ou au préfet territorialement compétent, de délivrer à M. B un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'État versera à M. B la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, et au préfet des Hauts-de-Seine.

Délibéré après l'audience du 1er juillet 2025, à laquelle siégeaient :

M. Bertoncini, président,

Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère,

M. Jacquinot, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 août 2025.

Le rapporteur,

Signé

M. Jacquinot

Le président,

Signé

T. Bertoncini La greffière,

Signé

M. A

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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