lundi 17 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2405825 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | SELARL SAMSON & WEIL |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée les 19 avril 2024 sous le numéro 2405825, M. C B, représenté par Me Samson, demande au tribunal d'annuler les décisions de retrait de points prises par le ministre de l'intérieur au titre des infractions commises les 3 novembre 2021, 19 novembre 2021 à 0h57 et 1h48 et 21 novembre 2021.
Il soutient qu'il n'a pas reçu communication des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route à l'occasion des retraits de points.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 octobre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer à hauteur des points restitués et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
II. Par une requête enregistrée sous le numéro 2410581 et des mémoires complémentaires enregistrés les 4 juillet 2024, 30 juillet 2024 et 24 octobre 2024, M. C B, représenté par Me Samson, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions de retrait de points prises par le ministre de l'intérieur au titre des infractions commises les 26 novembre 2021, 29 novembre 2021, 5 décembre 2021,17 décembre 2021 à 1h51 et 6h28 et 3 mai 2022 ;
2°) d'annuler la décision référencée 48SI du 11 juillet 2024.
Il soutient qu'il n'a pas reçu communication des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route à l'occasion des retraits de points ;
Par un mémoire en défense enregistré le 23 octobre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer à hauteur des points restitués et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La rapporteuse publique a été dispensée, sur sa proposition, par le président de la 4ème chambre de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
1. Les affaires enregistrés sous les numéros 2405825 et 2410581 présentent les mêmes questions à juger et sont présentées par le même requérant. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur l'étendue du litige :
2. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de la requête, les mentions relatives à l'infraction commise le 3 mai 2022 ont été supprimées du dossier du requérant et que celle-ci ne donne donc plus lieu à retrait de points et que le point retiré consécutivement à l'infraction relevée le 17 décembre 2021 à 1h51 a été restitué au requérant.
3. A la suite de ces rectifications, le permis de conduire du requérant a recouvré sa validité et est crédité de 8 points et la décision référencée 48SI du 11 juillet 2024 a été retirée. Par suite, les conclusions dirigées contre ces décisions sont sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
4. Il résulte du relevé d'information intégral qu'antérieurement à l'introduction de la requête et en application des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route, les points retirés consécutivement aux infractions des 5 décembre 2021 et 17 décembre 2021 à 6h28 ont été crédités, à l'expiration du délai de six mois visé par ces dispositions. Par suite, les conclusions de la requête dirigées contre les décisions de retrait de points consécutives à ces infractions sont dépourvues d'objet et sont irrecevables.
Sur le moyen tiré du défaut de notification des décisions de retrait de points :
5. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " () Quand il est effectif, le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple ou, sur sa demande, par voie électronique () ". Les conditions de la notification au conducteur des décisions de retrait de points ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et, partant, la légalité de ces retraits. Cette procédure a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont il dispose pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. Par suite, le moyen tiré de l'absence de notification des décisions successives de retrait de points est inopérant et doit, dès lors, être écarté.
Sur l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route :
6. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. / () / Quand il est effectif, le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple ou, sur sa demande, par voie électronique. () ". Selon l'article R. 223-3 du même code: " I.- Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. / II.- Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. () / III.- Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l'auteur de cette infraction. / Si le retrait de points lié à cette infraction n'aboutit pas à un nombre nul de points affectés au permis de conduire de l'auteur de l'infraction, celui-ci est informé par le ministre de l'intérieur par lettre simple du nombre de points retirés. () ".
7. Il résulte de ces dispositions que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie, que si l'auteur de l'infraction s'est vu, préalablement, délivrer un document contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, lesquelles constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tout moyen, qu'elle a satisfait à cette obligation d'information.
En ce qui concerne les décisions de retrait de points correspondant aux infractions des 3 novembre 2021, 26 novembre 2021 et 29 novembre 2021 :
8. En ce qui concerne les infractions relevées les 3 novembre 2021, 26 novembre 2021 et 29 novembre 2021 par radar automatique, le ministre de l'intérieur produit les avis d'amende forfaitaire majorée et justifie que les plis les contenant ont été présentés au domicile du requérant, qui en a été régulièrement avisé. Le requérant a dès lors nécessairement reçu à l'adresse de son domicile un avis d'amende forfaitaire majorée relative à ces infractions, établi sur les modèles du centre d'enregistrement et de révision des formulaire administratifs (CERFA) comportant les mentions exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite, le moyen tiré de ce que ces retraits de points n'auraient pas été précédé de l'information requise par les dispositions du code de la route doit être écarté pour ces infractions.
En ce qui concerne les infractions des 19 novembre 2021 à 0h57, 19 novembre 2021 à 1h48 et 21 novembre 2021 :
9. Il résulte du relevé d'information intégral que les infractions relevées par radar automatique les 19 novembre 2021 à 0h57, 19 novembre 2021 à 1h48 et 21 novembre 2021 ont donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire pour le recouvrement d'une amende forfaitaire majorée. Le ministre de l'intérieur ne produit en défense aucune copie d'un document attestant du paiement spontané de cette amende ou copie de l'avis de contravention adressé à l'intéressé, de nature à établir que la personne requérante aurait nécessairement reçu l'information prévue par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route. Ce vice de procédure est de nature à entacher d'illégalité la décision contestée dès lors qu'en l'espèce, il a privé l'intéressé de la garantie d'information prévue par cet article, notamment en ce qui concerne la qualification de l'infraction constatée, information déterminante pour connaître le nombre de points en jeu. Il suit de là que les décisions de retrait de point correspondant aux infractions des 19 novembre 2021 à 0h57, 19 novembre 2021 à 1h48 et 21 novembre 2021 doivent être regardées comme étant intervenues au terme d'une procédure irrégulière et doivent être annulées.
10. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant est fondé à demander l'annulation des deux décisions de retrait de points du permis de conduire correspondant aux infractions commises les 19 novembre 2021 à 0h57, 19 novembre 2021 à 1h48 et 21 novembre 2021.
D E C I D E:
Article 1er : Les requêtes enregistrées sous les numéros 2405825 et 2410581 présentées par M. B sont jointes.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision 48 SI du 11 juillet 2024 et les décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 3 mai 2022 et le 17 décembre 2021 à 1h51.
Article 3 : Les décisions de retrait de points correspondant aux infractions commises par M. B les 19 novembre 2021 à 0h57, 19 novembre 2021 à 1h48 et 21 novembre 2021 sont annulées.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 février 2025.
Le magistrat désigné,
signé
G. A
La greffière,
signé
S. Nimax
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
2 et 2410581
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026