Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2406020

mardi 30 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2406020
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme A, qui contestait un prétendu refus de regroupement familial pour sa fille. Le tribunal a jugé que le courrier du 27 février 2024 de l'OFII, classant le dossier sans suite pour incomplétude, ne constituait pas une décision de refus du préfet, lequel ne peut statuer qu'après dépôt d'un dossier complet. En l'absence de décision administrative attaquable, la requête a été rejetée sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les articles R. 434-7 et R. 434-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été appliqués.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 avril 2024, Mme C A épouse B, représentée par Me Pierrot, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 27 février 2024 par laquelle, selon elle, le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de regroupement familial au bénéfice de sa fille ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise d'accorder le bénéfice du regroupement familial au profit de sa fille, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C A a présenté une demande de regroupement familial au bénéfice de sa fille le 8 février 2023. Par un courrier du 27 février 2024, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a classé sans suite son dossier pour incomplétude et l'a invitée à dresser un nouveau dossier complet par voie postale. Par la présente requête, l'intéressée demande au tribunal d'annuler cette décision par laquelle, selon elle, le préfet du Val-d'Oise aurait rejeté sa demande.

2. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ; / () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article R. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatif à la procédure de regroupement familial : " L'étranger fait sa demande auprès des services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le préfet territorialement compétent ou, à Paris, le préfet de police en est immédiatement informé () ". Aux termes de l'article R. 434-12 de ce code : " Au vu du dossier complet de demande de regroupement familial, les services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration délivrent sans délai une attestation de dépôt de dossier qui fait courir le délai de six mois dont bénéficie l'autorité administrative pour statuer. ".

4. Il ressort des pièces du dossier que, par le courrier contesté du 27 février 2024, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration s'est borné à classer pour incomplétude et l'a invitée à dresser un nouveau dossier complet par voie postale. Ce courrier ne recèle aucun refus, explicite ou implicite, de regroupement familial de la part du préfet qui, en application des dispositions précitées, dispose d'un délai de six mois pour statuer une demande, lequel délai ne commençant à courir qu'à compter de la délivrance de l'attestation matérialisant le dépôt d'un dossier complet. Par suite, la requête de Mme A, qui est dirigée contre une décision de refus inexistante est manifestement irrecevable. Il y a donc lieu, pour ce motif, de la rejeter en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A ép. B.

Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 30 juillet 2024.

Le président de la 2ème chambre,

signé

C. HUON

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.