mercredi 19 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2406151 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BENANE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n°2405209 du 25 avril 2024, enregistrée le 29 avril 2024, le vice-président du tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête, enregistrée le 17 avril 2024, présentée par M. A.
Par cette requête et des mémoires complémentaires enregistrés le 17 mai et le 12 juin 2024, M. A, représenté par Me Benane, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 avril 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, dans le délai de quarante-huit heures courant à compter de la notification de la décision en litige ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :
- l'arrêté en litige a été signé par une autorité incompétente ;
- il méconnaît l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'erreur de fait ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la menace à l'ordre public que constituerait son comportement n'est pas établie ;
- la délivrance d'un récépissé le 16 mai 2024 a eu pour effet d'abroger cette décision ;
En ce qui concerne la décision lui refusant un délai de départ volontaire :
- cette décision procède d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-2 et 3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire pendant une d'un an :
- la motivation de cette décision repose sur une erreur de fait ;
- elle est disproportionnée ;
- elle est illégale dès lors que le préfet n'a pas pris en compte sa situation régulière lors de son entrée en France ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- il remplit toutes les conditions pour séjourner en France.
En ce qui concerne le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen :
- le préfet doit préciser l'existence d'un tel signalement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juin 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Charlery, conformément à l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article
L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Charlery, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique du 13 juin 2024, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 6 mai 2000, est entré en France le 26 février 2024 muni d'un visa valable du 25 février 2024 au 25 mai 2024. Suite à une interpellation le 15 avril 2024 dans le cadre d'une enquête de flagrance pour les faits de vol avec violences en réunion, M. A s'est trouvé dans l'incapacité de présenter un passeport et un titre de séjour en cours de validité. Par un arrêté pris le même jour, dont l'intéressé sollicite l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a obligé M. A à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire pendant une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré régulièrement en France le 26 février 2024 muni d'un visa valable du 25 février 2024 au 25 mai 2024 et d'un passeport en cours de validité. L'intéressé justifie également avoir présenté une demande d'autorisation de travail le 20 décembre 2023 pour l'exercice de la profession de chef de service logistique sous contrat de travail à durée indéterminée à temps complet signé le 23 janvier 2024, au sein des effectifs de la SAS PROF WEX, qui a reçu un avis favorable de l'administration compétente. Il produit, enfin, le récépissé valant autorisation provisoire de séjour dans l'attente de la décision statuant sur sa demande de titre de séjour délivré par la sous-préfecture de Sarcelles le 16 mai 2024, postérieurement à l'arrêté en litige, valable jusqu'au 13 novembre 2024 et l'autorisant à travailler. La décision de délivrance de ce document a eu pour effet d'abroger implicitement mais nécessairement l'arrêté litigieux du 15 avril 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et lui faisant interdiction de retour pendant une durée d'un an.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation, et par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction présentées par l'intéressé, dirigées contre cette mesure d'éloignement sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les frais de procédure :
4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'État la somme que M. A demande sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et à fin d'injonction de la requête de M. A.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juin 2024.
La magistrate désignée,
Signé
C. Charlery La greffière,
Signé
Z. Bouayyadi
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026