Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2405733

vendredi 5 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2405733
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A, ressortissant sri-lankais, qui demandait d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une convocation pour renouveler son titre de séjour. Le juge a estimé que la demande se heurtait à une contestation sérieuse, car l'administration avait opposé un refus d'enregistrement de la demande de titre de séjour pour dossier incomplet, ce qui faisait obstacle au prononcé de mesures utiles. La condition d'urgence n'a pas été examinée, le refus d'enregistrement constituant une décision administrative faisant obstacle à la mesure sollicitée. Les conclusions accessoires, notamment au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ont également été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 avril 2024, M. B A demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une convocation en vue d'obtenir un récépissé avec autorisation de travail, dans le délai de 15 jours courant à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte que le tribunal jugera nécessaire ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme que le tribunal jugera utile au au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa demande est urgente dès lors que le refus de l'administration de traiter sa demande de régularisation ne lui permet pas de trouver un emploi ;

- la mesure demandée est utile compte tenu des importants dysfonctionnements induits par la procédure de dématérialisation de la procédure de prise de rendez-vous ;

- la mesure ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Chabrol, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant sri-lankais né le 10 janvier 1986, est titulaire d'une carte de résident qui a expiré le 5 février 2024. Par la présente requête, il demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer une date de convocation en vue du dépôt de sa demande de renouvellement titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ". Aux termes de l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Et, en vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut rejeter une requête par une ordonnance motivée, sans instruction contradictoire ni audience publique, lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. D'une part, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, citées ci-dessus, d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. D'autre part, lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code justice administrative, aux fins d'enjoindre de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. L'urgence doit s'apprécier objectivement. Enfin, la condition d'urgence s'apprécie à la date de la présente ordonnance.

5. Il résulte de l'instruction qu'avant l'expiration de son titre de séjour, M. A a adressé à la préfecture des Hauts-de-Seine plusieurs demandes de renouvellement qui ont été classées sans suite, le dossier étant incomplet.

6. Lorsque le dossier de demande de titre de séjour est incomplet, le préfet peut, après avoir éventuellement invité le demandeur à le compléter, refuser de l'enregistrer. Ce refus ne peut être justifié que par l'incomplétude du dossier.

7. Il résulte de ce qui précède que M. A s'est vu opposer une décision de refus d'enregistrement de sa demande, laquelle fait obstacle, en application de ce qui a été développé aux points 2 et 3, au prononcé de mesures utiles sur le fondement de l'article L. 521-3 précité du code de justice administrative. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'urgence ou sur le caractère utile des mesures demandées, il convient de rejeter les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative précité. Par voie de conséquence, il convient également de rejeter les conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Cergy, le 5 juillet 2024

Le juge des référés,

Signé

C. Chabrol

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2405733