Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2405719

vendredi 27 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2405719
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a été saisi par Mme B d’un recours pour excès de pouvoir contre le refus du préfet du Val-d'Oise d’enregistrer sa demande de titre de séjour. En cours d’instance, le préfet a délivré à l’intéressée un certificat de résidence algérien valable dix ans, rendant sans objet les conclusions en annulation et injonction. Le tribunal a donc constaté un non-lieu à statuer sur ces demandes. Il a toutefois condamné l’État à verser 800 euros à Mme B au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, en raison des circonstances de l’espèce.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 21 avril 2024, 9 juillet 2024 et 6 août 2024, Mme A B, représentée par Me Amellou, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision notifiée le 3 avril 2024 par laquelle le préfet du Val-d'Oise a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de la convoquer à un rendez-vous afin de déposer sa demande de renouvellement de certificat de résidence algérien, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, et de lui délivrer un récépissé, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense du 24 juillet 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction, en faisant valoir qu'il a fait droit à la demande de carte de résident algérien de la requérante.

Par un mémoire, enregistré le 6 août 2024, Mme B déclare maintenir ses conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; / () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".

2. En premier lieu, il est constant que, postérieurement à l'introduction de sa requête, Mme B s'est vu délivrer un certificat de résidence algérien valable du 23 mai 2024 au 22 mai 2034 et, dans l'attente de la fabrication du titre, a été mises en possession d'un récépissé l'autorisant à séjourner en France. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par Mme B sont devenues sans objet, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'y statuer.

3. En second lieu, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par Mme B.

Article 2 : L'Etat versera la somme de 800 euros à Mme B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête, présenté sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au préfet du Val-d'Oise.

Fait à Cergy-Pontoise, le 27 septembre 2024.

Le président de la 2ème chambre,

signé

C. HUON

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.