Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2406310
jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2406310 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 avril 2024 et le 16 octobre 2024, ainsi que des pièces enregistrées le 6 octobre 2024, Mme C A B, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 janvier 2024 par laquelle la commission de médiation du département du Val-d'Oise a rejeté le recours amiable de Mme A B tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement;
2°) d'enjoindre à la commission de médiation de prendre une nouvelle décision dans le délai d'un mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de condamner l'État à lui verser la somme de 1 500 euros en réparation des préjudices nés de l'illégalité de sa décision ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Le 27 septembre 2024, le préfet du Val-d'Oise a produit la décision du 3 mai 2024 par laquelle la commission de médiation a retiré la décision du 26 janvier 2024 et a reconnu le caractère prioritaire et urgent de la demande de logement social de la requérante.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal administratif a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour signer les ordonnances visées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance () 3° constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Par une décision du 3 mai 2024, intervenue en cours d'instance, la commission de médiation du département du Val-d'Oise a fait droit au recours gracieux de la requérante, retirant la décision attaquée du 26 janvier 2024 et reconnaissant le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social de Mme A B. Dans ces conditions, ses conclusions d'annulation sont devenues sans objet, de même que les conclusions présentées à fin d'injonction. Il n'y a par suite plus lieu d'y statuer sur le fondement du 3° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation () ". Aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ()". Enfin, aux termes de l'article R. 612-1 de ce même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser ".
4. Par courrier du 2 octobre 2024, le greffe du tribunal a invité Mme A B à régulariser sa requête en produisant dans le délai de quinze jours la décision par laquelle ses prétentions indemnitaires ont été rejetées par le préfet ou, à défaut, la preuve du dépôt d'une demande préalable indemnitaire auprès du préfet du Val-d'Oise en vue d'obtenir réparation du préjudice qu'elle invoque dans la présente instance. La requérante n'a donc pas, à l'expiration du délai qui lui était imparti, régularisé sa requête sur ce point. Dès lors, la requête de Mme A B, qui ne satisfait pas aux exigences posées par les articles R. 412-1 et R. 421-1 précités du code de justice administrative, doit être rejetée comme manifestement irrecevable en application du 4° de l'article R. 222-1 du même code en toutes ses conclusions.
Sur les frais liés au litige :
5. Mme A B, qui n'a pas eu recours au service d'un avocat, n'établit aucunement avoir exposé des frais pour la présente instance. Par suite, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées en application des dispositions du 5° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal ordonne :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions d'annulation et d'injonction de la requête de Mme A B.
Article 2 : Le surplus de la requête de Mme A B a est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A B et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.
Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Cergy, le 31 octobre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
M. Monteagle
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2406310